« Le centre du monde sera Paris » : Miss Univers déménage en France, la réputée Inès Ligron aux commandes
C'est par hasard qu'Inès Ligron se retrouve à prendre la pose place de la Bastille, à Paris, le 13 août 2026. Une parfaite coïncidence pour celle qui s'apprête à faire sa révolution avec Miss Univers France.
© Eric Garault / Paris Match
EXCLUSIF - Après avoir annoncé la création du comité Miss Univers France au printemps, le célèbre concours international révèle un projet plus ambitieux encore : sa délocalisation à Paris avec, à la barre, une certaine Inès Ligron, une Française bien connue au Japon.
L’annonce en a surpris plus d’un fin mai. L’organisation Miss Univers a décidé de lancer le tout premier comité Miss Univers France. Un projet annoncé publiquement, sur les réseaux sociaux, quelques jours après une autre annonce tout aussi déroutante pour les fans des concours de beauté, avec le retrait de la société Miss France du prochain concours Miss Univers prévu en novembre à Puerto Rico. Mais du côté de l’organisation internationale, les projets pour la France sont en réalité bien plus ambitieux que ça.
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Si Miss Univers a décidé de se choisir sa propre candidate française en créant son comité, c’est aussi et surtout parce que l’organisation veut délocaliser ses bureaux à Paris dans les prochains mois. « Le propriétaire a décidé que la base de Miss Univers, le centre du monde en quelque sorte, allait être Paris. Il est mexicain mais il n’a pas envie que ce soit au Mexique, il veut que Miss Univers soit basé en Europe, dans la capitale de la mode », annonce la présidente du comité Miss Univers France, alors qu’elle vient tout juste d’arriver à Paris le 13 août, une semaine seulement après sa prise de poste.
« Nous sommes en train de rechercher un bel immeuble spacieux, idéalement bien situé dans Paris, pour y installer nos bureaux. Nous serons prêts d’ici la fin de l’année », confirme par message le coprésident de l’organisation Miss Univers, l’homme d’affaires mexicain Raúl Rocha Cantú.
Ce dernier a fait appel à une figure bien connue du concours pour lancer ses bureaux parisiens : Inès Ligron, qui pendant quinze ans a mené le comité Miss Univers Japan. Mais cette Camarguaise a décidé de revenir chez elle, en France, pour relever ce qui est s’avère être un sacré défi. Elle a moins de quatre mois pour constituer une équipe, organiser un casting, trouver et former sa première Miss Universe France, avant son départ pour la prochaine édition - anniversaire, pour les 75 ans - du concours Miss Univers prévue le 24 novembre à Puerto Rico.
Le casting est ouvert, avec des auditions à Paris et Marseille
Après avoir ouvert les candidatures début juillet, le comité prévoit un premier casting parisien la semaine prochaine, puis à Marseille et Nîmes la semaine suivante. Avant même d’aller à la rencontre des potentielles candidates en région, il a déjà reçu près de mille candidatures en ligne. La charismatique Inès Ligron l’assure, les auditions sont ouvertes à tous les profils : aucun critère physique particulier, et les jeunes femmes peuvent être mariées et avoir des enfants, tant qu’elles peuvent se rendre libre pour préparer le concours Miss Univers et qu’elles peuvent voyager librement. Et peu importe si elles sont très suivies sur les réseaux sociaux.
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Inès Ligron n’a finalement qu’une seule réserve : non aux « nanas de télé-réalité ». Celle qui a créé le bureau de la célèbre agence de mannequin IMG Models en Asie dans les années 1990, et fait venir Kate Moss et Tyra Banks à Hong Kong, avant d’être embauchée par Donald Trump pour créer Miss Univers Japan, préfère les graines de supermodels. Après les castings, une sélection de dix candidates sera proposée lors d’une finale prévue mi-octobre. Le comité Miss Univers France et un panel de professionnels de la mode, de la beauté et du mannequinat choisira alors celle qui représentera l’Hexagone à Puerto Rico.
La gagnante de Miss Univers France recevra une dotation « à la hauteur du titre », de 50 000 euros, un an de règne rémunéré, une résidence à Paris, une voiture (une Mercedes-Benz Classe C), une garde-robe « digne d’une reine », ainsi qu’un voyage pour deux pour Puerto Rico et la prochaine élection de Miss Univers. Inès Ligron tentera alors de faire gagner sa protégée en novembre prochain, elle qui a déjà réussi l’exploit de faire gagner une Japonaise, Riyo Mori, en 2007. Mais de son propre aveu, cette réussite lui a demandé dix ans de travail. Pour rappel, seules deux Françaises ont gagné Miss Univers : Christiane Martel en 1953 et Iris Mittenaere en 2016.
Une dernière élection Miss Univers teintée de scandale
En s’installant en France, avec une équipe menée par une Française réputée dans le monde des concours de beauté, l’organisation Miss Univers semble vouloir faire preuve de sérieux et de transparence, alors même que la dernière édition du concours en Thaïlande a été catastrophique, entre accrochages, jurés démissionnaires et soupçons de fraude. Une élection chaotique à l’issue de laquelle Eve Gilles (Miss France 2024) s’en est tout de même bien sortie, derrière la Mexicaine Fatima Bosch finalement sacrée, mais qui n’a pas réussi à convaincre le président de la société Miss France de renouveler la licence pour l’édition 2026.
Eve Gilles lors de la cérémonie d'accueil officielle de Miss Univers 2025 à Bangkok, en Thaïlande, le 5 novembre 2025.
NurPhoto via AFP / © Anusak Laowilas/NurPhoto
En mai dernier, Frédéric Gilbert a ainsi annoncé sa décision de ne pas envoyer de Miss France en titre au concours international. Un retrait historique, après de longues décennies de collaboration. « Je ne peux prendre la responsabilité d’envoyer une jeune femme à un concours alors que je ne sais pas comment il va se dérouler, quelles seront les règles d’équité et morales, comment les candidates vont être gérées… L’organisation est opaque, ils ne communiquent pas beaucoup, et je ne peux pas fermer les yeux seulement parce qu’il s’agit d’un concours international », a-t-il expliqué à Paris Match. Le président de la société Miss France espérait que ce retrait ne soit que provisoire, et qu’il pousse l’organisation Miss Univers à se remettre en question pour aller vers davantage de clarté. Mais celle-ci préfère se choisir elle-même sa candidate française, avec ses propres règles.
J’ai accepté à une condition, que je fasse comme je veux.
Inès Ligron, présidente du comité Miss Univers France
Depuis 2022, et la vente du concours par son ancien propriétaire Donald Trump, Miss Univers est codétenue par le groupe thaïlandais JKN Global Group (fondé par la controversée Jakkaphong Jakrajutatip) et par Legacy Holding Group USA Inc., une division américaine de l’entreprise mexicaine Legacy Holding fondée par Raúl Rocha Cantú.
Rencontre avec Inès Ligron, la présidente du nouveau comité Miss Univers France, au lendemain de son arrivée à Paris, le 13 août 2026.
© Eric Garault / Paris Match
De son côté, Inès Ligron dit n’avoir affaire qu’au Mexicain Raúl Rocha, actuellement basé à New York, mais qu’elle a rencontré cet été à Monaco. N’a-t-elle pas hésité à revenir dans l’organisation Miss Univers après les scandales de la dernière élection ? « J’ai été triste de voir ce qu’ils ont fait de la belle image de Miss Univers. Il y a eu un dérapage dans l’organisation, dans la production. Quand vous vendez un événement de cette dimension, et que les gens en place ne font pas le travail, ça peut vite partir en cacahuète. C’est ce qui s’est un peu passé l’année dernière », estime celle qui a suivi tout ça loin, puisqu’elle vivait alors entre l’Argentine et le sud de la France. Une analyse qui semble donc pointer du doigt les organisateurs thaïlandais.
« Connaissant l’organisation Miss Univers, sachant comment ça fonctionne, je sais exactement pourquoi les choses se sont passées comme ça l’année dernière. Si vous saviez le niveau de sécurité qu’il y avait autour des candidates de mon temps, on ne pouvait pas les approcher. Tout était très bien organisé, avec des chaperonnes… Et la nouvelle organisation n’a pas su mettre ça en place, cette infrastructure qui doit être réglée comme du papier à musique, en nommant des gens qui ne sont pas à la hauteur », ajoute-t-elle. « C’était un enchaînement de faits malheureux et il n’y avait pas les gens adéquats. Il suffit d’une mauvaise personne et ça pourrit tout. »
Si Inès Ligron retrouve l’organisation Miss Univers en toute confiance, après huit ans d’absence, c’est parce qu’elle a les mains libres pour mener le comité Miss Univers France comme bon lui semble. « J’ai accepté, à une condition, que je fasse comme je veux. »