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"Là, il y a mon chéquier, vous mettez le chiffre que vous voulez" : Les Chevaliers du Fiel racontent pourquoi ils ont refusé le pont d'or de TF1 et choisi de rester fidèles à Michel Drucker

l'essentiel SÉRIE (4/6). Sympa avec tout le monde, Michel Drucker est exigeant en amitié, comme celle qu'il a liée avec les Chevaliers du Fiel après en avoir fait des stars du petit écran. Une relation remplie d'anecdotes qui dure depuis plus de trente ans.

Si "La Simca 1000" leur a ouvert la porte des plateaux de télévision, une rencontre a été déterminante pour la carrière des Chevaliers du Fiel. À l'époque, un présentateur vedette fait la pluie et le beau temps à la télévision. Il s'agit de Michel Drucker. "Après plusieurs passages dans des émissions de variétés, il décide de nous embaucher pour un programme qu’il faisait tous les soirs en access prime time : c’était Studio Gabriel", rappelle Francis Ginibre. "On intervenait tous les jeudis et une fois par mois, on participait à l'émission phare de 20 h 30 qui s’appelait Fête la fête, avec que des humoristes et des chanteurs".

"On est fidèles à Drucker"

Une période faste pour le petit écran où tous les artistes se pressent et qui rend célèbres Laurent Gerra et Virginie Lemoine qui animent la quotidienne. Mais c'est avec le Taulier que leur relation professionnelle va devenir amicale. "On a fait une cinquantaine de fois Drucker donc, au début, on était soudés par le boulot puis après, on a noué une relation forte, sincère", explique Éric Carrière. "Une double fidélité est née", ajoute Francis Ginibre. "Nous, on est fidèles à Drucker et il nous a été fidèle parce qu’il nous a réinvités, même récemment".

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Le succès est tel que les Chevaliers du Fiel sont victimes de la guerre des chaînes qui se livrent une concurrence effrénée à la fin des années 90. "On a eu la chance de faire une bonne audience à la télé", précisent les humoristes.

Le chéquier de Gérard Louvin

"On a battu des records. Et chez Drucker, il ne faut pas croire, ce ne sont pas des poètes, ils font des courbes d'audience. Chaque fois, ils nous disaient : "Là, votre sketch a cartonné". Comme on était bien chez eux, on a refusé le pont d’or que nous proposait TF1 pour partir chez eux. Gérard Louvin, qui était le patron des programmes de TF1, nous a même dit un jour dans son bureau : "Là, il y a mon chéquier, vous mettez le chiffre que vous voulez", comme on avait dit à Drucker la veille au soir qu'on était bien chez lui, on a dit à Louvin : "Écoute, on a promis à Drucker hier, ce n’est pas pour le trahir aujourd’hui, même si tu es Gérard Louvin, même pour beaucoup d’argent".

Une loyauté qui, encore aujourd'hui, leur permet d'évoluer dans le métier en bons termes avec tout le monde. "C’est un petit milieu dans lequel les gens se retrouvent. Par exemple, là, on vient de signer avec TF1 dont les patrons sont les anciens dirigeants de C8. Donc, on les a connus au début, ils ont fait leur vie là, et maintenant, on arrive et ils sont là".

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"Drucker a changé notre carrière"

C'est aussi cette loyauté qui leur a permis de conserver des liens amicaux avec Michel Drucker. Une confiance réciproque qui existe toujours aujourd'hui. "Il a changé notre carrière en nous donnant la médiatisation qui nous manquait à nos débuts", commente Francis Ginibre. "Après, il n’y a pas de secret, il faut être bon une fois qu’on est à la télé, parce que sinon, c’est rédhibitoire. Mais humainement, Drucker est un gars bien. On se téléphone et on se voit quand on peut. On est allés manger chez lui, on va dans sa maison à la campagne, on fait de l’avion avec lui... Quand on veut avoir de ses nouvelles, on l’appelle. Lui, s’il nous voit sur une autre émission, il appelle. Ça fait quand même 30 ans qu’on se connaît".

"Ça ne vous embête pas si Aznavour vient boire l'apéro avec nous ?"

Grâce à l'intimité qu'ils partagent avec Michel Drucker, les Chevaliers du Fiel ont côtoyé les grands du monde de la culture. "Il connaît tellement de monde, c'est impressionnant. Il aime les artistes et il aime ce milieu-là, c'est sa vie. On était chez lui à Eygalières, en Provence, on buvait l’apéro et il nous dit : "Ça ne vous embête pas si Charles vient boire un coup avec nous ?". C’est Aznavour qui est arrivé... Il nous a fait connaître tout un tas de monde".

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C'est aussi grâce à Drucker qu'Éric Carrière a rencontré Michel Galabru pour qui il a écrit un spectacle. Les deux Toulousains ont aussi noué des liens avec un autre humoriste originaire de Corrèze. "Avec Patrick Sébastien, c'est pareil, on a dû faire 80 émissions. On se connaît très bien. On lui a beaucoup servi et il nous a beaucoup servis. Et il y a du respect. Après, on n’est pas obligés de tout partager".

Immergés parmi les grands du monde médiatico-culturel, les Chevaliers du Fiel vont rapidement devenir des stars de la télévision, du cinéma et surtout de la scène où les Toulousains vont être un temps les artistes français qui donnent le plus de spectacles chaque année.