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Le tarif préférentiel accordé par EDF à ses salariés représente un "coût démesuré", selon la Cour des comptes

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Un rapport estime que cette réduction sur le prix de l'électricité et du gaz ne peut "perdurer en l'état". Les organisations syndicales appellent à un mouvement de grève massif le 15 septembre.

France Télévisions

Publié le 18/07/2026 07:23

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Un salarié d'EDF devant la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), en avril 2025. (LOU BENOIST / AFP)
Un salarié d'EDF devant la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), en avril 2025. (LOU BENOIST / AFP)

"Un coût démesuré" pour EDF. La Cour des comptes épingle le tarif préférentiel de l'énergie accordé aux salariés du groupe énergétique, dans un rapport publié vendredi 17 juillet. Elle estime que cette réduction sur le prix de l'électricité et du gaz ne pouvait "perdurer en l'état". Cet avis paraît alors que le gouvernement envisage de rogner cet avantage, suscitant une levée de boucliers des syndicats qui appellent à la grève le 15 septembre.

"L'avantage en nature énergie représente un coût démesuré, soit plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe", jugent les Sages, dans leur rapport consacré à la gestion des ressources humaines d'EDF. Il oblige "également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024)". Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.

La Cour affirme que ses bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs", un chiffre contesté par certains syndicalistes. Le gouvernement réfléchit à rogner ce "tarif agent", après avoir reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", selon le ministère de l'Energie. Le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, a prôné "un calendrier social adapté" pour cette réforme, en réponse à ce rapport. La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel.

Réunies en intersyndicale, les quatre grandes fédérations (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) de l'énergie ont appelé vendredi "à la mobilisation massive des électriciens et des gaziers", lors d'une "journée d'actions et de grève le mardi 15 septembre 2026". Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, considère que le projet de réforme est "une provocation (...) en période de canicule, là où les agents se démènent". Selon lui, "le tarif agent ne pèse pas plus de 1% de la facture des usagers". Sandrine Tellier, secrétaire générale du syndicat FO Mines-énergie, dénonce une "méthode totalement irrespectueuse" à la recherche de "futiles économies" : "On s'opposera à toute remise en question de cet avantage en nature."