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Aujourd'hui l'économie - La souveraineté alimentaire au coeur de la crise agricole mondiale

La journée mondiale de l'alimentation ce vendredi 16 octobre se déroule la veille de l'ouverture du Salon international de l'alimentaire (SIAL) de Paris. Alors que le spectre d'une crise alimentaire mondiale se profile, la question de la « souveraineté alimentaire » revient sur le devant de la scène, alors que les prix agricoles mondiaux ont augmenté de 13 % au troisième trimestre selon la FIDA (Fonds international de développement agricole).

Après un été marqué par la sécheresse et un contexte géopolitique qui fait flamber le prix des denrées et de la production agricole, le constat pour le secteur alimentaire mondial est alarmant. L'ensemble de la chaîne de production est touché, du paysan jusqu'au consommateur. Les prix de l'énergie flambent et font exploser les coûts de production, les rendements quant à eux baissent avec certaines parcelles parfois détruites à 100 %.

Ainsi, la France se dirige vers sa pire récolte de maïs depuis 50 ans alors que la Roumanie a perdu plus d’un million d’hectares de cultures cet été. Or, le coût de l'inaction face au dérèglement climatique est largement supérieur à celui de l'investissement dans la prévention et l'adaptation. Selon un rapport de la Commission européenne, l’agriculture européenne perd en moyenne 28 milliards d’euros par an à cause des aléas climatiques. Le phénomène El Niño, annoncé cette année avec une intensité inédite, pourrait perturber encore plus la chaîne de production agricole et aggraver l’insécurité alimentaire.

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Les modèles de production en question 

L'insécurité alimentaire touche quelque 260 millions de personnes dans le monde, selon les chiffres de l'ONU. Le taux d'autosuffisance alimentaire des pays est lui en constante baisse. 

Plus d'un tiers des pays dans le monde sont en incapacité d'assurer leur autosuffisance alimentaire aujourd'hui sous l'effet notamment du changement climatique et de la mondialisation. Les conflits prolongés et les tensions géopolitiques perturbent les approvisionnements en énergie, en intrants agricoles et les produits alimentaires. Selon le rapport mondial des crises alimentaires, la situation s’est détériorée dans quinze pays depuis une dizaine d'années, notamment le Bangladesh, le Kenya, Madagascar, la Somalie et le Nigeria, qui compte la plus grande population au monde en situation d’insécurité alimentaire aiguë, soit 36,3 millions de personnes.

Des risques de famine sont signalés en Somalie, et au Soudan, ainsi que dans la bande de Gaza, les zones de conflit étant les plus problématiques.

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Financements climatiques 

Contre l'insécurité alimentaire, le FMI préconise d'aider les ménages vulnérables via des transferts ciblés, ou des programmes d'alimentation scolaire. Mais il faudrait surtout faire en sorte que les systèmes deviennent plus résilients. Pour cela, limiter les importations est un premier levier qui s'avère essentiel en temps de hausse des prix de l'énergie et des intrants comme les fertilisants et les pesticides. Privilégier un modèle de proximité, cela fait partie de la réponse, afin de relier la production locale à l'assiette du consommateur. Pour cela, il faudrait une refonte profonde des surfaces agricoles et du foncier. Renouveler les générations d'agriculteurs vieillissantes, c'est un autre vaste chantier avec le fait de garantir notamment un revenu minimum aux agriculteurs. Assurer une meilleure répartition des aides et de la politique agricole commune, c'est aussi un élément essentiel. Et à tout cela, seules les politiques publiques pourront répondre.