« La position belge n’a pas changé depuis un an » : Maxime Prévot réaffirme l’opposition à l’utilisation des avoirs russes
Quelque 210 milliards d’euros d’avoirs russes sont gelés dans l’UE depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. L’utilisation de cette manne a été en particulier vivement contestée par la Belgique où se trouvent 90% de ces avoirs, gérés par la société Euroclear

Par Belga et AFP Publié le 2/09/2026 à 19:07 Temps de lecture: 2 min
Le nouvel appel lancé par plusieurs Etats membres de l’Union européenne en faveur de l’utilisation des actifs russes immobilisés «n’a suscité que peu d’enthousiasme ou d’intérêt auprès de mes collègues», a constaté mercredi le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot à l’issue d’une réunion informelle avec ses homologues européens en Irlande.
La semaine dernière, la Pologne, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède avaient adressé une lettre à la Commission européenne pour lui demander d’explorer de nouvelles pistes permettant d’utiliser les actifs de la banque centrale russe, immobilisés dans le cadre de sanctions européennes, afin de soutenir l’Ukraine. La Belgique est particulièrement concernée par cette question, car la majeure partie de ces 200 milliards d’euros sont logés chez Euroclear, une institution financière basée à Bruxelles. Le gouvernement belge s’oppose à une utilisation de ces actifs, craignant les risques financiers et juridiques d’une telle manœuvre.
«J’ai souligné que la position belge n’avait pas changé depuis un an», a déclaré M. Prévot (Les Engagés) à l’issue du débat qui s’est tenu à Wicklow, en Irlande. «Les raisons de notre opposition n’ont pas disparu comme par miracle depuis lors. Il est très risqué de les utiliser (les actifs, NDLR) par le biais d’une procédure s’apparente à une confiscation», a déclaré le vice-Premier ministre. Il a réitéré qu’il valait mieux maintenir ces avoirs gelés jusqu’à ce que la Russie ait indemnisé l’Ukraine pour les dommages de guerre.
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« Nous allons poursuivre les discussions »
M. Prévot s’est néanmoins montré conscient des besoins financiers à court terme de l’Ukraine, notamment pour l’achat de matériel militaire pour l’année prochaine, qui doit être commandé et payé de toute urgence.
Kiev réclame dès lors également une accélération du versement du prêt de 90 milliards d’euros promis à la fin de l’année dernière, lorsque la piste consistant à utiliser les actifs russes immobilisés a été jugée insuffisamment soutenue.
Outre certains Etats membres, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, semble elle aussi continuer à privilégier la piste des avoirs russes. «La réponse idéale à la question de savoir d’où devrait venir l’argent, c’est la Russie, puisque c’est elle qui cause les dommages», a déclaré l’ancienne Première ministre estonienne.
«C’est pourquoi certains Etats membres ont proposé de rouvrir la discussion sur les avoirs gelés. Nous allons poursuivre les discussions», a-t-elle ajouté.