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La saison est « très bien partie » : sur la Côte d’Azur, la célèbre plage de la Mala continue d’attirer un grand nombre de touristes malgré les travaux

Dès 10 h 30, on peut voir sur la plage de la Mala les serviettes recouvrir peu à peu une large partie du sable. Des familles ou des groupes d’amis sont venus du monde entier pour profiter de la légère brise du matin alors que le thermomètre affiche déjà 30 degrés.

Malgré les travaux qui ont modifié le visage du site, la célèbre plage de Cap-d’Ail conserve son pouvoir d’attraction. La saison est même « très bien partie », se réjouit le maire de la commune, Xavier Beck, qui constate une affluence supérieure à celle de la plage Marquet.

Une fréquentation sur la plage dite « publique » qui s’explique aussi par une offre d’établissements balnéaires privés – bénéficiant d’une sous-concession de la mairie – réduite. Un seul d’entre eux est ouvert cet été, l’Eden Plage.

La Réserve de la Mala, deuxième établissement habituellement installé sur site, a engagé d’importants travaux. Son exploitation n’a donc pas repris cette saison. Une situation bénéfique pour son concurrent ? Oui et non. Si la plage privée de l’Eden n’est pas particulièrement assaillie par les clients, la restauration tourne à plein régime. « On a eu plus de fréquentation sur ce début de saison », confirme Alexandra Grass, responsable de la plage de l’Eden depuis deux ans.

La fréquentation de l’Eden Plage n’a pas particulièrement profité de l’absence de concurrence cette année.
La fréquentation de l’Eden Plage n’a pas particulièrement profité de l’absence de concurrence cette année.
Loris Chair

La conséquence est directe : davantage de rotations de tables et une organisation resserrée. « Parfois on a vraiment du monde à midi. On doit alors s’organiser en deux voire trois services », explique la responsable.

L’établissement, qui avait ouvert dès les vacances de Pâques, accueille une clientèle très cosmopolite. « Canada, Émirats arabes unis, Europe, États-Unis, etc. C’est un melting-pot de nationalités », énumère Alexandra Grass.

Proche du restaurant, Eugene, baigneur, en est un bon exemple. Venu de Moldavie avec sa famille, il fait étape sur la Côte d’Azur avant de poursuivre vers le Portugal. « C’est un long voyage mais nous voulions nous arrêter ici, pour découvrir une très belle plage et être proche de Monaco pour visiter ».

Des travaux qui changent l’ambiance

Paradoxalement, la fermeture de la Réserve de la Mala n’a pas entraîné une hausse des réservations de matelas à l’Eden Plage. « Le monde attire le monde », estime Alexandra Grass. Selon elle, la fréquentation globale paraît inférieure à celle des années précédentes, même si elle n’attribue pas ce recul aux seuls travaux.

Le contexte international entraînant une présence américaine parfois moins forte ou encore la Coupe du monde de football peuvent également influencer, d’après la responsable, les flux touristiques.

Le chantier est bien visible depuis la plage, dénaturant quelque peu son paysage.
Le chantier est bien visible depuis la plage, dénaturant quelque peu son paysage.
Loris Chair

La vue offerte depuis la plage laisse les baigneurs ébahis entre les falaises et la végétation. Mais, si l’on inverse la focale, la vue sur les travaux de la plage, peut être préjudiciable pour un certain type de touristes. « Il y a peut-être moins de bateaux qui s’arrêtent avec cette vue qui n’est pas celle des années passées », suppose Alexandra Grass.

Un nouveau visage en 2027

La situation doit évoluer l’an prochain. Trois établissements seront ouverts : l’Eden, la Réserve de la Mala et le snack – lancé par la mairie, sous la forme d’une délégation de service public. « Les familles pourront se restaurer dans un établissement aux tarifs plus abordables », assure le maire, Xavier Beck.

Le site sera également rénové et modernisé. Un passage en bois est notamment prévu pour embellir et sécuriser la traversée de la plage.

Pour la commune, l’enjeu est double. Il y a bien sûr la rénovation globale mais aussi la perception des redevances. La ville supportait jusqu’ici des frais de surveillance et d’entretien importants sans percevoir de fonds de la part des établissements. Or, depuis que la mairie a obtenu la concession de la plage cette année, les deux restaurants verseront une part à la municipalité.

Ces nouveautés sont bien accueillies par l’Eden. « Cela va permettre d’élargir les profils des visiteurs en diversifiant l’offre. J’espère que cela aura un impact positif pour nous aussi », imagine Alexandra Grass, optimiste pour la saison à venir.

Finir l’été en toute sécurité

Entre les travaux et la fréquentation estivale, la mairie de Cap-d’Ail a renforcé la surveillance du site. « C’est sans doute l’une des plages les plus célèbres de la Côte d’Azur, c’est bien normal que nous mobilisions les moyens adaptés pour assurer la sécurité sur le site », explique Xavier Beck.

Dans les faits, deux secouristes sont mobilisés pendant toute la saison (du 1er juin au 30 septembre) avec l’appui de deux CRS durant les mois de juillet et d’août pour assurer la sécurité, quelle que soit la situation.

La fin du mois de juillet ne marque pas la fin de la saison. Au contraire, « on devrait avoir un très bon niveau de fréquentation jusqu’au 20 août avec une clientèle de plus en plus française, avant d’accueillir un public, peut-être plus âgé, qui veut profiter de plus de calme en venant en septembre, où il fait encore très beau », prévoit la responsable de l’Eden Plage.