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Retour en force: Antoine Salamin retrouve la forme aux Mondiaux de Montréal

Publié24. septembre 2026, 14:27

CyclismeLe phénomène valaisan qui a été retardé par les événements

Antoine Salamin (18 ans) a toujours été très attendu par les suiveurs de vélo en Suisse. Il est enfin arrivé en santé aux championnats du monde de Montréal.

Robin Carrel

Antoine Salamin en plein effort lors du contre-la-montre juniors à Montréal. Le Valaisan a décroché une 6ᵉ place mondiale après deux ans perturbés par les blessures.

Antoine Salamin en plein effort lors du contre-la-montre juniors à Montréal. Le Valaisan a décroché une 6ᵉ place mondiale après deux ans perturbés par les blessures.IMAGO/SW Pix

Il est Suisse, à peine majeur et mesure plus d'1,90 m. À l'interview, il en impose. Il y a même un petit quelque chose de Stefan Küng, quand on sert son immense main et qu’on constate son amour de la lutte contre le chronomètre. Antoine Salamin est depuis longtemps dans les petits papiers de ceux qui suivent la relève cycliste helvétique, mais sa santé l'a ralenti. Des blessures, une maladie ont laissé des trous dans ses statistiques récentes, sur les sites spécialisés. Mais au Québec, en cette fin d'été, il a enfin retrouvé son niveau. Le Valaisan n'était d'ailleurs pas passé loin de «claquer» une médaille ce mardi. Prometteur.

«Ce contre-la-montre était un bel objectif, j’étais en forme et je l’avais beaucoup préparé, a-t-il commencé, après sa superbe sixième place de mardi. Mais ce n’est pas le type de parcours que j’apprécie le plus. C'était un tracé «par intervalles», avec trente secondes à bloc, dix secondes de récupération... Ce n’est pas sur ce type d’effort que je me suis le plus entraîné. Je reste content des watts que j’ai produits et de ma performance. J’espérais évidemment un meilleur résultat, mais cela reste une magnifique expérience.» Et aussi formatrice.

Un Fribourgeois qui a de qui tenir

Concentré et en danseuse sur son vélo, Marwan Karim Barhoumi dispute son premier Championnat du monde sur route. La suite s'annonce prometteuse.

Concentré et en danseuse sur son vélo, Marwan Karim Barhoumi dispute son premier Championnat du monde sur route. La suite s'annonce prometteuse.IMAGO/Sirotti

À 17 ans, le Bullois Marwan Karim Barhoumi est un des profils les plus complets du cyclisme suisse. Ce mardi, il a terminé 32ᵉ du chrono mondial. «Je n’ai pas fait beaucoup de contre-la-montre dans ma vie, mais franchement, ça s’est bien passé, nous a expliqué le Fribourgeois. Je ne sais pas comment la course en ligne va se passer. Il y aura trois heures et demie de course au programme. Ce que je sais, c’est que ce sera dur, du premier au dernier kilomètre. On verra! Le mot «ambitions» dans ma bouche pour jeudi est un peu grand. Je suis en juniors première année, ce seront mes premiers Championnats du monde sur route. Je vais simplement donner le maximum, et nous verrons comment cela se passera.»

Il a fini pas loin, dans la foulée des cadors donc et, à ce niveau, ça veut dire pas mal. Parce que «pour moi, être ici est déjà une petite victoire. J’ai eu tellement de problèmes… Alors être là, partir en tant qu’outsider et réussir à faire un top 10 (ndlr: il a fini à trente-neuf secondes du vainqueur, l'Espagnol Benjamin Noval, et à vingt-deux du podium), c’est déjà fantastique. Mais je sais aussi que je suis capable de mieux et qu’avec une saison complète dans les jambes, je pourrai revenir à ce niveau avec l’ambition de gagner.»

Le jeune homme originaire du Valais central a passé enfin un bon été, fêtant deux médailles aux Mondiaux juniors sur piste et deux autres aux Européens, le tout en l’espace de cinq semaines. Un retour au premier plan, après avoir connu des temps difficiles. «Ouais, c’était compliqué, très, très dur, a-t-il soufflé. Depuis le début de ma carrière chez les juniors, sur route, je ne saurais pas vous dire exactement, je pense avoir fait seulement une dizaine de jours de course. Peut-être quinze en deux ans! Ce n’est vraiment pas beaucoup. Donc être ici et être déjà dans une belle forme comme ça, c’est vraiment bien.»

IMAGO/frontalvision.com

Le junior format géant avait été repéré par la Visma depuis longtemps. Mais la vie a fait que tout ne s'est pas bien passé et elle ne l’a pas emmené là où son talent naturel aurait dû l'envoyer. Il a heureusement eu une joyeuse nouvelle cette semaine, après qu'il a été engagé dans l'équipe de développement de la formation helvétique Tudor. «Oui, j’ai la chance d’être encadré par cette formation l’année prochaine. Ils ont décidé de me faire confiance malgré tous les problèmes que j’ai eus. Je commence gentiment à montrer qu’il peut y avoir de beaux résultats, notamment sur piste.»

Robin Carrel

Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.