La pomme de terre sous toutes ses formes, et bien plus, chez Bonni qui a vu le jour en 1943 : "Avant, c'était le repas de tous les jours"
Il y a plus de huit décennies, en 1943, Albert Bonni reprenait le commerce de son frère, Aloys, et l'installait à La Calamine. "Le frère de mon grand-père avait un commerce de charbon et de pommes de terre. Il faisait du porte-à-porte. C'est comme ça que cela a débuté", retrace Nancy Bonni, représentante de la 3e génération.
"Lui a gardé l'activité ainsi et c'est vraiment mon père (NDLR : Joseph Bonni) qui a développé l'entreprise, qui a pris des risques et a réussi à convaincre la première grande surface, un UNIC à l'époque, et puis Central-Cash (NDLR: 1974). Quand j'étais enfant, notre entrepôt, situé là où se trouve aujourd'hui l'Aldi (NDLR : rue mitoyenne à Lontzen) , était rempli de tas de pommes de terre. Mon papa, il emballait, il lavait, il épluchait, il coupait les pommes de terre et il livrait les supermarchés dans toute la Wallonie !", se rappelle la patronne, âgée de 46 ans.
Un petit grossiste en pommes de terre et produits dérivés
"Comme il a toujours été très visionnaire, il a aussi compris qu'à un moment donné, on ne savait plus à la fois produire et distribuer avec les normes d'hygiène, l'AFSCA etc…, qui devenaient de plus en plus strictes." Quand Nancy Bonni rejoint la société familiale en 2005, cela fait ainsi déjà un moment qu'elle se concentre sur l'achat-vente.


Elle est institutrice de formation. "J'ai adoré l'enseignement, travailler trois ans avec les enfants, mais je suis commerçante à 100%. Je vendais mes cours!", sourit-elle. Vous l'aurez compris, après avoir fait ses armes pendant dix ans aux côtés de son papa et de sa compagne, en se testant à tous les postes, de commerciale, à celui de chauffeur-livreur, elle a également apporté sa touche.
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Aujourd'hui, Bonni livre principalement des frituristes, des restaurants, des homes, des hôpitaux, principalement en frites fraîches coupées achetées chez le spécialiste anversois, REMO, le produit phare. "On tourne deux à trois fois par semaine chez nos clients car elles se conservent six jours. Chaque jour, on est dans une autre région, de Liège à Cologne, en passant par Verviers."


Le mot d'ordre, cela reste le service à la clientèle quasiment 24 heures/24 et 7 jours/7. "On dépanne nos clients le week-end comme lors des carnavals etc. Je suis moi-même déjà allé livrer au Laetare de Stavelot. Ma voiture était pleine de confettis !" Les clients peuvent également venir se servir librement dans un frigo.
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Nancy Bonni avait ainsi senti le besoin de se diversifier pour garder sa clientèle, appâtée notamment avec les colis du début du mois à 10 €. Dernière idée en date de la cheffe, après le shop en ligne avec retrait possible en dehors des heures d'ouverture, c'est de participer au système circulaire de son producteur d'huile (Delizio). "J'attends encore d'avoir tous les permis d'environnement, puis on pourra commencer à reprendre les huiles usées chez nos clients. On est toujours motivés à aller de l'avant et à se moderniser!", conclut-elle.
L'entreprise Bonni en chiffres
- 3 000 C'est la superficie en m2, investie depuis 2 014 par l'entreprise familiale, au numéro 402 de la rue Mitoyenne à Lontzen Cela comprend 1 000 m2 de hall.
- 11 Bonni Pommes de terre compte 11 travailleurs, dont trois temps plein, trois flexis et trois étudiants. Ce sont des livreurs et/ou des vendeurs principalement car la patronne gère l'administratif avec un seul renfort.
- 30 L'entreprise livre entre 25 et 30 tonnes de produits dérivés de la pomme de terre par semaine aux professionnels, frituristes, homes et collectivités. Du côté du magasin, ce sont 20 tonnes par mois de patates qui s'écoulent.
- 2,5 En 2025, le chiffre d'affaires de l'entreprise s'élevait à 2,5 millions d'euros.
Militaire pensionné, Claudy a retrouvé une vie sociale chez Bonni

Claudy Pelzer, Jean-Claude de son nom officiel, s'épanouit dans un flexijob au sein de l'entreprise familiale.
"Be happy by Bonni", c'est la phrase qui accueille les clients sur le comptoir de la supérette. Et le vendeur, Claudy Pelzer, tout sourire ne dément pas l'adage.
Originaire de Liège, il habite aujourd'hui La Calamine après avoir beaucoup voyagé de par son métier, militaire, et a rejoint l'entreprise il y a deux ans, "Je venais d'être pensionné. Et être seul à la maison avec la TV, l'ordinateur, la préparation des repas pour madame, qui a encore quelques années de travail, cela a été quelques mois… Puis on s'ennuie!", glisse celui qui a ainsi commencé en flexijob à la livraison à 56 ans.
Avaler les kilomètres pour approvisionner les clients lui a ainsi permis de retrouver une vie sociale. "Quand on livre très tôt, on a les clefs ou les codes des friteries. Et quand on passe plus tard, on voit les patrons et on discute toujours un peu avec." Un poste assez physique souligne-t-il. "Par tournée, c'est quand même une histoire de 3-4 tonnes qu'on soulève, qu'on charge dans la camionnette, qu'on décharge etc."


Comme un poisson dans l'eau à la vente
Mais voilà, sa patronne a vite vu un autre potentiel en lui du côté de la vente. "Elle m'a dit: tu aimes bien parler, tu as la tchatche facile, est-ce que tu veux passer au magasin ?" Et il faut dire que malgré la barrière de la langue, Claudy évolue entre les sacs de pommes de terre, les gratins, les pâtes, les glaces, les boulets, les vinaigrettes, comme un poisson dans l'eau. "Ma maman provient de La Calamine, mon papa venait de Montzen, mais ils me parlaient français. J'ai été militaire en Allemagne et ma femme est de Moresnet et parle donc Allemand. J'améliore ma connaissance avec mes clients, pour la plupart germanophones. Et qui sont tous très compréhensifs."
Enfant, sa maman ne jurait que par les pommes de terre de chez Bonni."Même après avoir déménagé à Grivegné pour le travail de mon papa, elle lui demandait de s'arrêter en acheter quand il passait dans la région."
"Des collègues en or"
Au-delà de la vente, du contact avec les clients qu'il apprécie tant, Claudy s'active également pour décharger les camions, mettre en rayon, mais aussi nettoyer le magasin etc. " C'est une entreprise familiale. J'aime bien ce que je fais. On a des collègues en or. La patronne est aussi quelqu'un de très humain. Je me sens bien ici", insiste-t-il.
Vous ne le verrez ainsi jamais passer la porte en retard. "Sauf problème de voiture etc, j'arrive toujours bien à l'avance, vers 8 h 20 alors que je commence à 9 h 15. J'aime bien avoir le temps de fumer ma cigarette, de boire ma tasse de café etc. Les jeunes, eux, ils arrivent à l'heure moins une", sourit-il. Et de conclure. "C'est une question de génération. Ou aussi de mon côté militaire. C'est vrai "
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