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Le Namurois Sylvain Moniquet a un plan clair avant d'attaquer la Vuelta : "Viser les étapes délaissées par Pogacar"

Sylvain Moniquet prendra, ce samedi, le départ de son sixième grand tour ("Ça commence à faire un beau petit CV", savoure-t-il). Le coureur namurois s'est confié dans notre podcast Radio Peloton avant sa quatrième "Gran Salida" en six ans.

Sylvain, quel sera votre rôle sur cette Vuelta ?

On a une belle carte avec Bryan Coquard pour les sprints, on devra l'aider au mieux sur les étapes qui lui conviennent. Et puis, sur les étapes difficiles, on aura un peu le champ libre pour aller dans les échappées. On a trois belles cartes avec Louis Rouland, Emanuel Buchmann et moi, qui sommes trois bons grimpeurs. Il faudra être présent et bien choisir ses étapes, en essayant de viser celles qui n'intéressent pas Pogacar.

Est-ce que sa présence change quelque chose pour vous ?

Oui, certainement. Les échappées auront probablement moins de possibilités d'aller jusqu'à l'arrivée. Pogacar voudra aller chercher des victoires d'étape et UAE aura une équipe très forte pour contrôler la course. Mais il pourrait être un peu fatigué en deuxième et troisième semaines, du moins je l'espère, après avoir fait le Tour de France. C'est à ce moment-là qu'il faudra saisir sa chance et avoir conservé une certaine fraîcheur pour jouer la victoire.

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"J'espère que Pogacar sera un peu fatigué"

Vous avez déjà porté le maillot à pois sur la Vuelta et le maillot bleu au Giro. Est-ce à nouveau un objectif ?

Pas vraiment. Les autres années, ce n'était pas non plus le cas. J'étais simplement dans les échappées les premiers jours, je me sentais bien et je me suis dit : 'Pourquoi pas ?' Mais je pense que c'est plus important d'essayer de garder des forces pour la deuxième et la troisième semaine, pour aller chercher de bons résultats quand beaucoup de coureurs sont déjà bien entamés.

Votre début de saison a été compliqué, est-ce que vous vous sentez mieux désormais ?

Je me suis toujours senti bien à l'entraînement mais j'ai parfois manqué de fraîcheur en course. J'en faisais parfois trop à l'entraînement et on a fait des ajustements avec mon entraîneur. J'ai pris soin de préparer la Vuelta au niveau de la mer, et pas en altitude, pour éviter de trop solliciter l'organisme. À ce stade de la saison, je préfère miser sur une certaine fraîcheur et je pense que les jambes sont prêtes pour ce Tour d'Espagne.

Sylvain Moniquet, animateur des Grands Tours

Vous avez disputé le Tour du Qinghai Lake, en Chine, cet été. Course qui a la particularité de se disputer entièrement à plus de 2 000 mètres d'altitude…

C'est assez atypique, ça se court vraiment différemment de l'Europe. Et puis il y a les conditions, avec beaucoup de pluie cette année et des cols autour de 3 500 ou 4 000 mètres. C'est très compliqué. Il y a des coureurs qui sont très habitués à ces altitudes-là. On a quand même obtenu quelques places d'honneur et des points importants car c'était une course 2.Pro (comme le Tour de Belgique, NdlR).

Cofidis est actuellement 19e au classement UCI et surtout troisième ProTeam. Il faut conserver ce top 3 pour obtenir certaines invitations en 2027, notamment sur le Tour de France. Cela change la manière de courir ?

Énormément. Cela rajoute beaucoup de nervosité. Sur certaines courses, comme la classique de Hambourg, être dans les quinze premiers rapporte autant de points qu'une victoire sur une étape du Tour de Wallonie, par exemple. On court donc différemment, parfois avec deux ou trois leaders pour essayer de marquer davantage de points. C'est triste à dire mais les objectifs sont désormais plus axés autour des points. Quand on prépare la saison en stage hivernal, on ne parle presque plus de victoires…

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"Je suis content pour Arnaud De Lie"

Cette chasse aux points influence-t-elle aussi les contrats ?

Oui. Beaucoup de coureurs négocient en fonction des points UCI. Par exemple avec une clause qui débloque un bonus ou une année supplémentaire si on rapporte plus de 500 points dans la saison. Le barème actuel est compliqué pour un grimpeur : pour marquer beaucoup de points, il faut jouer le classement général ou être devant sur de grosses classiques comme le Tour de Lombardie. Un sprinteur a beaucoup plus d'occasions de scorer et donc d'être valorisé.

L'une des ProTeams qui vous devance au classement, c'est Tudor, où vient de signer un certain Arnaud De Lie. Qui va donc devenir un concurrent direct et qui est un grand scoreur de points UCI…

C'est vrai, mais je suis surtout content pour lui. J'espère qu'il s'épanouira et qu'il pourra encore progresser en quittant sa zone de confort, comme ce fut le cas pour moi en arrivant chez Cofidis il y a un an et demi avec ma première victoire pro comme récompense.

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