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La vie d'Amir et de sa famille brisée après avoir été percuté par un chauffard récidiviste : "En quelques secondes, notre petit garçon a tout perdu"

Le destin réservé à Amir est aussi tragique qu'injuste. Le 27 avril 2025, la vie de ce petit garçon, alors âgé de six ans, bascule. Ce soir-là, vers minuit et demi, il se trouve dans le véhicule familial lorsque celui-ci est violemment percuté sur le ring de Bruxelles, à hauteur d'Anderlecht, par un conducteur récidiviste, en sursis, sous effet d'alcool et de drogue.

Après avoir vu leur enfant convulser sous leurs yeux, sombrer dans le coma et subir plusieurs opérations cérébrales lourdes, sa maman et son beau-papa doivent aujourd'hui mener un combat supplémentaire : celui face aux assurances, aux mutuelles et à des démarches administratives incessantes.

"Je ne l'ai pas quitté une seule nuit. Je lui ai promis, pendant son coma, que j'allais rester près de lui en permanence, et j'ai assisté à toutes ses interventions. J'ai tout vu, y compris les drains à l'intérieur de son crâne. On est passé par des choses très lourdes. Depuis l'accident, je ne cesse de me battre pour aider mon enfant à récupérer, à garder le moral mais aussi à faire valoir ses droits", nous fait part Siham, la maman d'Amir.

L'homicide routier sera reconnu dans le Code pénal

"Quand Amir a commencé à timidement ouvrir les yeux, nous nous sommes très rapidement rendu compte de son état végétatif. Il avait perdu toutes ses facultés physiques et mentales. Il était méconnaissable et n'arrivait même plus à nous suivre du regard, ni même à nous reconnaître. Nous constations de lourdes séquelles, entre autres : incontinence, perte du langage et de la mémoire, plus aucune motricité dont une hémiplégie droite, etc.", se remémore Joffrey, son beau-papa. "De plus, après de longs mois à être resté alité, Amir avait perdu environ 70 % de sa masse musculaire. C'était difficile à voir pour nous ! "

Le 4 juin 2025, Amir a quitté l'HUDERF pour entamer une nouvelle étape essentielle de son parcours : celle de la revalidation. Il a alors été transféré au Centre neurologique William Lennox, à Ottignies-Louvain-la-Neuve, où il a été hospitalisé durant 13 mois. "Pendant cette longue période, Amir a bénéficié d'un accompagnement multidisciplinaire et d'une rééducation, avec pour objectif de retrouver progressivement ses capacités et de poursuivre, jour après jour, son chemin vers davantage d'autonomie", poursuit Siham.

Un stage intensif à 30.000 euros

"À sa sortie du Centre neurologique William Lennox, le 3 juillet 2026, j'ai fait le choix de poursuivre ce combat en inscrivant Amir à un stage intensif de rééducation de six semaines dans un centre spécialisé à Anvers", poursuit-elle. "Ce programme est essentiel pour poursuivre les progrès accomplis, mais le financement n'est malheureusement pas pris en charge par les assurances. Ce stage représente un coût élevé, près de 30.000 €. Je n'ai pas pu faire autrement que de créer une cagnotte GoFundMe, et je me bats avec mon homme pour lui donner toutes les chances de continuer à progresser."

"Le chauffard a la chance de pouvoir rentrer chez lui tous les soirs"

"La mise en place de cette cagnotte nous a demandé énormément de temps, d'énergie et de courage. J'ai dû exposer notre intimité, me mettre à nu, partager des images d'Amir dans les moments les plus difficiles de sa vie, alors que je n'aurais jamais souhaité rendre cela public. Mais lorsqu'il s'agit de donner toutes les chances à son enfant, on ravale sa pudeur et on fait ce qu'il faut", ajoute Siham.

La greffe du volet crânien d'Amir ne prend pas

Au-delà des obstacles rencontrés au quotidien, règne aussi un profond sentiment d'injustice. "En attendant son procès, le chauffard n'a écopé que d'un retrait de permis et, tous les jours, il a la chance de pouvoir rentrer chez lui et auprès des siens. De notre côté, cela fait seize mois que l'on vit entre les hôpitaux et les centres, loin et séparés de notre famille. La condamnation de la Justice belge contre ces individus doit être beaucoup plus marquée et sévère", confie Siham.

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Le combat est loin d'être terminé. Actuellement, la greffe du volet crânien d'Amir ne prend pas. Au mois d'octobre, il devra à nouveau être opéré. "On va devoir revivre, une nouvelle fois, une étape douloureuse et connue : raser ses cheveux alors qu'Amir veut garder ses cheveux longs, lui placer un volet crânien artificiel, refermer avec une trentaine d'agrafes. On s'apprête encore à vivre un moment hyper délicat, anxiogène, rempli de peur et de doute. Amir n'en a pas encore conscience, nous allons devoir lui expliquer cette nouvelle intervention", ajoute Joffrey.

Un événement pour sensibiliser aux ravages de l'alcool et la drogue sur la route

Afin de soutenir la famille d'Amir, Martin Geunens, un artiste beatboxer belge alias Supernova, proche de la famille, organise avec un ami (Ghiizmomc) l'événement caritatif "Beat Dance Battle" pour sensibiliser aux ravages de l'alcool et de la drogue sur la route. L'événement, mettant à l'honneur de jeunes danseurs et beatboxers, se tiendra ce vendredi 28 août au Motown Concert, à Saint-Josse, de 15h30 à minuit. Amir et sa famille y seront également présents.

"Cet événement est ouvert à tous ! Chaque personne touchée par l'histoire d'Amir est la bienvenue pour partager ce moment convivial et de solidarité. Ce moment solidaire sera entièrement dédié à soutenir la rééducation neurologique d'Amir", conclut Martin avec enthousiasme.

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