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La Ligue des nations comme premier objectif, un groupe à (re)construire, une méthode à implanter : voici les premiers chantiers de Mark van Bommel

L'Union belge n'a pas voulu prolonger le suspense puisque les informations étaient égrenées au fil des jours, depuis le début de cette semaine : la fédération a annoncé ce vendredi que Mark van Bommel (49 ans) a signé un contrat de deux ans à la tête de la sélection, avec pour objectif de qualifier les Diables rouges pour l'Euro 2028.

Le technicien néerlandais, qui devrait être présenté dans le courant de la première semaine du mois d'août, prendra officiellement ses fonctions le 15 août. Dans une déclaration publiée dans le communiqué produit par la fédération, van Bommel a dit vouloir "construire une équipe disciplinée, ambitieuse et suffisamment courageuse pour rivaliser avec les meilleurs", ajoutant que "la Belgique dispose de joueurs exceptionnels et d'un potentiel énorme".

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Accompagné des Néerlandais Boudewijn Zenden et Reinier Robbemond ainsi que du Belge Maarten Martens aux postes d'adjoints, van Bommel a déjà quelques pistes de réflexion à envisager et des chantiers à trancher.

Un groupe à construire ou à prolonger

Un sélectionneur s'appuie traditionnellement sur une cinquantaine d'éléments au moment de constituer un groupe de 23 ou 26 joueurs pour un rassemblement. Mark van Bommel n'agira pas autrement, pour aller se servir dans le vivier belge.

Il reste à savoir comment il abordera la question des anciens, essentielle. Thibaut Courtois n'avait pas attendu pour dire qu'il envisageait prendre une année sabbatique, dans la foulée de l'élimination contre l'Espagne (2-1) en quart de finale de la Coupe du monde.

Van Bommel, avec Vincent Mannaert, devra s'asseoir avec le gardien du Real Madrid, qui va finir par ouvrir une salle de réunion au domicile madrilène pour recevoir les sélectionneurs en audience…

Le dossier sera, quoi qu'il arrive, épineux et il donnera une première idée des intentions d'un duo sélectionneur-DT qui devra également poser un choix sur le futur international de Romelu Lukaku, Kevin De Bruyne et Axel Witsel, les derniers rescapés de la génération dorée.

Les sélectionneurs précédents avaient fait la démarche d'aller voir les "anciens", pour prendre le pouls. Quelle sera l'intention de van Bommel dans les prochaines semaines ?

Il semble que la volonté de Mannaert est de profiter d'un nouveau cycle pour amener une nouvelle dynamique, mais il ne faudra pas oublier comment Domenico Tedesco, dans un autre contexte, a manqué ce virage, on y reviendra.

Aucun Diable rouge n'a officiellement annoncé sa retraite internationale, mais certains ont pris un peu plus de poids et d'envergure, à l'image de Youri Tielemans, qui conservera sans doute son brassard de capitaine.

Le seul absent à la rentrée de septembre sera Amadou Onana, opéré du genou et out pour une partie de la saison, mais il sera intéressant de voir la proportion de Diables rouges convoqués pour la Ligue des nations par rapport à la Coupe du monde.

La Ligue des nations, un rendez-vous déjà décisif

Le comparatif n'est pas tout à fait valable, mais il ne faudrait pas le prendre à la légère. À la sortie d'un Euro 2024 qu'il avait quitté sur un huitième de finale contre la France (0-1), avec quelques réserves sur le parcours et le contenu des matchs, Domenico Tedesco a précipité sa chute lors de la Ligue des nations, avec un bilan catastrophique (4 sur 18), un groupe explosé et une revue d'effectif manquée.

Mark van Bommel bénéficiera de l'indulgence qu'il est le nouveau sélectionneur pour entamer la Ligue des nations face à des adversaires qui auront aussi changé de sélectionneur (France et Italie) ou voudra montrer un autre visage après un Mondial raté (Turquie).

Sur papier, l'opposition de l'édition 2026 est un cran plus relevée que celle de l'édition 2024 (Israël à la place de la Turquie, France et Italie étaient déjà là en 2024). Mais si la Ligue des nations est une compétition amicalement officielle, elle peut faire des dégâts.

Van Bommel sera directement plongé dans le vif du sujet et le grand public, dont une bonne partie n'a pas compris pourquoi Rudi Garcia n'a pas été prolongé, n'aura pas la même indulgence que les suiveurs, qui ont pu constater, à défaut de toujours comprendre, les choix de Garcia et la décision de Mannaert.

Dans un format à quatre matchs en onze jours étalés de fin septembre à début octobre, van Bommel devra être très efficace et, si possible, ne pas manquer ses débuts.

Amener la culture de la gagne… même face aux grands

La force des Diables rouges à la Coupe du monde a été sa défense. À la surprise générale. Le point faible de l'équipe s'est transformé en point fort grâce à de bonnes prestations individuelles mais aussi un travail collectif.

Mark van Bommel n'a pas mené un Antwerp flamboyant au titre de champion. Son équipe était surtout réputée pour son engagement et sa rigueur. Pas le plus excitant, mais force est de constater que cela a fonctionné. Il ne pouvait pas jouer comme le Club Bruges sans avoir le noyau des Blauw en Zwart.

Le constat vaut pour l'équipe belge qu'il récupère. A-t-elle le niveau de l'Espagne ? Non. Et pourtant son organisation a posé des soucis aux futurs champions du monde. Les qualités individuelles du noyau belge ne sont plus celles de 2018 mais la génération qui monte en puissance a démontré qu'elle pouvait faire la différence d'une autre manière.

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On ne doit pas s'attendre à des Diables rouges ultra-dominants. Cela nous offrira une première tendance de ce qu'on pourra attendre des Belges à l'Euro 2028. Et sur la manière avec laquelle van Bommel compte chahuter les grandes nations du continent. S'il a été choisi, c'est en grande partie avec cet objectif. La Belgique n'a plus battu un adversaire européen majeur en match officiel depuis le Portugal à l'Euro 2021. La génération post-dorée doit franchir un cap dans cette optique.

Cela passe par un retour à une culture de la gagne. Plus que des innovations tactiques, la Belgique attend de van Bommel qu'il fasse de son équipe une bande de winners. C'est ancré dans son ADN. En tant que coach mais aussi comme joueur. Van Bommel a joué dans les plus grands clubs du monde et est passé tout près du titre mondial en 2010 avec les Pays-Bas. Et pas toujours avec du football champagne.

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