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"Le fruit est brûlé, il ne grossit plus", face à la sécheresse, les producteurs de pommes inquiets pour leur récolte

En Loire-Atlantique, la sécheresse a de lourdes conséquences sur les cultures de pomme. Les producteurs ont perdu en moyenne 30% de leur exploitation à cause des canicules successives. Les vergers doivent désormais faire face à un stress hydrique important. Les représentants de la filière demandent de pouvoir capter les eaux hivernales pour faire face à ces épisodes qui s'annoncent de plus en plus nombreux.

Dans ce verger vendéen, Baptiste Pineau est confronté à un problème de taille. Sur les branches, des pommes deux fois plus petites que d'ordinaire.

Une perte de calibre due au manque d'eau. Selon ce producteur, il aurait plu quatre fois moins que d'habitude sur l'exploitation.

En manque d'eau crucial durant leur phase de grossissement, les arbres ont activé un mécanisme de survie naturel, le stress hydrique, restreignant le développement des fruits.

"Ce qui se passe quand on a des nuits trop douces, trop chaudes et pas d'hygrométrie, c'est qu'on a des fruits tout petits et qui restent tout verts. Cet été, on a dépassé 15 fois les quarante degrés. Le fruit est brûlé, il ne grossit plus, c'est terminé", constate amèrement Baptiste Pineau.

Avec la sécheresse, les pommes sont deux fois plus petites que d'ordinaire. Une perte de calibre due au manque d'eau • © FTV

Résultat : une grande partie de la récolte ne correspond plus aux standards exigés par la grande distribution, qui privilégie traditionnellement les calibres moyens à gros.

"Les pommes qui arrivent malgré tout à un petit calibre seront destinées aux collectivités ou aux pommes en sachet. Celles qui sont vraiment trop petites, malheureusement, ce sera pour la transformation. Quant aux pommes brûlées, elles seront mises au sol, mes équipes de cueilleurs vont les jeter", poursuit-il.

C'est inédit, c'est catastrophique pour la nature en elle-même. On ne sait pas comment les arbres réagiront l'an prochain face à autant de stress. On ne sait pas s'ils referont des fleurs...

Baptiste Pineau

Arboriculteur au Verger du Galichet (Vendée)

En Loire-Atlantique, Guillaume Placier, représentant de la filière est lui aussi contraint d'accélérer la cadence. Les pommiers montrent déjà des signes de faiblesse. Les fruits tombent des arbres avant d'être mûrs et la récolte s'annonce faible.

La récolte des pommes a débuté cette année avec trois semaines d'avance • © FTV

"Toutes ces pommes viennent de tomber ces derniers jours, parce qu'avec le temps chaud, ça mûrit beaucoup plus vite. D'habitude ce sont des pommes qu'on ramasse fin août, début septembre, donc là il y a urgence", alarme le président du syndicat FNSEA des producteurs de fruits de Loire-Atlantique.

Face à cette situation, c'est toute la gestion de l'eau qui doit être repensée pour faire face aux épisodes de sécheresses, de plus en plus intenses et répétées.

"Si on n'a pas accès à plus d'eau, elles ne pourront pas continuer à produire. Et ça peut être des choses toutes simples, des réserves un peu plus grandes, où on peut les remplir l'hiver, où justement on a de l'eau en abondance. Et si on capte l'eau l'hiver, on ne prend pas dans la nappe phréatique. Et ça réglerait pas mal de problèmes si les étés continuent à être comme celui-ci".

Un enjeu de taille en Pays de la Loire, où les producteurs de pommes représentent 19% de la production française.

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