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Le Monaco Basket Association rêve de l’élite féminine dès cette année : comment le club se structure en interne pour réaliser ses ambitions

Aux prémices de son existence, en 2009, le Monaco Basket Association s’entraînait sur l’asphalte d’un parking à Menton, faute de salle disponible.

Dix-sept ans plus tard, la donne a bien changé et le club monégasque dispose désormais d’une équipe compétitive en Ligue Féminine 2 (5e + des playoffs, l’an passé), aux portes de l’élite, donc, et de la bien nommée La Boulangère Wonderligue. « Notre objectif est inchangé : on se donne encore 2 ans pour l’atteindre, sinon on serait déçus. Mais si l’opportunité se présente dès cette saison, on la prendra », a martelé Stéphane Valeri lors de la présentation de l’effectif au Casino de Monte-Carlo.

À la tête de la Société des Bains de Mer, sponsor principal du MBA depuis 2024, ce dernier est co-président depuis septembre 2025 aux côtés du fondateur Eric Elena.

Les deux hommes voient grand et se donnent les moyens de leurs ambitions, en renforçant la structure interne du club, tant sur le plan financier qu’humain. Mais aussi matériel, puisque le club aspire plus que jamais à évoluer à Gaston-Médecin plutôt qu’au gymnase de l’Annonciade, une salle pas au standing du haut niveau affiché. « On a tiré les leçons de nos succès et de nos échecs, l’an passé ». Focus sur 4 points clés.

Une organisation interne musclée

Sur le banc, c’est une figure bien connue du basket féminin, Emmanuel Body, qui a été choisi pour coacher les dix filles, un groupe renforcé par 4 profils expérimentés repérés par la jeune cellule de recrutement : Carolina Rodrigues, Émily Prugnières, Stepha M’baye et Lélia Lesueur.

Le nouveau coach Emmanuel Body, aux côtés de l’une de ses recrues : Carolina Rodrigues.
Le nouveau coach Emmanuel Body, aux côtés de l’une de ses recrues : Carolina Rodrigues.
Jean-François Ottonello / Nice-Matin

Celui qui mena la Roche Vendée Basket Club jusqu’au titre de LF2, et donc en élite, pourra compter sur deux assistants : Bertrand Delage et Ali Traoré.

La mayonnaise a déjà pris avec 4 victoires en 4 matchs amicaux, en attendant le premier match officiel en coupe de France face à La Tronche-Meylan, le 19 septembre à Monaco.

Autour de l’actuel organigramme, l’organisation interne se muscle sérieusement. Outre le renforcement récent du staff médical, deux postes ont été créés pour accompagner la stratégie du club : celui de manager général, confié à l’ancienne capitaine Lysa Millavet, et celui de directrice sportive en charge de l’équipe première à Élise Cammas.

« Le rôle de Lysa va être de gérer les petits jusqu’au haut niveau, que ce soit l’organisation des matchs et déplacements (bus, avions, hôtels) ou encore l’aspect comptable qui devient conséquent, décrit Eric Elena. Quant à Élise, c’est le premier contact entre la direction et les joueuses pros. S’il y a un problème, elle le traite de suite, comme une échographie à faire en soirée. Cela va nous soulager de bon nombre de tâches. »

Et ainsi permettre à Eric Elena, épaulé de Stéphane Valeri, de convaincre davantage de sponsors à rejoindre l’aventure. « Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Si on veut aller plus loin, c’est obligatoire », confie le premier.

De nouveaux partenaires rejoignent le MBA

Selon nos informations, le budget total du MBA avoisine aujourd’hui les 2 millions d’euros, incluant l’équipe professionnelle et les niveaux amateurs. « Pour avoir de bonnes joueuses, une ossature interne professionnelle mais aussi un centre de formation, il n’y a pas de secret, confirme Stéphane Valeri. C’est important que, au-delà de la SBM, on arrive à motiver tout un pool d’entreprises monégasques pour durer longtemps à très haut niveau. »

Eric Elena, président fondateur du MBA, et Stéphane Valeri, co-président du MBA et président délégué de la Société des Bains de Mer.
Eric Elena, président fondateur du MBA, et Stéphane Valeri, co-président du MBA et président délégué de la Société des Bains de Mer.
Jean-François Ottonello / Nice-Matin

Suisscourtage, Monaco Sécurité Privée, Monaco Distribution Vins et Elena Consulting ont rempilé, tandis que CFM Indosuez Wealth, Monaco Digital et LVB Holdings renforcent les rangs des sponsors. « Les budgets sont nettement inférieurs au sport masculin car il y a moins d’intérêt des médias, moins de partenaires, moins de droits TV, regrette Stéphane Valeri. Je suis convaincu que cette marche vers l’égalité va se faire petit à petit. D’où l’intérêt, aussi, de jouer dans la salle Gaston-Médecin qui serait un écrin bien plus facile à promouvoir que le petit gymnase de l’Annonciade. »

Une salle nommée « Désir »

Le malheur des uns pourrait d’ailleurs faire le bonheur des autres. Avec la descente aux enfers de l’ASM Basket masculin, refusée en NM1 par la Fédération française de basketball, les filles du MBA auraient toute légitimité à évoluer dans l’antre de Gaston-Médecin cette année (environ 4 000 places), plutôt qu’à l’Annonciade (300 places), elles qui n’ont eu cet honneur qu’à deux reprises l’an passé.

« À la fin de la saison dernière, j’ai envoyé un courrier au gouvernement leur stipulant qu’on voulait jouer là-bas. Ce n’est pas simplement du confort, c’est surtout un outil de développement », insiste Eric Elena. « Ce serait logique, nous serons l’équipe de basket monégasque qui évolue au plus haut niveau », renchérit Stéphane Valeri.

Le MBA rêve de jouer de façon pérenne à la salle Gaston-Médecin.
Le MBA rêve de jouer de façon pérenne à la salle Gaston-Médecin.
Jean-François Ottonello / Nice-Matin

Des réunions ont eu lieu récemment avec le gouvernement princier. En attendant une décision officielle, et dans la perspective que l’exécutif donne son feu vert, le MBA s’engage à offrir aux abonnés de la Roca Team un abonnement annuel. « Cela représente 1 600 personnes, chiffre Eric Elena. La fin de la Roca Team dans le monde pro n’est pas une bonne chose pour le basket monégasque. On veut éviter que leurs supporters ne soient orphelins. »

Pour les autres, le ticket d’entrée, autrefois gratuit, passe désormais à 5 euros par personne (gratuit pour les licenciés). Une évolution dans la politique de billetterie qui accompagne la croissance du club. « On était le seul club de LF2 à ne pas faire payer. C’est symbolique », fait remarquer le président fondateur.

La formation pour assurer la relève

Un projet ne se fait pas sans une jeune génération prêt à assurer la relève. Cette année, le MBA alignera bien une équipe U18 en championnat Élite. « Un pas de géant », dixit Eric Elena, une première pierre vers le futur centre de formation.

Cette équipe est nourrie, logée et blanchie dans des appartements à Roquebrune-Cap-Martin et véhiculée pour les entraînements. « Cela a un coût mais c’est un pari calculé sur l’avenir. Le but est de sortir des joueuses pour l’équipe pro », résume Martine Elena, vice-présidente du MBA. Sur 35 joueuses ayant participé à 4 à 5 journées de recrutement, 8 ont été choisies. « Elles viennent de toute la France. Leurs parents ont été rassurés car ils ont vu l’encadrement familial ».