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Soins à domicile: certains cantons limitent l'installation de nouveaux acteurs privés

Les prestataires privés des soins à domicile concurrencent toujours plus les structures publiques. Mais cela soulève des problèmes dans certains cantons. Ainsi, après le Tessin, le Valais interdit l'installation de nouveaux acteurs privés depuis le 1er juillet.

Le canton du Valais souhaite freiner les coûts de ce secteur très plébiscité et en plein développement. Le conseiller d'Etat Mathias Reynard reproche aux privés de coûter trop cher à l'assurance maladie. "Le but, c'est de bien soigner les gens et il y a des privés qui font bien leur job. Mais pour d'autres, c'est juste du business sur le dos de la santé des gens", dénonce-t-il. "Pour le même acte, les privés facturent beaucoup plus d'heures. Des cas de surfacturation ont déjà été dénoncés."

>> Les explications dans le 19h30 :

Le Valais s'attaque à la privatisation des soins à domicile

Le Valais s'attaque à la privatisation des soins à domicile / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30

En moyenne, les organisations de soins à domicile privées passent 70% de temps en plus chez les patients. Le Valais leur reproche par ailleurs de choisir les cas les plus lucratifs. "Ils s'installent uniquement autour des villes, car il y a peu de trajet donc c'est plus rentable, alors que le CMS public, lui, a une vocation de service public, d'être là pour tout le monde, que l'on habite à Sion ou Evolène."

Le Conseil d’Etat valaisan est allé jusqu'au Tribunal fédéral pour faire baisser la rémunération des privés. L'année passée, la justice lui a donné raison en lui permettant de moins rémunérer ceux qui ne respectent pas les salaires minimaux de la CCT et de changer certains tarifs.

>> Ecouter le sujet de Forum :

Des soins à domicile (image d'illustration) [KEYSTONE - GAETAN BALLY]KEYSTONE - GAETAN BALLY

Le Valais interdit à de nouveaux acteurs privés de soins à domicile de s'installer dans le canton / Forum / 2 min. / hier à 18:06

Les acteurs privés réfutent les accusations

Les organisations privées dénoncent une vision caricaturale. "On a des CMS qui nous contactent pour reprendre des cas complets parce qu'ils n'ont pas le personnel pour gérer", indique dans Forum Thomas Birbaum, secrétaire général de l'Association valaisanne des organisations de soins à domicile. Et d'assurer qu'ils sont "un acteur complémentaire".

D'après lui, si les organisations de soins à domicile (OSAD) privées font plus d'heures, c'est parce qu'elles font des prestations qui demandent plus d'heures. "Il y a des cas plus complexes donc des coûts plus élevés qui vont avec. Tout est défini par des catalogues, c'est très transparent", assure-t-il.

Et d'insister sur le fait que les acteurs privés sont "plutôt moins chers que les CMS. On a une organisation plus souple, plus agile".

>> Son interview dans Forum :

Thomas Birbaum. [parlement.vs.ch]parlement.vs.ch

Interdiction de nouveaux acteurs privés de soins à domicile en Valais: interview de Thomas Birbaum / Forum / 3 min. / hier à 18:07

De toute façon, pour les patients, le recours à un acteur privé n'est pas plus cher une fois la franchise atteinte. En Valais, seuls l'assurance-maladie et le Canton financent les soins à domicile.

>> Les explications de Romain Carrupt dans le 19h30 :

Privatisation des soins à domicile: explications de Romain Carrupt

Privatisation des soins à domicile: explications de Romain Carrupt / 19h30 / 1 min. / hier à 19:30

Sujets radio et TV: Mathias Délétroz et Romain Carrupt

Article web: Julie Marty

Propos recueillis dans Forum et le 19h30 de jeudi

Les autres cantons romands n'ont pas encore prononcé d'interdiction

Le Jura fait face aux mêmes problèmes d'augmentation des coûts et analyse la situation.

Côté vaudois, le marché n'est pas saturé, l'offre privé-public de soins à domicile est complémentaire, dit l'Etat, qui précise quand même que ces privés s'installent dans les niches les plus lucratives. Même constat à Fribourg.

Et à Genève, une directive sur les coûts et la transparence est en travail, sans relever de problème particulier.

Les privés ont pris beaucoup de parts de marché ces dernières années, mais à l'avenir, ils auront probablement moins de libertés.