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La répartition de la matière noire dans l’Univers se précise

Au sommaire de "La planète des Sciences" : une carte qui précise la répartition de la matière noire dans l'Univers, la découverte de la plus ancienne peinture préhistorique connue à ce jour et des chimpanzés qui dessinent avec un style qui leur est propre...

Une nouvelle carte précise la répartition de la matière noire dans l’Univers

C’est une des plus grandes énigmes de la physique. L’ensemble de la matière que nous connaissons faite d’atomes représente seulement 15 % de la matière totale qui compose l’Univers. Les 85% restant sont ce que l’on nomme la matière noire. Une matière invisible totalement inconnue. On ne sait pas de quoi elle est faite. Mais les scientifiques sont persuadés qu’elle est là. Son existence est nécessaire pour expliquer que l’Univers se comporte tel qu’on le voit. Si les galaxies tournent à cette vitesse sans se disloquer c’est grâce aux effets gravitationnels de cette matière invisible.

Où se trouve cette mystérieuse matière noire ? Des astrophysiciens viennent de répondre à cette question avec une précisons jamais atteinte. On ne peut pas voir directement la matière noire mais il est possible de déduire sa présence de façon indirecte. Cette matière invisible dévie la lumière des galaxies lointaines par ses effets gravitationnels. Et c’est en analysant ces déviations de lumière observées avec le télescope James Web, que les scientifiques ont pu établir une carte précise de la répartition de cette matière inconnue dans une petite partie de l’Univers.

La carte réalisée montre que la matière noire et la matière visible sont toujours aux mêmes endroits. Là où il y a des groupements de galaxies, il y a des amas de matière noire. Ce travail de cartographie devrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement et l’évolution de l’Univers. Mais il ne résout pas la principale énigme : on ne sait toujours pas de quoi est faite la matière noire.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans Nature astronomyOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet et un article du DevoirOuverture dans un nouvel onglet

La plus ancienne peinture préhistorique connue à ce jour a 67 800 ans

La découverte a été faite sur la paroi d’une grotte en Indonésie sur l’île de Sulawesi. Il s’agit d’une main en négatif, faite au pochoir. Il faut avoir l’œil pour la voir. Ses contours sont très estompés et elle est en partie recouverte par d’autres peintures plus récentes. Selon les analyses, cette main peinte date d’au moins 67 800 ans ce qui en fait de loin la plus ancienne peinture rupestre de l’histoire de l’humanité. A titre de comparaison les fresques de Lascaux ont 22 000 ans. Elles sont 3 fois plus jeunes. Celles de la grotte Chauvet sont datées de 36 000 ans soit 30 000 ans de moins que la main découverte en Indonésie.

C’est bien un homo Sapiens qui a fait cette peinture. Et sa main nous montre un chemin, ou en tous cas l’un des chemins que nos ancêtres ont empruntés pour gagner l’Australie. On sait que notre espèce sortie d’Afrique a atteint la pointe Sud-Est de l’Eurasie il y au moins 80 000 ans. La présence de Sapiens est attestée en Australie 15 000 ans plus tard. Entre temps, cette main au pochoir confirme qu’il est passé par l’île indonésienne de Sulawesi.

Cette peinture et d’autres un peu moins anciennes, découvertes dans la région nous invitent aussi à décentrer notre regard d’Européens. Comme le rappelle le préhistorien Jean-Michel Geneste à nos confrères du Monde : « La préhistoire comme discipline scientifique est née en Europe, mais le point chaud original de l’art se trouve en Indonésie ».

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans NatureOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet et un article du MondeOuverture dans un nouvel onglet

Les chimpanzés dessinent avec un style qui leur est propre

Pendant plusieurs années, des chercheurs ont régulièrement mis à la disposition de chimpanzés du matériel pour qu’ils puissent dessiner librement. Ils ont ensuite analysé près de 500 dessins réalisés par 6 singes sur une période de 8 ans. Il ressort de leur étude que chaque chimpanzé a un style de dessin qui lui est propre et qu’il conserve dans le temps.

Par exemple, l’un remplit sa feuille de petits points compacts en grappe, un autre préfère tracer des courbes et des triangles, un autre encore dessine de grands motifs en éventail. Ces chimpanzés sont dotés d’une forme de personnalité esthétique stable qui gagne en technicité avec le temps mais reste singulière. C’est la première fois que l’on démontre la stabilité d’un style graphique individuel chez un primate non humain. Je ne sais pas si l’on peut les qualifier d’artistes, en tous cas ils ont chacun leur patte.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans PrimatesOuverture dans un nouvel ongletOuverture dans un nouvel onglet et un article de The conversationOuverture dans un nouvel onglet