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Le véritable salaire des Red Lions et des Red Panthers : "Nous sommes au maximum de nos possibilités"

"Par rapport à tout ce qu'ils font, ils ne sont pas bien payés. Par rapport à ce que la Fédération peut se permettre, nous sommes au maximum de nos possibilités." Le CEO Serge Pilet résume en deux phrases le dossier des salaires des Red Lions et des Red Panthers.

Le stick belge a la cote depuis la qualification des messieurs pour les Jeux olympiques de Pékin en 2007. Chaque année, les chiffres relatifs aux affiliés, aux terrains et aux clubs grimpent de manière vertigineuse. Ne sommes-nous pas passés de 12 000 affiliés en 1997 à plus de 60 000 aujourd'hui ? Les recettes ont suivi la même courbe, mais les dépenses aussi.

Les Red Lions ont remporté les plus belles médailles à Bhubaneswar, à Anvers et à Tokyo. Les Red Panthers suivent le même chemin avec un décalage de 10 ans. Ces nouveaux statuts entraînent un autre train de vie sur un plan financier. Quel est le véritable salaire des Lions et Panthers ?

Le salaire minimum ? 1 100 euros bruts par mois

Il existe six barèmes qui ne dépendent que d'un seul critère : le nombre de sélections. Entre 0-50, les membres des équipes nationales touchent 1 100 euros bruts par mois. Toutes les 50 caps, ils montent pour attendre le plafond (max 250 caps) et percevoir 2 300 euros bruts. "Pour comprendre ces montants, il faut savoir qu'ils signent un contrat mi-temps qui représente 19 heures par semaine", précise Serge Pilet qui ne propose jamais un contrat dont la durée excède un an. "Ils touchent leur salaire les 12 mois de l'année avec en plus un double pécule de vacances", ajoute Gérald Duby, l'Operations Manager des équipes nationales.

La masse salariale totale des Red Lions et Panthers s'élève à 850 000 euros par an, toutes charges comprises. Leur salaire mensuel varie de 1 100 à 2 300 bruts.

Pour la fédération belge, cela représente une masse salariale totale de 850 000 euros par an, toutes charges comprises.

Il y a quelques années, les Red Lions ainsi que les Red Panthers ont négocié avec le board de l'ARBH afin de rendre les contrats plus attractifs. Ils ont ainsi obtenu que les salaires soient indexés, ce qui représente une hausse sur quatre ans de près de 16 %. Ils ont obtenu également des chèques repas. À 25 ans, ils reçoivent une augmentation.

Serge Pilet, CEO de l'ARBH
Serge Pilet, CEO de l'ARBH ©Belgaimage

Comme les marges de manœuvre de l'ARBH sont de plus en plus minces, le nombre de joueurs salariés est limité à 44. "Nous avons 22 Lions et 22 Panthers sous contrat. Le coach doit donc tenir compte de ce paramètre. En parallèle, nous avons un système de stagiaire pour les plus jeunes. Pour faire simple, un jeune n'est pas payé tant qu'il n'a pas disputé un grand tournoi. Ici, Famke van Heel et Emilie Verhees, 18 ans toutes les deux, ne seront plus stagiaires en septembre."

Sport Vlaanderen, Adeps et COIB, 75 % du financement à eux trois

L'ARBH ne bouclerait pas ses fins de mois sans ses trois alliés publics : Sport Vlaanderen, l'Adeps et le COIB. "À eux trois, ils assument 75 % de notre financement." L'Adeps et Sport Vlaanderen ont offert un contrat à 22 Red Lions et Panthers. "Certains sont rémunérés par les deux administrations sportives. Nous venons en soutien pour compléter les salaires. Par exemple, si Vincent Vanasch perçoit 1 200 euros de l'Adeps, nous complétons avec 1 100 euros pour qu'il touche son salaire de 2 300 euros vu son barème (301 caps)", détaille le CEO de l'ARBH.

Le carnet de bord de Tom Boon

Les membres du staff négocient chacun leur salaire. Un Shane McLeod coûte plus cher aujourd'hui qu'il y a 11 ans quand il a débarqué dans l'équipe. S'il était remplacé par un Belge peu expérimenté, le coût sera moins élevé. Quand Adam Commens laissera sa place de T1 des Panthers en septembre, la question financière influencera le choix. "Jeroen Delmee, Shane McLeod ou Max Caldas figurent dans la tranche haute du panier, ce qui est logique vu leurs qualités et leurs parcours."

Le budget total des équipes ? 4,9 millions d'euros

Les salaires ne sont pas les seules dépenses liées aux équipes nationales. Le budget total des noyaux Be Gold (U15 jusqu'en A, hommes et femmes) atteint 4,9 millions d'euros par an (salaires, déplacements, hôtels, repas, matériel, technologie…). La somme est colossale quand on sait que le budget total de la fédération nationale ne dépasse pas les huit millions d'euros. En d'autres termes, l'argent des sponsors sert en partie à boucler le budget des équipes nationales.

Des frais qui explosent et qui menacent le système

Serge Pilet et ses associés dont Gérald Duby et Adam Commens (directeur technique et actuel entraîneur des Red Panthers) ont déjà planché sur le budget de l'année 2027 qui s'annonce très périlleux. Les coûts salariaux sont définis de manière claire. En revanche, l'année s'annonce noire quand on liste les différents tournois de nos équipes. "Les voyages, les avions, les hôtels, la nourriture, autant de frais qui ont explosé", reprend Serge Pilet. "En 2027, les Lions et Panthers partent en février pour disputer la Pro League en Australie. Les championnats d'Europe se déroulent dans la ville la plus chère possible, Londres. En plus, la fédération européenne a décidé d'étendre à douze équipes, ce qui allonge le tournoi de trois jours. Nous payons 100 % de nos frais lors des tournois. La Pro League nous enverra plus que probablement en Argentine ou en Inde en fin d'année. Les U21 disputeront deux Coupes du monde. Les garçons pourraient aller au Chili. Les filles ne sont pas encore fixées. Chaque année, les frais s'envolent. Il y a deux ou trois ans, tu trouvais encore un billet d'avion pour l'Espagne en été pour 200 euros. Aujourd'hui, tu passes les 400 euros. Un repas pour des jeunes se trouvait pour 9 euros alors qu'aujourd'hui, tu ne t'en sors plus sous les 20 euros."

Les dirigeants belges se battent pour trouver des plans alternatifs sans toucher aux ambitions sportives des équipes jeunes et senior. "Nous dressons une liste de possibilité d'économies : supprimer le repas après les matchs, revoir les logements,… Le but, c'est de ne rien changer."

Il regarde chez les voisins pour prendre le pouls. "Mon homologue argentin n'est pas présent à Wavre pour limiter les dépenses. J'entends que des fédérations envisagent de réduire la voilure et s'interrogent sur leur présence à un Mondial U21 ou à une Pro League. Tout le monde ira toujours aux JO ou à une Coupe du monde. La Nouvelle-Zélande a quitté la Pro League alors qu'elle était qualifiée. C'était juste une question d'argent."

Arthur Van Doren défend l'attaque des Red Lions

Le système économique actuel atteint ses limites. La courbe des dépenses grimpe trop vite. En tant que responsable de la fédération belge de hockey, Serge Pilet ne mettra pas tout l'édifice en péril à cause des frais des équipes nationales. "Le rôle de base d'une fédération, c'est que tout le monde puisse jouer son match de hockey le samedi, le dimanche, à l'heure qu'il veut, sur un terrain, que ce soit programmé, qu'il y ait des arbitres, qu'il y ait des entraîneurs formés, etc."

Il ne se plaint évidemment pas des performances des équipes nationales, mais il rappelle qu'il est garant de l'équilibre financier global. "J'aimerais pouvoir les augmenter, mais la situation ne le permet pas. Après la Coupe du monde, nous nous mettrons à table pour les écouter. Augmenter les salaires aujourd'hui, c'est totalement impossible. Les membres des équipes nationales ont d'autres sources de revenus en club ou via des sponsors personnels. Ils gardent tous et toutes leur droit à l'image, mais ils ne peuvent pas utiliser le nom des Red Lions et Red Panthers avec leurs partenaires personnels."

Voici le parcours infernal des Red Lions s'ils veulent être champions du monde

Lions et Panthers, un même salaire pour un même effort

En 2015, les Red Lions ont été les premiers à toucher un salaire à proprement parler. Les Red Panthers ont suivi dans des proportions nettement inférieures. Depuis les grandes négociations de 2022-2023, le hockey belge ne fait plus la moindre distinction entre messieurs et dames. Elles suivent le même programme que les messieurs. Elles sont donc rémunérées selon les mêmes barèmes. "Notre partenaire Belfius a fortement poussé. Par le passé, les hommes étaient mieux payés car ils s'entraînaient plus et avaient remporté de grands titres. Désormais, l'effort est égal. Nous avons effectué les calculs sur les frais supplémentaires pour la fédération. Belfius a pris la moitié à son compte. Nous, le reste."

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La fédération versera 100 000 euros en cas de médaille d'or."

Depuis le renouveau des deux équipes 'A', l'ARBH a toujours cherché à soutenir ses équipes nationales. Consciente qu'elle ne pourrait plus éluder le sujet des primes, elle a mené des réflexions sur le sujet pour aboutir à une petite révolution. Lors de cette Coupe du monde, une médaille sera accompagnée d'un chèque. "La fédération versera 100 000 euros en cas de médaille d'or, 50 000 euros pour une médaille d'argent et 25 000 euros pour une troisième place. Le montant se divisera entre les membres de l'équipe. Il est le même pour les Lions et les Panthers. Une fois de plus, la fédération est à son maximum avec ces montants. Cette prime est une manière de leur montrer notre gratitude pour les efforts réalisés."

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