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Le français au cœur de la brouille commerciale entre Ottawa et Washington? Le Canada accuse son voisin de vouloir remettre en cause la culture francophone du Québec, Trump dément et assure "adorer les Canadiens français"

Le français au cœur de la brouille commerciale entre Ottawa et Washington? Le Canada accuse son voisin de vouloir remettre en cause la culture francophone du Québec, Trump dément et assure "adorer les Canadiens français"

Publié aujourd'hui à 14h17

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Selon le Premier ministre canadien, Mark Carney, les États-Unis auraient introduit des demandes de dernière minute dans le cadre des négociations commerciales avec le Canada. Parmi elles, la remise en cause des subventions à la culture francophone et de la place des médias francophones en ligne. Ottawa assure qu'il ne cédera pas à ces nouvelles exigences.

La défense de la culture québécoise et de la langue française s'est imposée comme l'un des principaux points d'achoppement des négociations commerciales entre Ottawa et Washington, selon le Premier ministre canadien Mark Carney, qui affirme avoir refusé de transiger face aux exigences américaines.

"Il y a un écart énorme entre les perspectives canadiennes et les perspectives américaines" en matière de culture, a souligné lundi le Premier ministre canadien, à qui il a pourtant été souvent reproché un manque de sensibilité au français.

Mark Carney, qui poursuit son apprentissage de la langue de Molière, a ainsi fustigé les demandes introduites "dans les dernières heures" par la partie américaine, qui remettaient en cause les subventions à la culture francophone, la place des médias francophones en ligne et l'obligation d'étiquetage bilingue des produits vendus au Canada.

C'est aussi une question de "découvrabilité" des productions québécoises, a ajouté lundi le Premier ministre canadien, c'est-à-dire de "disponibilité (du contenu) en ligne et (de) sa capacité à être repéré parmi un vaste ensemble", comme l'indique le gouvernement du Québec sur son site internet officiel.

Trump dit ne pas vouloir "empêcher les Canadiens de parler français"

L'importance prise par la culture québécoise et par la langue française dans la guerre tarifaire avec les États-Unis a fait réagir jusqu'outre-Atlantique. "Trump menace le Québec. Il lui en cuirait d'aller plus loin dans cette direction. Les Français sont liés au Québec. Soyons prêts à agir à la rescousse du Canada et du Québec", a déclaré dimanche le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a toutefois nié vouloir s'en prendre à la culture francophone du Québec. "Je n'empêcherais jamais les Canadiens de parler français ! En fait, je n'ai même jamais envisagé une chose aussi stupide. Ce mensonge a été inventé par un Premier ministre faible et incompétent pour tenter de gagner le soutien politique des Québécois, soutien qu'il a totalement perdu. J'adore les Canadiens français !", a déclaré le locataire de la Maison Blanche.

Taxe sur les diffuseurs

Mais pour Geneviève Tellier, professeure de science politique à l'Université d'Ottawa, "la question de l'exception culturelle québécoise a toujours irrité les Américains", a-t-elle dit, précisant toutefois que d'autres facteurs ont aussi contribué à l'échec des pourparlers, comme les surtaxes sur l'automobile.

"Le Canada force les entreprises technologiques américaines à prélever un pourcentage de leurs bénéfices pour les reverser à des concurrents canadiens", a ainsi dénoncé le négociateur américain Jamieson Greer sur la chaîne CNBC.

En juillet, Mark Carney avait pourtant annoncé l'annulation de l'application d'une taxe qui devait être imposée à hauteur de 5% aux diffuseurs en ligne américains. "Mais je comprends pourquoi les Québécois veulent avoir du contenu en français", a nuancé Jamieson Greer, lui-même francophone.

Mark Carney, le plus européen des Américains ?

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"La bonne chose à faire"

Au Québec, où un peu plus de 75% des 9 millions d'habitants parlent le plus souvent le français, le choix de Mark Carney de rompre les négociations vendredi et de soutenir ces droits culturels qualifiés de "fondamentaux" a largement suscité l'approbation. Un sondage publié dimanche par l'institut Angus Reid établit en effet que 85% des Québécois estiment qu'il s'agissait de "la bonne chose à faire" - le taux le plus élevé parmi les dix provinces canadiennes.

"On avait pourtant souvent reproché à Mark Carney son manque de sensibilité au fait français", affirme Geneviève Tellier, qui relève cette prise de position inédite du Premier ministre libéral (centre-gauche) depuis son accession au pouvoir en mars 2025.

La dirigeante du Québec, Christine Fréchette, a estimé pour sa part lundi, aux côtés de Mark Carney, que "le Québec est confronté à d'énormes vents contraires" mais ne se "laissera pas intimider". "Notre identité ne se négocie pas", avait déclaré dimanche sur son compte X la québécoise, qui remettra en jeu son poste de première ministre provinciale lors des prochaines élections législatives, le 5 octobre, pour l'instant menées dans les sondages par le dirigeant d'un parti indépendantiste.