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Le Canada ripostera “au dollar près” après l’échec de l’accord commercial avec les États-Unis.

Après deux semaines de présence à Washington avec l’objectif de finaliser un accord commercial visant à éviter des droits de douane de 50 % sur de nouveaux produits canadiens, le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, rentrent à Ottawa sans résultat. Le Canad46a a en effet mis fin aux pourparlers. Ceux-ci “ont échoué à la dernière minute vendredi soir [le 21 août], relançant la guerre commerciale nord-américaine. Et Ottawa s’engage à riposter aux droits de douane imposés par Washington”, résume CNN.

Une nouvelle série de droits de douane est donc entrée en vigueur samedi 22 août à minuit. “Ces droits de 50 % s’appliquent sur une variété de produits canadiens, du miel aux bâtons de hockey en passant par les huiles essentielles et les produits laitiers”, liste Le Devoir. Ces centaines de produits, qui comprennent aussi des alcools, des équipements électroniques ou encore des vêtements, pèsent “environ 28 milliards de dollars” canadiens (soit 17,42 milliards d’euros) dans la balance commerciale canadienne, précise le quotidien québécois.

Une relation commerciale détériorée

Dans un communiqué publié sur X, le Premier ministre canadien Mark Carney justifie sa décision de mettre fin aux négociations à quelques heures de l’échéance fixée par Donald Trump : “Les modifications de dernière minute apportées aux conditions proposées par les États-Unis étaient inéquitables, non rentables et remettaient en cause la fiabilité de tout accord.”

Il y annonce aussi une riposte dollar pour dollar aux nouveaux tarifs douaniers américains.

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a de son côté dénoncé sur le même réseau social l’attitude de ses voisins, dont les “nouvelles exigences et les reniements d’autres engagements ont bouleversé le fragile équilibre atteint ces derniers jours”. Il a rappelé dans son message que l’accord devait aussi mettre en place “des réductions tarifaires importantes sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et le bois de construction [canadiens]”, ainsi qu’“un partenariat historique en matière économique et de sécurité nationale”.

“Ce dernier bras de fer est le résultat d’une relation commerciale qui n’a cessé de se détériorer depuis le retour de Trump au pouvoir”, analyse CNN. En juin 2025, le président américain avait doublé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens. Le Canada avait réagi avec des contre-mesures couvrant plus de 90 milliards de dollars d’exportations américaines lesquelles ont été assouplies quelques mois plus tard. Mais, selon le média américain, Trump serait resté “irrité” par le maintien des interdictions d’importation d’alcool américain de certaines provinces.

D’ailleurs ces nouveaux droits de douane de 50 % sont une réponse aux contre-mesures canadiennes, Trump s’appuyant sur l’article 338 de la loi tarifaire datant de la Grande Dépression qui autorise la Maison-Blanche à sanctionner les pays qui discriminent les produits américains (dans le cas présent, l’alcool, les produits laitiers et les voitures).

Des répercussions économiques limitées pour le Canada

A priori les répercussions économiques resteront “limitées”, avance The Globe and Mail. Car ces droits de douane “ne concernent que 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, et leur incidence sur le produit intérieur brut du Canada est relativement faible”, poursuit le journal de référence de Toronto.

Reste qu’avec une économie fragile depuis le début de l’année 2026, certains secteurs s’inquiètent. “Environ 20 % de la production et des emplois dans des industries comme l’habillement et l’équipement électrique” pourraient être concernés, d’après une analyse économique citée par The Globe and Mail.

Surtout, le quotidien craint que “cela n’augure rien de bon” pour les négociations de l’accord Canada–États-Unis–Mexique (Aceum). En juillet, les États-Unis avaient refusé de renouveler l’accord pour 16 années supplémentaires, instaurant à la place une période de révision annuelle du traité jusqu’à son expiration, prévue en 2036.