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"Le Tourmalet, à côté, c'est plat !" : À 60 ans, Aline Labourdère brille en se classant 2e d'une course de 812 km à travers les Alpes, et se prépare pour le Pérou

l'essentiel Aline Labourdère, muletière de Beaucens dans les Hautes-Pyrénées, a brillamment terminé la GRAAALP, une course de 812 km et près de 21 000 m de dénivelé positif à travers les Alpes, en 91 heures, se classant 11e sur 75 participants et 2e féminine. À 60 ans, elle s'apprête à relever un nouveau défi : l'Incadivide, une course de 1 200 km au Pérou, dont le départ sera donné le 19 août près de Cusco.

Habituellement, c'est avec ses ânes qu'Aline chemine et invite dans ses pas les vacanciers souhaitant parcourir avec elle les Hautes-Pyrénées. Mais depuis quelque temps, cinq ans exactement, la muletière troque régulièrement sa monture pour un gravel. Avec succès, puisque cette baroudeuse a remporté plusieurs courses dont dernièrement le Biking Man Maroc. En 2024, c'est une prouesse toute solidaire qui a permis de démontrer combien le cœur de l'accompagnatrice de Beaucens était d'or puisqu'elle a bouclé la Rondaline : un périple de 6 000 km à travers la France qui lui a permis de rassembler plus de 20 000 € au profit de la recherche contre Alzheimer qui frappait une de ses amies. 

Photo au départ, le 14 juillet à Mandelieu La Napoule.
Photo au départ, le 14 juillet à Mandelieu La Napoule. DR

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En ce 14-Juillet, alors que l'heure est à la Fête nationale, les réjouissances débutaient pour Aline qui a pris à midi et sous 40 degrés à Mandelieu-La Napoule, au niveau de la mer, le départ de la GRAAALP, pour Gravel across the Alps, avec au menu des festivités 812 km de pistes et près de 21 000 m de dénivelé positif. Un véritable défi qu'elle a préparé à cadence régulière, hissant par exemple à deux reprises son vélo jusqu'au sommet du Pic du Midi. Une prouesse déjà à plus de 60 ans ! "Mais là, c'était une course de dingue. Plus de 800 km en gravel, c'est énorme ! Et avec tout ce dénivelé, le Tourmalet à côté, c'est plat !" sourit-elle.

Aline a enchaîné les sommets et les décors, passant par plusieurs cols mythiques des Alpes.
Aline a enchaîné les sommets et les décors, passant par plusieurs cols mythiques des Alpes. DR

"Même les organisateurs étaient bluffés d'une telle performance à mon âge"

Non contente de parvenir à rallier l'arrivée au prix de 91 h d'efforts le samedi matin, Aline Labourdère réalise une performance exceptionnelle, terminant 11e sur 75 participants et même 2e féminine derrière l'intouchable Allemande Mareil Moldenhauer, une cycliste professionnelle de 30 ans sa cadette et qui a même devancé tous les hommes. "Finir deuxième derrière une telle athlète pro, qui ne passe pas le rotofil ni ne s'occupe de ses ânes en semaine, je ne m'y attendais. D'ailleurs, même les organisateurs étaient bluffés que je réalise une telle performance à mon âge."

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Une prouesse pour laquelle Aline n'a pas été avare d'efforts. "Il y avait des pentes jusqu'à 30 % et d'autres longues de près de 20 km à 15 % de moyenne. C'est la plus grosse course que j'ai jamais faite, rendue encore plus difficile par la chaleur, de jour comme de nuit. C'est simple entre mardi midi et samedi matin, je n'ai dormi que deux heures. La fin a été compliquée. Je m'endormais presque sur mon vélo. Outre la longueur, les pistes, notamment au départ, en France étaient très difficiles avec beaucoup de sable. Ensuite, il a fallu évoluer en altitude, sur les crêtes italiennes à plus de 2 500 m, avant de finir en Suisse. Mais j'ai fini sans douleur ni crampe, juste la fatigue." 

Le magret séché sous vide, compagnon d'aventure d'Aline dans tous ses défis!
Le magret séché sous vide, compagnon d'aventure d'Aline dans tous ses défis! DR

Mi-août 1 200 km en altitude au Pérou

Après avoir coupé quelques jours, Aline a renfourché son gravel ce dimanche. Avant de repartir en bivouac avec des vacanciers le lendemain. Et déjà une nouvelle montagne qui se profile avec sa participation à l'Incadivide, une course de 1 200 km en totale autonomie au Pérou, dont le départ sera donné un mois à peine après ce premier exploit. "J'y pars le 10 août, toute seule. C'est très culotté d'enchaîner ces deux courses, mais je ne suis pas du tout cassée de la première donc j'espère que ça voudra sourire. En partant de Cusco, on sera dans un tout autre domaine, jusqu'à 5 600 m d'altitude. C'est mon cadeau pour mes 60 ans. J'avais choisi cette année d'un peu moins travailler pour me le permettre. Je suis très motivée mais je veux aussi profiter de cette aventure humaine. Le but c'est d'arriver, avec toujours cette impression, malgré les courses qui se répètent, de repartir à zéro." Et pour ce faire, l'accompagnatrice de Beaucens embarquera avec elle sa potion magique : du magret séché, sous vide, son compagnon de route et d'aventure pour aller jusqu'au bout de la piste...