Impôts Vaud : la charge fiscale reste élevée malgré la baisse
Les Vaudoises et les Vaudois se sont prononcés dimanche en faveur d'une baisse d'impôts de 12% dès l'an prochain. Mais l'adoption de l'initiative issue des milieux patronaux ne fait pas pour autant du canton de Vaud un paradis fiscal: malgré l'allègement, la charge fiscale vaudoise demeure supérieure à la moyenne suisse.
La population vaudoise restera toujours l'une des plus taxées de Suisse. C'est surtout pour les contribuables de la classe moyenne, de la classe moyenne supérieure et des classes plus aisées que la pression fiscale demeurera élevée dès 2027.
Malgré la baisse de 12% des impôts sur le revenu et la fortune – une diminution d'une ampleur très rare – la charge fiscale vaudoise se maintiendra au-dessus de la moyenne nationale.
Selon différents indices, le canton de Vaud est l'un des trois cantons, avec Genève et Bâle-Ville, dans lesquels la fiscalité est la plus lourde. Il continuera de figurer dans le peloton de tête pour les contribuables à partir de 100'000 francs de fortune ou de revenu imposable.
>> Lire aussi : La population vaudoise accepte l'initiative fiscale des 12% réclamant une baisse d'impôts
Une nouvelle offensive pour alléger davantage les impôts des personnes physiques n'est pas dans l'immédiat à l'agenda des milieux économiques et de la droite. C'est surtout le système de barèmes introduit en 1987 qui se trouve dans leur viseur. Il aura droit à une réforme avec l'application de l'imposition individuelle pour les couples mariés. Les cantons vont devoir mettre en œuvre ce projet accepté par le peuple suisse en mars dernier. Ils ont jusqu'au 1er janvier 2032 pour le faire.
Dès la prochaine législature, à l'été 2027, la question de la fiscalité ne tardera donc pas à se retrouver sur la table des autorités vaudoises, qui plus est dans un contexte financier particulièrement difficile.
>> Les explications dans Forum :
Une tendance romande
En Suisse romande, le canton de Vaud n'est pas le seul à devoir se serrer la ceinture. Et ce n'est pas le seul non plus à faire face à la perspective d'une baisse d'impôts.
Diminuer la charge fiscale de certains contribuables est une tendance dans plusieurs cantons romands, où les taxes sont souvent plus élevées que du côté alémanique. A Genève, une baisse d'impôts de 8% en moyenne est effective depuis 2025. Mais face à une situation financière très compliquée, le canton envisage tous les scénarios, y compris une augmentation des impôts, comme l'a récemment rappelé Nathalie Fontanet, le ministre genevoise des Finances.
En Valais, ce que le Grand Conseil définit comme la classe moyenne a droit à des allègements fiscaux depuis l'an dernier. Les autorités permettent aussi plus de déductions.
Une révision de la loi est au programme dans le canton de Berne pour soulager les revenus considérés comme moyens et modestes. Les contribuables concernés pourraient bénéficier de baisses d'impôts jusqu'à 20% dans certains cas. Cette révision entrera progressivement en vigueur dès 2027.
Quant à Neuchâtel, des représentants de l'UDC, du PLR et du Centre ont déposé en juillet 2025 une initiative pour réduire le barème d'imposition des personnes physiques de 10% d'ici 2030.
>> A revoir également dans le 12h45 :
Julien Trachsel/ami
La réforme du bouclier fiscal tombe à l'eau après le vote sur la baisse d'impôts
Les Vaudoises et les Vaudois ont voté en faveur d'une baisse d'impôts de 12%. Cette décision, qui entraînera une perte de 262 millions de francs pour le canton, devrait pousser le Conseil d'État à abandonner la réforme du bouclier fiscal prévue. Une mesure qui devrait permettre au canton d'économiser 20 millions de francs par an. Les communes, elles, devraient en économiser 10 millions.
Le bouclier fiscal, qui concerne les contribuables les plus fortunés – entre 1000 et 4000 personnes –, avait fait l'objet d'une réforme en 2021 après que l'État eut découvert des erreurs de taxation favorisant ces derniers pendant plus de dix ans. Dès 2024, les premières corrections avaient entraîné une augmentation des impôts pour les riches contribuables, ce qui avait suscité des plaintes et révélé de nouvelles erreurs.
Face à ces complications, le Conseil d'État avait proposé un retour à l'ancien système de taxation, plus avantageux pour les grandes fortunes, mais qui aurait coûté 20 millions de francs supplémentaires par an au canton.
Pour éviter un double impact sur ses finances, le Conseil d'État avait donc conditionné le sort du bouclier fiscal à celui de l'initiative pour la baisse d'impôts. En choisissant de réduire les impôts, les Vaudois ont également décidé de maintenir le bouclier fiscal tel qu'il est actuellement. Ceci permet au canton d'éviter des pertes supplémentaires de 20 millions de francs par an, tandis que les communes économiseront environ 10 millions de francs.
>> A écouter le sujet dans le 12h30 :
KEYSTONE - JEAN-CHRISTOPHE BOTT