taraskuzio.com

Qui est Lee Ufan ? Sa vie et son œuvre en 2 minutes

Lee Ufan (né en 1936) en bref

Peintre, sculpteur, philosophe et poète coréen, Lee Ufan est le principal théoricien du Mono-ha, premier mouvement d’art contemporain japonais de rayonnement international. De ses sculptures de pierre et d’acier à ses toiles réduites à quelques traces, son œuvre fait de la rencontre entre matériaux, espaces et regards une expérience à part entière.

Lee Ufan, los de son exposition à la Gary Tatintsian Gallery

voir toutes les images

Lee Ufan, los de son exposition à la Gary Tatintsian Gallery, 2014

i

CC4 Andrew Tupalev / Wikipedia

Il a dit :

« Ce que je peins et que je ne peins pas, ce que je fabrique et ce que je ne fabrique pas interagissent et forment l’expression. Cela signifie que l’œuvre naît du contact avec autrui et/ou l’extérieur et non pas du moi qui suis tout-puissant. »

La vie de Lee Ufan en quelques dates

De la Corée au Japon

Né le 24 juin 1936 à Haman, dans le sud d’une Corée alors sous domination japonaise, il grandit dans une maison confucéenne où il s’initie très jeune à la poésie, à la calligraphie et à la peinture à l’encre. En 1956, à peine inscrit au collège des beaux-arts de l’Université nationale de Séoul, il va au Japon pour rendre visite à un oncle malade et n’en repart plus. Après avoir appris le japonais, il étudie la philosophie à l’Université Nihon de Tokyo, marqué par la phénoménologie et par le penseur japonais Nishida Kitarō.

Le théoricien du Mono-ha

À la fin des années 1960, il s’impose dans le Tokyo de l’avant-garde. Sa rencontre, en 1968, avec l’artiste Nobuo Sekine le décide à prendre la plume : il devient le porte-parole du Mono-ha (« école des choses »), qu’il théorise dans une série d’essais parus à partir de 1969. Contre l’idée occidentale de représentation, le mouvement dispose des matériaux bruts (pierre, acier et verre), presque sans les transformer, pour faire éprouver les relations entre l’objet, le lieu et celui qui regarde. En 1972, il réunit toutes ses sculptures sous un même titre : Relatum.

Du point à la ligne

Nommé professeur à l’Université des beaux-arts Tama en 1973, il revient alors à la peinture. Il lance les séries « From Point » et « From Line », poursuivies jusqu’au milieu des années 1980. Chargeant son pinceau d’un pigment minéral mêlé de colle, il répète un même geste jusqu’à épuisement de la matière, faisant de l’acte de peindre le sujet même du tableau. Ces toiles dépouillées le placent au cœur du Dansaekhwa, la peinture monochrome coréenne.

La consécration des musées

Après une rétrospective au Guggenheim de New York en 2011, il investit les jardins du château de Versailles en 2014, puis le Centre Pompidou-Metz en 2019. Fait rare pour un artiste vivant, trois lieux lui sont entièrement dédiés, tous conçus avec l’architecte japonais Tadao Andō : le Lee Ufan Museum de Naoshima (2010) au Japon, l’espace qui porte son nom au musée d’art de Busan (2015) et Lee Ufan Arles (2022), aménagé dans un hôtel particulier des XVIe-XVIIIe siècles.

Un lien durable avec la France

Attaché de longue date à la France, il fait don en 2002 d’un ensemble de peintures et de paravents coréens au musée national des Arts asiatiques Guimet. À 90 ans, il continue d’exposer et de creuser le même sillon : révéler, par le dépouillement, la tension silencieuse qui relie la matière, le vide et le spectateur. À l’été 2026, il investit le palais des Papes à Avignon où il invite « à l’ère de l’IA, [à] reconquérir le temps, le processus, l’expérience ».

Ses œuvres clés

From Line, 1974

Lee Ufan, From Line

voir toutes les images

Lee Ufan, From Line, 1974

i

Huile sur toile • 181,6 × 227 cm • Coll. MoMA, New York • Photo Scala, Florence / © Adagp, Paris, 2026

En bleu de cobalt sur toile écrue, de longues lignes descendantes, tracées d’un seul geste, pâlissent à mesure que le pinceau se vide. La répétition n’est jamais tout à fait identique : chaque trait enregistre le souffle et la durée. La toile devient le relevé d’un temps qui s’écoule, entre plein et vide.

From Point, 1975

Lee Ufan, From Point

voir toutes les images

Lee Ufan, From Point, 1975

i

Colle et pigment minéral sur toile • 162., x 130,3 cm • Coll. Dia Art Foundation • © Adagp, Paris, 2026

En rouge vermillon, le point remplace la ligne. L’artiste recharge son pinceau, puis dépose des taches de plus en plus ténues jusqu’à l’effacement. Née du même protocole que « From Line », la série en inverse le rythme : là où la ligne file, le point scande.

Relatum-dialogue, 2002–2010

Lee Ufan, Relatum—dialogue

voir toutes les images

Lee Ufan, Relatum—dialogue, 2002–2010

i

Acier et pierre • 3 × 120 × 100 cm / h 50 cm • Coll. Guggenheim Museum, New York • © The Solomon R. Guggenheim Foundation / Art Resource, NY, Dist. GrandPalaisRmn / The Solomon R. Guggenheim Foundation / © Adagp, Paris, 2026

Deux tôles d’acier superposées, l’une glissée de biais sur l’autre, voisinent avec deux blocs de pierre à peine dégrossis. Le métal, produit de l’industrie, et la roche, tirée de la nature, se répondent sans hiérarchie, ménageant un espace où le regard, l’objet et le lieu entrent en résonance.

Arrow

Relatum : Lee Ufan

Du 3 juillet 2026 au 15 novembre 2026

palais-des-papes.com

Palais des Papes • Place du Palais • 84000 Avignon
palais-des-papes.com