Le préfet Cauwel en croisade pour les retenues d'eau, le maire RN de Moissac au soutien de son chef de cabinet, celui de Castelsarrasin à la manœuvre pour son "successeur" : les indiscrétions du 30 août en Tarn-et-Garonne
l'essentiel Retrouvez tous les dimanches dans l'édition du Tarn-et-Garonne les indiscrétions politiques de la rédaction. Cette semaine, la campagne des sénatoriales s'invite jusque dans un comice agricole. On vous raconte comment le préfet Sébastien Cauwel a profité d'une visite express pour visiter la nouvelle brigade de gendarmerie de La Ville-Dieu-du-Temple pour interpeller les élus sur l'épineux dossier des retenues d'eau, juste avant d'observer son devoir de réserve.
Le maire de Moissac excusé… mais finalement présent au comice agricole
Il ne devait pas être là. Finalement, le maire de Moissac était bien présent au comice agricole organisé par la communauté de communes Terres des Confluences (CCTC), dimanche dernier. Une présence mise en scène sur les réseaux sociaux… qui ne trompe personne. Car à l’approche des élections sénatoriales du 27 septembre, M. Lopez s’est affiché avec son proche collaborateur, Quentin Lamotte, candidat sous l’étiquette du Rassemblement national, et de son alliée depuis 2024, Brigitte Barèges, vice-présidente de l’Union des droites pour la République. Une communauté d’extrême droite à laquelle on peut aisément ajouter la maire de Beaumont-de-Lomagne Jacqueline Tonin ou encore Mathieu Pierasco, l’édile de Labastide-du-Temple. Lui-même qui s’était étonné que son nom soit mentionné lors de la venue de Jean-Philippe Tanguy le 23 janvier 2026 comme candidat soutenu par le parti à la flamme. Un soutien affiché repris dans nos indiscrétions qui avait, apparemment, surpris M. Pierasco.
Le maire de Castelsarrasin intronise son "successeur"
Autre candidat aux sénatoriales présent dimanche au comice agricole de la CCTC : l’actuel maire de Castelsarrasin Jean-Philippe Bésiers. L’édile a publié une dizaine de photos de sa personne et de quelques-uns de ses conseillers municipaux. Parmi eux, Lydie Bence ou encore… son lieutenant Alex Remia. Une manière d’introniser et de populariser le visage du premier adjoint, successeur désigné par M. Bésiers en cas d’élection de sa personne aux sénatoriales. Encore faut-il que le maire actuel accède au palais du Luxembourg. C’est une autre paire de manches…
Sénatoriales
Pas de distribution communale aux électeurs supplémentaires de Montauban
Les candidats aux élections sénatoriales battent le pavé (et la campagne) en cette fin de mois d’août. C’est aussi l’heure de la distribution de la propagande pour tenter de convaincre les indécis. Un exercice coûteux s’il est fait par voie postale. Alors pour faire des économies, notamment à Montauban, où une quarantaine d’électeurs supplémentaires ont été désignés par vote en conseil municipal, les candidats ont tenté de faire distribuer leurs prospectus via la municipalité. Hélas, ils ont échoué. Si les documents seront bien donnés gracieusement aux conseillers municipaux, grands électeurs de droit, la collectivité n’en envoie pas à ceux qui ont été désignés par l’assemblée communale. Il faut donc passer par la case La Poste. De quoi faire sensiblement monter la facture des frais de campagne… Gare à ne pas se les faire retoquer pour une erreur de comptage…
Ils sont douze… pour l’instant
Dans moins d’un mois, les grands électeurs sont appelés aux urnes pour élire les deux sénateurs de Tarn-et-Garonne. Les deux sortants, Pierre-Antoine Lévi (UDI) et François Bonhomme (LR), font face à dix concurrents pressentis. On y retrouve Anne Ius (PRG), Brigitte Barèges (UDR), Cécile Roblin (Les Écologistes), Gérard Craïs (PS), Rodolphe Portoles (PCF), Quentin Lamotte (RN), Jean-Philippe Bésiers (divers), Jean-François Grilhaut des Fontaines (Solidarité et progrès), Thierry Delsol (divers) et David Pellicer (LFI). Prudence toutefois : la liste officielle ne sera publique qu’après le vendredi 11 septembre 18 heures. Les candidats doivent en effet déposer leur déclaration de candidature en préfecture entre lundi 7 et jeudi 10 septembre (9 h-12 h/14 h-17 h) et le vendredi 11 (9 h-12 h/14 h-18 h).
Le préfet demande aux élus de le soutenir dans la création de réserve d’eau pour soutenir les agriculteurs
Lors de la visite express, vendredi matin, de Sébastien Cauwel à la nouvelle brigade de gendarmerie de La Ville-Dieu-du-Temple, le préfet de Tarn-et-Garonne — qui voulait marquer le coup avant de respecter son devoir de réserve à l’approche des élections sénatoriales — en a profité pour interpeller directement les élus présents sur un tout autre sujet : l’eau. Sans qu’on l’y invite, le représentant de l’État s’est lancé dans un plaidoyer appuyé pour les retenues d’eau, ces bassines qui embrasent régulièrement le débat agricole et environnemental ailleurs en France. « Il va falloir qu’il y ait un appui de tout le monde, parce qu’il y a un truc totalement ridicule, c’est-à-dire que l’hiver on était (les pieds) dans l’eau pendant plusieurs semaines… Et cette eau-là, elle repart parce qu’on ne la retient pas en partie, et l’été on n’a plus d’eau », a-t-il rappelé, avant de pointer des pêcheurs contraints, cet été, d’aller « pêcher des poissons pour les mettre » ailleurs faute d’eau suffisante. « C’est ridicule. C’est dramatique », a-t-il lâché. « Voilà, donc il faut qu’on arrive à gérer de façon un peu plus normale sur l’ensemble de l’année. Et pour ça, ça veut dire qu’il faut qu’on crée des retenues. Je sais que c’est compliqué, mais ce n’est pas parce que c’est compliqué qu’il ne faut pas le faire. » Surtout, le préfet a sollicité le soutien des élus locaux « quelles que soient vos sensibilités » écologiques ou environnementales, érigeant d’ores et déjà le sujet en priorité. « On aura besoin de votre soutien lorsqu’on le fera. Parce que c’est un enjeu pour notre agriculture. Cela permet aussi d’avoir plus de capacité d’eau potable, plus de soutien de la biodiversité. » Le sujet n’a rien d’improvisé. Le Tarn-et-Garonne compte 5 749 retenues d’eau, représentant 54 millions de m³ mobilisables, dont seulement 25 % — soit 13 millions de m³ — sont utilisés par l’agriculture, un chiffre lui-même « théorique » tant nombre de ces lacs collinaires sont envasés, reconnaissait fin août la secrétaire générale de la préfecture, Edwige Darracq. Une manière à peine voilée, pour le premier représentant de l’État sur le département, de préparer le terrain — et les esprits — avant que les retenues ne s’invitent, immanquablement, dans les prochains conseils municipaux du département.