Le Liechtenstein ouvre la succession au trône aux femmes
C'est l'une des plus petites monarchies d'Europe. Et l'une des dernières à adopter le principe d'égalité homme-femme au sein même de la couronne. Le Liechtenstein accepte d'ouvrir la succession du trône aux femmes. Une décision pas facile à prendre dans ce petit pays conservateur coincé entre la Suisse et l'Autriche.
Publié le : 16/08/2026 - 06:21
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Jusqu'à présent, la succession au trône n'était possible que pour les membres masculins de la famille royale du Liechtenstein. Dorénavant, ce sera l'aîné qui aura cette charge, peu importe son genre, souligne notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. La Maison princière de ce petit pays de 40 000 habitants a annoncé samedi 15 août, jour de fête nationale, l'instauration de l'égalité entre les genres dans la succession au trône.
Le Liechtenstein est une monarchie constitutionnelle dirigée par prince souverain Hans-Adam II depuis 1989, mais c'est son fils, le prince héréditaire Aloïs, qui gère les affaires courantes depuis 2004. En 2019 encore, celui-ci se disait opposé à l'idée que les femmes puissent diriger le pays. Pour des raisons de stabilité de la couronne selon lui. Il a visiblement changé d'avis. Même si ce n'est pas pour tout de suite : le prince a quatre enfants, dont une fille. Mais elle n'est que deuxième dans l'ordre de succession.
Avortement interdit
En modifiant l'ordre de succession, « nous souhaitons garantir que tant la Principauté du Liechtenstein que la Maison princière soient dirigées par la personne qui y aura été la mieux préparée », explique le prince héréditaire Alois de Liechtenstein, cité dans le communiqué. « Il s'agit des fils et filles du souverain ou de la souveraine, qui grandissent à Vaduz et sont familiarisés dès leur plus jeune âge avec les particularités de la Principauté et de la Maison princière », a-t-il relevé.
La décision est donc surtout symbolique dans un pays considéré comme à la traîne en matière de droits des femmes. Elles n'ont obtenu le droit de vote qu'en 1984. L'avortement y est toujours interdit. Le Parlement pourrait voter pour sa dépénalisation très prochainement. Mais le prince Aloïs a déjà menacé d'y mettre son veto.