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Le Crisnée Cover Festival, la nostalgie des festivals à taille humaine fait son retour ce week-end

Les menaces orageuses dimanche n’incitaient pas à évoquer un festival qui, ce week-end, s’est joué du tonnerre et des éclairs. C’eut été inconvenant d’en parler alors que les festivaliers des Ardentes étaient priés de rentrer chez eux après l’annulation de la dernière journée de l’événement, et que ceux de LaSemo, du Brossela et du Baudet’stival ont craint longtemps qu’ils seraient logés à la même enseigne avant de pouvoir pousser un ouf de soulagement.

Tout cela étant désormais derrière nous, revenons à cette édition 2023 du Crisnée Cover Festival. Organisé sur une charmante prairie à deux pas de l’administration communale, l’événement affichait complet pour ses deux jours. Soit 2500 personnes chaque soir, que ce soit le vendredi comme le samedi. Malgré le fait que la jauge soit pleine, il faisait bon déambuler dans l’espace imparti aux festivaliers. À aucun moment, le public s’est senti serré comme des sardines Tout le monde pouvait prendre place en face de la scène pour bien voir et entendre. Le son était d’ailleurs de très bonne facture !

Quant aux bars, ils avaient l’avantage d’être placés sous des tonnelles capables d’accueillir également beaucoup de monde. Une configuration parfaite quand le soleil tape dur comme ça a été le cas ce week-end. On pouvait y siroter tranquillement sa boisson sans devoir dégager pour céder la place à quelqu’un d’autre.

Le maître-mot de ce week-end en terre liégeoise : la convivialité. Il est rare que les agents de sécurité vous reconnaissent et vous saluent très aimablement le deuxième jour. Le château gonflable pour les plus jeunes, judicieusement placé à l’ombre, a fait le plein la plupart du temps. Ce sont des détails qui font la différence.

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Boire et manger sans se ruiner

Autre bonheur qui n’a pas de prix : le catering. Si les boissons étaient facturées à un prix proche de celui des grands festivals, soit 3 euros, du côté de l’alimentation, c’était très différent. Pour 7 euros – ce qui reste une grosse somme – vous aviez une bonne grosse portion de frites. Rien à voir avec la barquette rikiki que l’on trouve régulièrement ailleurs. Comptez 6 euros pour un vrai pain saucisse copieusement garni d’oignons et de sauces. Ou 12 euros pour une assiette mixte comprenant pommes de terre à l’ail, saucisse, plusieurs mini-brochettes, oignons et sauce. Bref, il était tout à fait possible de ne pas rester le ventre vide sans se ruiner.

Les deux journées du Crisnée Cover Festival 2023 affichaient complet cette année.
Les deux journées du Crisnée Cover Festival 2023 affichaient complet cette année. ©IPM

C’est un fait, assister aux deux jours du Crisnée Cover Festival vous plonge dans la nostalgie des festivals d’antan. Pas de cashless mais des jetons pour se payer à boire ou de quoi manger. Attention toutefois à ne pas en commander en trop grand nombre, ceux qui n’auront pas été dépensés seront perdus à jamais.

Autre initiative sympathique : l’espace VIP. S’il est logiquement réservé aux VIP pendant les concerts – avec un bar qui leur est dédié et des mange debout pour se poser -, il propose un after ouvert à tous à partir de minuit. Une très bonne décision qui permet de boire un verre tranquillement après le dernier concert tout en écoutant encore des reprises interprétées live. Le duo qui se produisait le vendredi soir était excellent pour clôturer la soirée tout en douceur.

Queen presque aussi vrai que nature

Et la musique dans tout ça ? Le Crisnée Cover Festival revendique à “200 %” être un festival uniquement de covers. Ça tombe bien, c’est dans l’air du temps. Et l’affiche proposée pour cette édition 2023 était d’excellente facture.

Les Liégeois d’Acoufun ont ouvert les “hostilités” vendredi en fin d’après-midi pour céder ensuite la place à Minds, un groupe belge de reprises de Simple Minds.

Le plat de résistance de cette première journée, c’était Break Free, tribute band de Queen venu d’Italie. Pour peu, on croyait voir Freddie Mercury, Brian May et les autres sur scènes. Looks strictement identiques, postures à l’avenant, instruments et matériels comme les vrais. Ce n’est pas pour rien que ces Italiens “traînent” derrière eux la réputation de meilleur tribute band de Queen ! Musicalement, ils assurent. Par moments, on a l’impression de revivre le mythique concert de Wembley lors du Live Aid. À d’autres, ce sont des clips qui reviennent en mémoire. Comme lors de l’interprétation de “I Want To Break Free” lorsque le chanteur, Giuseppe Malinconico, apparaît travesti en femme (mais sans l’aspirateur !) ballons en guise de poitrine. Criant de vérité.

Le public est au ciel avec The Planes

Samedi, après avoir craint le pire en raison de l’orage qui s’est abattu sur Crisnée, le festival a ouvert avec juste un peu de retard. Les premiers à être montés sur la scène s’appelaient C Calo, un tribute band de… Calogero. Là encore, la voix était bluffante. Tous les tubes étaient de la partie, repris en chœur par les fans présents.

Ce sont ensuite des régionaux qui ont pris le relais. Cela fait une trentaine d’années que les Liégeois de Curiosty reprennent The Cure de la meilleure des façons. Ne cherchez pas la similitude dans le look, ils sont presque tous sans cheveux. Pas de tignasse hirsute à Robert Smith en vue donc. Par contre sur le plan du son, il n’y a pas à dire, ils savent y faire. Eux aussi ont dégainé tous les tubes de The Cure, allant parfois puiser un titre nettement moins connu dans un album qui l’est tout autant, à savoir Bloodflowers.

Les Liégeois de Curiosity rendent hommage à The Cure depuis une trentaine d'années. Ils ne dérogent qu'à un détail... la coiffure. Pas de tignasse hirsute à l'horizon.
Les Liégeois de Curiosity rendent hommage à The Cure depuis une trentaine d'années. Ils ne dérogent qu'à un détail... la coiffure. Pas de tignasse hirsute à l'horizon. ©IPM

Mais le clou du spectacle le samedi soir, c’était The Planes. Venus de Bruxelles, ils savent comment mettre le public dans leur poche en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Excellents musiciens, ils s’approprient des tubes venus de tous les horizons pour les réassaisonner à leur sauce. C’est explosif à souhaits, diablement entraînant et surprenant dans les enchaînements. Mention spéciale pour la reprise de “Sledgehammer” de Peter Gabriel, mais aussi pour les covers de Led Zep, Depeche Mode (”Personnal Jesus” d’enfer !), Beyoncé, etc.

Bref, le week-end passé à Crisnée nous a rappelé ce temps, certes lointain désormais, où les festivals avaient une taille humaine et affichaient une certaine convivialité. Un peu de nostalgie qui a fait le plus grand bien. Vivement l’année prochaine.

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