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Le céramiste Stéphane Montalto reçoit un prix régional pour la réfection des fresques du Café de Paris à Monaco

C’est une nouvelle distinction prestigieuse que le talentueux céramiste roquebrunois et Meilleur Ouvrier de France Potier (MOF 2011), Stéphane Montalto peut ajouter à son palmarès déjà bien fourni ! Sélectionné au Concours national des Ateliers d’Art de France, il vient de remporter le prix régional dans la catégorie « Patrimoine », reçu récemment à Antibes. Une grande fierté pour cet « artisan d’art » comme il aime à se qualifier, distingué par ce syndicat national des métiers d’art, qui fédère plus de 6 000 professionnels à travers le territoire !

Cette fois, son travail exigeant et minutieux de la céramique l’a conduit dans la Principauté monégasque, où il a ressuscité des merveilles architecturales et patrimoniales datant de la Belle Époque. En l’occurrence, les fresques colorées qui ornent les fenêtres du Café de Paris, côté avenue des Spélugues (fin XIXe s.), ainsi qu’un grand panneau trônant sur la coursive du nouveau restaurant à l’étage du Café de Paris, « L’Amazonico », place du Casino.

« J’ai reconstitué à l’identique ces bas-reliefs en céramique dans le cadre de la réfection générale et de l’extension du Café de Paris, en travaillant à partir d’éléments originaux prélevés sur la façade » explique Stéphane Montalto. Un travail de six mois dans son atelier situé au vieux village de Roquebrune-Cap-Martin pour redessiner, puis remodeler ces « petites pièces » avant d’obtenir le prototype à partir duquel il a pu fabriquer les moules pour créer les quelque soixante-dix carreaux en céramique des façades, ainsi que tous les ornements situés de part et d’autre de l’établissement. Soit près de 120 pièces au total.

Les motifs végétaux du Café de Paris, côté descente des Spélugues, ont également été refaits dans les règles de l’art de la céramique.
Les motifs végétaux du Café de Paris, côté descente des Spélugues, ont également été refaits dans les règles de l’art de la céramique.
Jean François Ottonello / Nice-matin

Après la phase de séchage, puis la délicate opération de l’émaillage, un par un avec les différents coloris, « je suis parvenu à obtenir 98 % des motifs originaux en respectant les techniques de décoration de l’époque, sur émail et au pinceau » explique le professionnel.

La plus grande difficulté, pour lui, a été de retrouver les couleurs de l’époque, d’autant que seuls restaient quelques échantillons de l’avenue des Spélugues. Un gros coquillage en forme de fleur entouré de volutes et de motifs végétaux dans une déclinaison de couleurs turquoise, miel, brun foncé et blanc ivoire… tandis que les moulures peintes qui courent au premier étage sont rehaussées de tons méditerranéens, bleu foncé, bordeaux et ocre.

Un maître artisan qui se revendique fièrement « autodidacte »

Stéphane Montalto a remodelé cette fresque en céramique datant de la Belle Epoque, qui trône à l’entrée du nouveau restaurant à l’étage du Café de Paris, « L’Amazonico ».
Stéphane Montalto a remodelé cette fresque en céramique datant de la Belle Epoque, qui trône à l’entrée du nouveau restaurant à l’étage du Café de Paris, « L’Amazonico ».
Photo DR

« Je ne suis pas dans la création pure, mais dans la reconstitution fidèle » affirme avec fierté ce maître artisan roquebrunois, qui a grandi à Marseille, et se revendique « autodidacte » dans son art. « J’ai décidé de devenir potier en découvrant le travail de Jean Marais ! ».

C’est en 1984 que Stéphane Montalto débarque à Menton, ville qui a, comme Vallauris, une longue tradition céramiste sur son territoire, puis il s’installe à Roquebrune-Cap-Martin en 1998.

Et, depuis quarante ans, il n’a cessé d’enchaîner les premiers prix et les reconnaissances : Concours international de Wittelsheim (1986), Convention internationale de décoration sur porcelaine à Monaco (2003), vice-champion du Monde des Tourneurs Potiers les yeux bandés, Italie (2018-2025), champion de France par équipes des Tourneurs Potiers (2023-2025), Champion de France individuel technique, Aubagne (2025)…

Autant de distinctions qui lui ont permis de voyager et d’explorer son art aux quatre coins du monde. Stéphane Montalto est d’ailleurs l’initiateur d’un marché international de la céramique, qui a lieu chaque année en mai à Menton. Il participera en septembre au championnat du monde des potiers à Faenza (Italie), puis il représentera le savoir-faire français en métiers d’art avec quatre autres MOF en Corée du Sud, à l’occasion des 140 ans des relations diplomatiques entre la France et la Corée. Enfin, il se rendra en Turquie en tant que membre du jury du Festival international de la poterie de Menemen, où seront invitées plus de quarante nations !

Une référence pour le patrimoine local

Mais ses plus belles réalisations, Stéphane Montalto les a essaimées sur la Côte d’Azur, où il est depuis vingt ans référent Patrimoine pour les Architectes des Bâtiments de France des Alpes-Maritimes, ainsi que pour les Monuments Historiques, mais aussi référent Métier Potier pour l’Éducation nationale.

À Menton, il est intervenu au Palais de Carnolès, dans les jardins d’exception des Colombières et Fontana Rosa, à la Basilique Saint-Michel, l’Hôtel de Ville, au Mirazur du chef étoilé Mauro Colagreco…

Dans la Principauté voisine, aussi, le céramiste a exécuté des commandes artistiques pour le jardin du Palais du Prince Albert II et la villa Clos St-Martin de la Princesse Caroline, le Casino de Monte-Carlo, l’Hôtel de Paris et le complexe du Métropole…

Côté villas, Stéphane Montalto a décoré les plus belles du littoral azuréen : la Villa Kerylos (Beaulieu), Maria Serena (Menton), E1027 d’Eileen Gray (Roquebrune), Les Zoraïdes (Cap Martin), Les Roses (Eze), et il travaille actuellement sur des vasques, qui orneront la villa Belle Époque Salassah de la reine de Jordanie à Cap-d’Ail.