Le Havre, Rouen… : quelle est la ville universitaire la plus chère en 2026 ?
Le syndicat étudiant UNEF a établi, fin août 2026, un classement des villes de France où étudier coûte le plus cher. Un classement national où figurent aussi bien Rouen que Le Havre. Mais sont-elles si mal classées ?
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Il a une vocation syndicale et politique. Mais au-delà, le classement diffusé à quelques jours de la rentrée universitaire 2026-2027 par le syndicat étudiant UNEF, (qui ne manque pas de tirer à boulet rouge sur le second quinquennat Macron) a le mérite de mettre en perspective l’ensemble des villes étudiantes de France et de constater que, oui, étudier, peut coûter cher mais que c’est pire encore par endroits.
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Et au jeu du classement, pas de surprise, Paris arrive largement en tête des villes où il est bien difficile financièrement de tenir le coup toute une année. Paris mais aussi l’ensemble de l’île de France qui truste le podium national. La capitale arrive en tête avec un coût mensuel de 1618,41 € par mois, en hausse de 0,59 %. Loin devant les 1489,48 € à dépenser pour loger, se déplacer, se nourrir et donc étudier à Créteil. Juste devant les 1476,48 € dont il faudra se séparer si l’on étudie à Saint-Denis.
Et nos villes universitaires normandes ?
Sans surprise, et c’est finalement tant mieux, elles sont loin, voire très loin dans ce même classement. Rouen se classe 26e (1172,97 €/mois). Le Havre 37e (1131,64 €/mois). Tout va donc pour le mieux ? Pas forcément. L’Unef a relevé que le coût de la vie a augmenté de 2,03 % à Rouen et de 1,64 % au Havre, par rapport à l’an passé.
C’est logique, le logement compte pour beaucoup dans ce classement. D’ailleurs, on retrouve Rouen (26e, 487 €/mois) et le Havre (37e, 448 € par mois) aux mêmes places si l’on se contente de mettre la loupe sur ce poste budgétaire. Dans ces deux villes, la pression du loyer est bien moindre qu’à Paris (923 €/mois). Mais là encore, on notera que ces montants ont augmenté respectivement de 4,73 % à Rouen et de 3,94 % au Havre. Pour rappel, l’inflation en France est 2,4 % sur les douze derniers mois. On est donc bien au-dessus.
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Plus de 3 000 euros pour une rentrée à Rouen : pourquoi le budget étudiant explose-t-il ?
La rentrée universitaire reste un passage difficile pour les budgets étudiants. À Rouen, la hausse du coût du logement et des frais liés aux études s’ajoute aux dépenses du quotidien. On fait le point sur les dépenses à prévoir.
Par Claire Boubert Publié le 2/09/2026 à 17:52
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3 030,97 euros. C’est ce qu’il faut désormais prévoir pour une rentrée universitaire à Rouen, selon la Fédération des étudiants rouennais (FEDER). Sur l’ensemble des campus étudiés*, le coût moyen atteint 2 928,32 euros.
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Le coût de la rentrée progresse ainsi de 3,85 % en un an. Pour la FEDER, « la situation atteint un seuil d’alerte sans précédent ».
Le logement, premier obstacle
Le logement reste la dépense qui pèse le plus lourd pour les étudiants. À Rouen, il faut compter 600 euros par mois pour un T1 de 25 m². Sur les campus étudiés, le loyer moyen atteint 550,89 euros, en hausse de 10,23 % en un an.
Dépôt de garantie, assurance et éventuels frais d’agence alourdissent encore l’installation. Selon la FEDER, le logement représente ainsi près de 60 % du budget mensuel étudiant. Une situation d’autant plus tendue que la France ne compte « qu’un logement CROUS pour 17 étudiants ».
Résultat, une fois les dépenses fixes payées, le reste à vivre se réduit fortement : 52,19 % des étudiants disposent de moins de 200 euros par mois, et 22 % de moins de 100 euros. « Ça fait peu pour se nourrir, sortir et se soigner », résume Baptiste Levillain, président de l’organisation.
Avec un reste à vivre aussi faible, chaque dépense compte. Le repas à 1 euro permet ainsi de faire baisser le budget des restaurants universitaires de 66 à 20 euros par mois. Mais pour le président de la FEDER, « l’équilibre n’est pas le bon. À côté, l’État prévoit de retirer 300 euros d’APL ».
Julia Chaudron, vice-présidente aux affaires académiques, évoque aussi des étudiants qui « mangent mal, ne sortent plus, ne se soignent pas » et peuvent renoncer au matériel nécessaire à leurs études.
« La précarité est le premier facteur d’échec académique », alerte Baptiste Levillain. Pour joindre les deux bouts, « trois étudiants sur quatre » travaillent en parallèle de leurs études, au risque de « fragiliser leur parcours universitaire ».
Le poids des frais différenciés
Cette précarité frappe encore plus durement les étudiants extra-communautaires. Leur coût de rentrée atteint 6 735,94 euros, soit plus du double de la moyenne.
L’écart s’explique notamment par les droits d’inscription différenciés : 2 902 euros, contre 178 euros pour une licence classique. « C’est 16 fois plus », souligne la FEDER. À cela s’ajoutent 922,06 euros de frais de déplacement et 150 euros de titre de séjour.
Depuis le 1er juillet 2026, les étudiants étrangers hors de l’Union européenne ne peuvent par ailleurs plus bénéficier des APL, sauf s’ils sont boursiers ou exercent une activité professionnelle. Une mesure que Julia Chaudron qualifie de « lois xénophobes ».
À l’AGORAé, l’épicerie sociale et solidaire, les conséquences se font déjà sentir : 66 % des bénéficiaires sont des étudiants étrangers.
Le privé, à « quel prix ? »
Côté privé, les montants changent d’échelle. La scolarité coûte 7 550 euros par an en moyenne, hors alternance, et la rentrée atteint 10 415,90 euros avec les frais annexes, soit 11,43 % de plus en un an.
Pour la FEDER, cette hausse intervient alors que certaines formations publiques ferment ou réduisent leurs capacités d’accueil. Des étudiants se tournent ainsi vers le privé faute d’alternative. « Mais à quel prix ? », interroge Julia Chaudron.
Face à ces hausses, plusieurs mesures sont réclamées : davantage de logements CROUS, la gratuité des transports, le maintien du repas à 1 euro ou la suppression des droits d’inscription différenciés. Car derrière les 2 928 euros de l’indicateur, « tous les étudiants ne peuvent pas absorber la hausse de la même manière ».
La mobilisation dépasse aussi la FEDER. Une journée de grève nationale est prévue mardi 15 septembre dans l’enseignement supérieur et la recherche pour dénoncer la précarité étudiante.
*L’indicateur 2026 couvre les campus de Rouen, Mont-Saint-Aignan, Saint-Étienne-du-Rouvray, Elbeuf et Évreux. Il additionne les frais de rentrée et un mois de vie courante, selon une moyenne pondérée par les effectifs étudiants.