La région de Moscou visée par plus de 390 drones, Zelensky attendu à la Maison-Blanche
La région de Moscou a été visée dans la nuit par plus de 390 drones, a indiqué mardi le maire de la capitale russe, causant des dégâts sur des habitations selon les autorités, avant une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche.
MDV
Source: Avec AFP/Belga
28 juillet 2026, 07:16
Ajoutez-nous à vos favoris Google
“Plus de 390 drones se sont dirigés vers la région de Moscou” et “la plupart ont été neutralisés bien avant d’atteindre la ville”, a écrit Sergueï Sobianine sur Telegram, précisant que “81 drones ennemis (avaient) été détruits alors qu’ils s’approchaient de Moscou”.
Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobyov, a signalé sur le même réseau social un immeuble et des maisons endommagées, sans signaler pour l’heure de victime.
Zelensky attendu à la Maison-Blanche
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu mardi à la Maison Blanche pour s’entretenir avec Donald Trump et tenter une nouvelle fois de gagner le soutien de son homologue américain face à la Russie.
Cette visite prévue à 09H30 (13H30 GMT) intervient au moment où l’Ukraine et la Russie font monter en puissance leurs frappes de longue portée, tandis que les efforts diplomatiques déployés par les États-Unis sont au point mort, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe.
Les relations entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump ont longtemps été tendues, parfois houleuses, mais le président américain a fait montre ces dernières semaines de davantage de complaisance envers M. Zelensky.
Un responsable de la Maison-Blanche a annoncé vendredi à l’AFP que les deux hommes se verraient à Washington mardi, le jour même de l’hommage prévu pour le sénateur Lindsey Graham, un fervent défenseur de la cause ukrainienne, mort le 11 juillet à 71 ans.
“Nous nous préparons à une rencontre avec le président des États-Unis et son équipe”, a de son côté souligné M. Zelensky, disant espérer que Washington “continuera à soutenir l’Ukraine et que nous pourrons mettre fin à cette guerre par une paix digne”.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a en grande partie interrompu les livraisons directes d’armes américaines à Kiev, leur préférant le programme PURL qui permet aux Européens d’en acheter pour ensuite les transférer à l’Ukraine.
Les États-Unis restent malgré tout un allié majeur de l’Ukraine : ils lui fournissent notamment des renseignements et un accès au système Starlink qui assure les communications de son armée sur le front.
“Un travail formidable”
Pendant une précédente entrevue à Washington, en octobre 2025, Volodymyr Zelensky n’était pas parvenu à convaincre Donald Trump de livrer à l’Ukraine des missiles de croisière Tomahawk.
Et au cours d’une réunion restée dans les mémoires, en février 2025, les deux présidents avaient eu une dispute devant les caméras dans le bureau ovale, M. Trump accusant alors M. Zelensky d’ingratitude et de “jouer avec la Troisième Guerre mondiale”.
Le président américain a ultérieurement changé d’attitude et, à l’occasion de leur dernier entretien début juillet en Turquie, il a adressé des mots d’encouragement à son homologue ukrainien, déclarant qu’il faisait “un travail formidable”.
Il a aussi fait part de sa volonté d’autoriser l’Ukraine à produire des missiles antiaériens Patriot, dont elle manque cruellement, pour parer aux frappes russes.
Autre signe de détente, des influenceurs américains proches de la galaxie MAGA tels que Laura Loomer et Tim Pool ont récemment apporté leur soutien à l’Ukraine, après avoir été longtemps opposés à l’aide à ce pays.
Volodymyr Zelensky s’était entretenu la semaine dernière avec les émissaires de Donald Trump - Steve Witkoff et Jared Kushner - afin de “redynamiser la diplomatie” à l’arrêt depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
Les précédentes tentatives américaines de médiation entre Moscou et Kiev n’avaient pas abouti en raison de désaccords sur l’épineuse question des territoires ukrainiens revendiqués par la Russie.
En froid avec Moscou
Les relations entre Moscou et Washington se sont, quant à elles, refroidies ces derniers temps, après des initiatives des États-Unis qui s’étaient traduites par une invitation en Alaska de Vladimir Poutine par Donald Trump pour un sommet en août 2025.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti lundi que des discussions sur un cessez-le-feu dans les airs soient en cours. Début juillet, il avait averti que l’intensification des frappes ukrainiennes en Russie ne ferait que “prolonger” la guerre.
Ces dernières semaines, l’Ukraine a multiplié les attaques sur des raffineries et les dépôts pétroliers russes, provoquant une crise du carburant. Elle a ciblé des cargos en mer d’Azov et plusieurs entrepôts du géant russe de l’e-commerce Wildberries.
La Russie poursuit pour sa part ses bombardements massifs et a mis à l’arrêt les exportations agricoles maritimes ukrainiennes en frappant à répétition le port ukrainien d’Odessa et des navires qui l’utilisent.
Au cours d’une rencontre à Manille la semaine dernière, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a mis en garde son homologue américain Marco Rubio contre la poursuite des livraisons d’armes à l’Ukraine.
Première réunion entre les deux hommes depuis septembre 2025, celle-ci n’avait duré qu’une trentaine de minutes. Après quoi, M. Rubio avait réitéré la volonté de Washington de jouer un rôle “constructif” pour mettre fin à la guerre mais s’était montré circonspect face aux propositions de Moscou.
La dernière conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump remonte au 5 juillet.