La statistique qui devrait accabler Fabian Ruiz mais révèle son intelligence
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Fabian Ruiz affiche une donnée presque incompréhensible pour un milieu de terrain. Celle-ci démontre pourtant toute son intelligence tactique.
À première vue, la donnée ressemble à une terrible accusation contre Fabian Ruiz. La saison dernière, aucun joueur de Ligue 1 n’a disputé aussi peu de duels que le milieu du PSG. Un constat presque incompréhensible pour un élément évoluant au cœur du jeu, là où les contacts sont théoriquement permanents. Pourtant, ce chiffre ne traduit ni un manque de courage ni un refus de l’effort.
Seulement 3,9 duels disputés toutes les 90 minutes
Fabian Ruiz n’en a disputé que 3,9 par match en moyenne. Cette statistique illustre avant tout son intelligence dans les déplacements. L’Espagnol anticipe si bien les mouvements de ses partenaires et de ses adversaires qu’il reçoit souvent le ballon sans pression directe. « Il n’a pas de qualité très forte, il est surtout très intelligent dans ses déplacements, par rapport à l’adversaire et au partenaire », observe l’ancien Parisien Vincent Guérin.
Cette intelligence de placement est justement l’une des qualités qui ont rendu Fabian Ruiz presque indispensable dans l’équilibre du PSG. Cette capacité à éviter l’affrontement lui permet de contrôler, de transmettre rapidement et de rester constamment disponible. Il court beaucoup, mais effectue peu de sprints à très haute intensité. Son activité consiste surtout à équilibrer le bloc, combler un espace libéré ou offrir une solution au porteur.
Même dans les airs, où il ne remporte qu’environ la moitié de ses duels malgré son 1,89 m, sa priorité peut être de favoriser la récupération du deuxième ballon plutôt que de gagner directement le premier.
Un joueur qui fait gagner sans se faire remarquer
Fabian Ruiz est ainsi devenu indispensable à Luis Enrique sans posséder le profil le plus spectaculaire du PSG. « Avec un joueur comme ça dans l’équipe, tu sais que tu as plus de chances de gagner », résume Guérin. Khvicha Kvaratskhelia avait d’ailleurs récemment comparé sa compréhension du jeu à celle de Sergio Busquets, soulignant lui aussi cette capacité à influencer une rencontre sans forcément attirer le regard.
Luis Enrique a lui-même fait de son compatriote l’un des rouages essentiels de son entrejeu. Son étonnante série de 52 matchs sans défaite avec l’Espagne confirme cette influence discrète. Le paradoxe est saisissant : la statistique qui pourrait le faire passer pour un milieu fuyant démontre surtout qu’il comprend l’action avant les autres. Fabian Ruiz ne gagne pas beaucoup de duels parce que, bien souvent, son placement lui évite d’avoir à les disputer.