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La méthode Standard : un mercato pensé en trois temps

Avec la RAAL, l'Union et Gand, le Standard figure parmi les clubs de Jupiler Pro League les plus actifs jusqu'ici durant ce mercato d'été. Ce vendredi, Rayan Touzghar (22 ans), milieu franco-marocain du FC Pau (Ligue 2), est devenu la sixième recrue des Rouches (contrat de 3 ans + 1), validant la deuxième phase du recrutement estival que l'on qualifiera de cohérent et prometteur. Quelles sont ces différences phases ? Comment le Standard structure-t-il son recrutement ? Et que promet la suite ? Voici la méthode liégeoise.

Trois phases

Certains ont pu s'en étonner, mais le mercato liégeois a démarré très tôt. Dès le mois de mars. Et il risque potentiellement de s'achever très tard.

1. Les opportunités anticipées

Le travail d'un directeur sportif ne s'arrête jamais vraiment. Rapidement après la fin du mercato de janvier, il s'agit d'enchaîner sur l'identification des postes à renforcer pour l'été suivant et d'anticiper les probables départs à compenser, le tout sur base du style et du système de jeu souhaités.

Vu son budget modeste et sa presque obligation de vendre avant d'acheter, le Standard a, dans un premier temps, dû se montrer particulièrement attentif et proactif sur le marché des opportunités. Ce qu'il a fait intelligemment en se positionnant très tôt pour enrôler Bruny Nsimba, dès la fin mars, et Dimitri Lavalée, en juin, deux joueurs en fin de contrat dans leur club respectif.

Standard : après Bruny Nsimba, Laurens Goemaere comme deuxième renfort rouche en vue

Ils étaient non seulement libres mais aussi connus au club – Nsimba a déjà travaillé avec Vincent Euvrard à Dender et Lavalée a été formé au Standard -, rodés au championnat de Belgique et surtout… belges. Un critère important, réglementairement parlant. "On voulait d'abord se recentrer sur le marché belge tout en renforçant la mentalité Standard", expliquait Euvrard début juillet.

L'engagement de Laurens Goemaere correspond aussi à cette idée. Le Standard a pu dépenser un faible montant – environ 300 000 € – en se sachant délesté des salaires de Bolingoli, Doumbia, Calut et Kuavita, dont les contrats sont désormais expirés.

2. Des ciblages payants

La deuxième phase, qui consiste à renforcer des postes assez pressants, généralement avec une indemnité plus importante, a pu être enclenchée par la vente de Rafiki Saïd à Wolverhampton pour 9 M €.

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Alexis Trouillet (350 000 €), et surtout Salieu Drammeh (2,2 M €), avant Rayan Touzghar (environ 1 M €) illustrent cette logique de réinvestissement partiel.

Le Standard avait absolument besoin d'au moins deux milieux axiaux pour compenser le repositionnement d'Ibrahim Karamoko en défense, les départs de Nayel Mehssatou (Courtrai) et Teddy Teuma (non prolongé) ; ainsi que d'un flanc offensif percutant pour succéder à Saïd. Il les a déjà, à trois semaines du début du championnat.

3. Les ajustements circonstanciels

En l'état, l'effectif du Standard est au moins doublé à tous les postes. Mais son mercato n'est pas terminé pour autant, loin de là. Il y aura encore du mouvement dans les deux sens.

Côté départ, Matthieu Epolo reste courtisé. Il dispose d'une bonne cote, essentiellement en Ligue 1, et pourrait rapporter plusieurs millions. S'il part effectivement dès cet été, il sera remplacé.

Même logique pour Dennis Ayensa. Ce n'est sans doute pas anodin si la direction a renoué le contact ces dernières semaines avec Norman Bassette (Coventry). Selon les journaux de Rossel, le Standard se serait également renseigné au sujet de l'attaquant marocain Tawfik Bentayeb (24 ans). Sous contrat à l'Union Touarga, il sort de deux prêts en Ligue 2, dont un très prolifique la saison dernière à Troyes (20 buts et 3 passes décisives en 31 matchs toutes compétitions confondues).

De son côté, Marco Ilaimaharitra ne sera pas retenu. Une solution semble recherchée pour Bosko Sutalo dont le gros contrat n'entre définitivement pas dans la nouvelle politique salariale du club. Enfin, il restera le cas du capitaine Marlon Fossey – qui entame sa dernière année de contrat – à éclaircir.

Standard's goalkeeper Matthieu Epolo and Standard's Marlon Fossey pictured at the start of a soccer match between KVC Westerlo and Standard de Liege, Tuesday 19 May 2026 in Westerlo, on the ninth day of the Europe Play-offs (PO2) of the 2025-2026 'Jupiler Pro League' first division of the Belgian championship. BELGA PHOTO BRUNO FAHY
Matthieu Epolo et Marlon Fossey seront-ils encore au Standard dans quelques semaines ? ©Belgaimage

Trois tranches d'âge

Si le Standard planifie son mercato en trois phases, il vise aussi trois tranches d'âge pour ses recrues.

1. Les jeunes potentiels à développer

D'abord, les moins de 21 ans. Des éléments à potentiel qui doivent poursuivre leur développement au contact de l'équipe première en tentant de mettre un pied dans la porte. Laurens Goemaere, dégoté au Club NXT, entre typiquement dans cette caste. Comme Bernard Nguene la saison passée. La réflexion vaut aussi pour des jeunes en interne, comme René Mitongo et Charli Spoden, promus la saison dernière.

2. Des joueurs plus confirmés, plus-value visée

Ensuite, la tranche 21-27 ans, celle de joueurs, disons, plus confirmés et qui, en cas d'exposition et de performances, pourront rapporter dans un futur proche. Outre Karamoko et Mortensen, engagés la saison passée, le meilleur exemple reste Saïd, recruté à 25 ans pour 2,5 M € et revendu à 26 pour 9 M €.

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Son successeur attitré, Salieu Drammeh, tout juste arrivé de Lillestrom (Norvège), présente le même profil pour une somme presque similaire. L'idée semble identique avec les néo-Rouches Trouillet (25 ans) et Touzghar (22 ans), donc, les remplaçants de Mehssatou et Teuma.

3. De l'expérience plus chère et sans "ROI"

Enfin, la troisième catégorie reprend les joueurs expérimentés, au-delà de 28 ans, qui doivent encadrer et bonifier le groupe. Ils exigent certes un salaire plus important sans espoir – assumé – de retour sur investissement, mais c'est le prix à payer pour apporter l'équilibre d'une équipe et d'un vestiaire. Lavalée, par exemple, cet été. Casper Nielsen, Marco Ilaimaharitra ou Thomas Henry la saison dernière. Avec des bilans parfois contrastés.


Des finances à ménager

Le départ de Saïd a mis du beurre dans les épinards, mais le Standard ne peut pas se permettre la moindre folie pour autant.

Le chantier du mercato, cet été, n'est pas aussi titanesque qu'il y a un an, en bord de Meuse. Mais l'exercice reste périlleux dans un contexte économique flou et tendu. Tandis que le CEO Giacomo Angelini cherche toujours des investisseurs pour monter dans le bateau, il use notamment d'un petit stratagème simple et pratique pour s'assurer une balance en bénéfice lors du mercato.

Marc Wilmots, Giacomo Angelini et Pierre François préparent déjà la saison prochaine.
Marc Wilmots, Giacomo Angelini et Pierre François dans la tribune de Sclessin. ©Belgaimage

C'est ainsi que, lors d'un transfert sortant, le Standard fixe le montant de la première tranche à payer à hauteur de 40 % du prix total. En revanche, lors d'un transfert entrant, il négocie un premier versement de 30 %. De la sorte, à montants équivalents, il s'assure un boni de 10 %.

Aussi, pour continuer d'augmenter la valeur du noyau, et donc du club, le Standard n'a plus recours à des prêts, un usage devenu excessif sous les précédents propriétaires. Angelini ne se l'interdit pas (ou plus) formellement, et s'il doit opter pour un prêt, il inclut idéalement une option d'achat raisonnable dans la transaction. Cela limite le risque en cas d'échec sportif, et permet une levée de l'option si le joueur donne satisfaction.

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