Val-de-Ruz : la sécheresse décime les champignons d'été
Le manque de précipitations a des conséquences sur la pousse des champignons dans l'arc jurassien. Les chanterelles et les bolets d'été sont presque introuvables. La diminution du mycélium, la partie sous-terraine du champignon, affecte la forêt
La sécheresse persistante de cet été a un fort impact sur les champignons dans le canton de Neuchâtel. D'habitude nombreux en cette saison, les bolets, les russules ou les lactaires sont cette année difficiles à trouver.
>> Lire également : En raison de la sécheresse, les forêts ont "deux mois d'avance sur l'automne"
"Le mycélium, la partie végétative du champignon composée des fins filaments qui se trouvent dans le sol, est sensible à la sécheresse. Il sèche lors des longues périodes comme cet été", détaille dans le 19h30 François Freléchoux, président technique de la Société mycologique des montagnes neuchâteloises.
"Probablement que la biomasse de champignons s'est réduite de moitié ou de trois-quarts", estime-t-il. Cette diminution affecte la forêt. Certains champignons vivent en symbiose avec les arbres, avec lesquels ils s'échangent des nutriments. La souffrance des uns influence le bien-être des autres.
Récolte d'automne encore possible
François Freléchoux cite l'exemple du mycena renati, un champignon qui sent le chlore. "C'est un saprophyte, le groupe de champignons qui dégradent la matière organique, ici le bois. Ces champignons sont très importants, parce que s’ils n’existaient pas, on ne pourrait pas pénétrer dans la forêt."
Le monde des champignons reste méconnu. On estime que seules 10% des espèces ont été décrites. "On connait mal comment la partie végétative du champignon survit dans le sol, on ne sait pas comment elle se reforme après une sécheresse. Le sol est un peu une boîte noire", explique le spécialiste des champignons.
"Dès que l’humidité revient, ces mycenas peuvent se reformer très facilement", précise-t-il. Il est dès lors impossible donc de pronostiquer les récoltes de cet automne. Tout dépendra des précipitations.
Léa Jelmini/asch