« Le voyage d’une vie » : deux cyclistes Varois racontent leurs 1.200 km parcourus à vélo au Pérou
Du 19 au 29 août, Pascal De Cuyper et Jean-Jacques Raffi ont parcouru 1 200 kilomètres à vélo lors de l’IncaDivide. Entre altitude, gravel, fatigue et rencontres, les deux membres du Vélo club Nans-les-Pins racontent une aventure qui dépasse largement le défi sportif.
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Elena Mas
Créé le 29 septembre 2026 • 13:00
Mis à jour le 29 septembre 2026 • 13:00
BikingMan
Des kilomètres de pistes, des cols à plus de 4 000 mètres d’altitude, des nuits raccourcies et une bonne dose d’imprévus. Du 19 au 29 août, Pascal De Cuyper, 62 ans, et Jean-Jacques Raffi, 67 ans, membres du Vélo Club Nans-les-Pins, ont vécu l’IncaDivide, une épreuve de 1 200 kilomètres à travers le Pérou. Dix jours au cœur des Andes, entre préparation minutieuse, fatigue, paysages grandioses et rencontres inattendues. Une aventure qu’ils avaient imaginée difficile, mais dont ils sont revenus avec une certitude : ils n’étaient pas venus uniquement pour rouler.
Au départ, chacun sait pourtant pourquoi il est là. Pascal De Cuyper veut simplement aller au bout. « Mon objectif, c’était de finir. Peu importe la place. » Pendant des mois, il prépare son corps à ce qui l’attend, avec 12 à 15 heures de vélo par semaine, du renforcement, des courses préparatoires et plusieurs séjours en altitude. Jean-Jacques Raffi, lui, a longtemps hésité avant de s’inscrire. L’altitude, la distance et l’inconnu lui font d’abord dire que l’épreuve est trop difficile. Puis, en janvier, il change d’avis. « Je me suis dit : c’est maintenant ou ça ne sera peut-être pas dans deux ans, trois ans ou quatre ans. »
Un défi préparé pendant des mois
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Une fois lancés, les deux Nansais découvrent rapidement que le Pérou leur réserve quelques surprises. Le gravel, notamment, occupe une place bien plus importante que prévu. « On s’est retrouvé avec 90 % de gravel », raconte Pascal. À cela s’ajoutent les passages à plus de 4 000 mètres d’altitude, où chaque effort doit être mesuré. Le sommeil se réduit, les kilomètres s’accumulent et certaines nuits sont prolongées simplement parce qu’il n’y a pas d’endroit où s’arrêter.
Mais au milieu de cette difficulté, quelque chose d’autre prend progressivement le dessus. Les paysages, d’abord. « La nature péruvienne a été fabuleuse de beauté, fabuleuse d’immensité », raconte Jean-Jacques. Puis les villages, les habitants et ces petits moments qui n’étaient pas inscrits dans le parcours. Pour Pascal, l’expérience dépasse rapidement ce qu’il avait imaginé : « C’était complètement au-dessus de mes attentes. L’émotion qu’on a sur ce pays, il faut y être pour le vivre. »
« On a encore une partie de nous là-bas »
C’est aussi cela que les deux hommes retiennent de ces 1 200 kilomètres. Pas seulement les cols franchis ou les heures passées sur le vélo, mais les liens créés en chemin. « C’est l’intensité physique, l’intensité mentale et l’intensité relationnelle qui créent ces expériences de beauté qui sont uniques », estime Jean-Jacques. Une aventure qui, pour lui, porte également une forme de transmission : montrer que « des gens normaux, avec beaucoup d’entraînement et de régularité, sont capables de faire des choses qui ne paraissent pas normales ».
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Après un peu plus de six jours sur les routes, les deux Nansais atteignent finalement l’arrivée. Sur la cinquantaine de participants qui abandonnent au cours de l’épreuve, eux vont jusqu’au bout. Pascal De Cuyper termine à la 25e place et Jean-Jacques Raffi à la 37e. Des résultats qui comptent finalement moins que le fait d’avoir franchi cette ligne après 1 200 kilomètres.
Et l’histoire ne s’arrête pas vraiment. Le retour est même difficile pour Pascal, qui parle d’un véritable contrecoup physique et moral. Les photos font remonter les souvenirs, les proches posent des questions, et le Pérou continue de s’inviter dans les conversations. « Il n’y a pas une journée où vous ne parlez pas de ça », raconte-t-il.
Quelques semaines plus tard, les kilomètres sont derrière eux, mais pas le voyage. « On a encore une partie de nous là-bas », confie Pascal. Pour les deux membres du Vélo Club Nans-les-Pins, l’IncaDivide restera donc moins comme une ligne d’arrivée que comme une parenthèse hors du quotidien. Celle qu’ils décrivent tous deux comme « le voyage d’une vie ».
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