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La guerre psychologique de Moscou : la Russie menace l’OTAN d’une guerre nucléaire

La Russie menace l’OTAN d’une guerre nucléaire si elle s’en prend au territoire russe de Kaliningrad. Une manœuvre de guerre psychologique qui cherche à déstabiliser les opinions publiques et les gouvernements européens tandis que les attaques contre les civils ukrainiens redoublent.

Attention, l’information qui suit peut provoquer angoisse et panique… Et c’est exactement ce que recherchent ceux qui en sont à l’origine : la Russie de Vladimir Poutine. Chaque jour, une nouvelle vient nous déstabiliser : un jour un drone chargé d’explosifs découvert sur un aéroport allemand ; lundi c’était l’Estonie qui accusait Moscou d’un sabotage.

Aujourd’hui, c’est l’OTAN qui annonce avoir reçu une lettre du Kremlin menaçant rien de moins qu’une guerre nucléaire, si les armées occidentales s’en prenaient au territoire russe de Kaliningrad, située entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Kaliningrad est une exclave, c’est-à-dire un bout de territoire qui n’est pas relié au pays d’origine.

La raison d’être de cette lettre russe n’est pas liée à une quelconque actualité : il n’y a pas, à ma connaissance, de préparatifs d’attaque de l’OTAN contre ce territoire russe inconfortablement placé entre des pays hostiles, là où, à l’époque soviétique, les Russes circulaient comme chez eux. L’OTAN a d’ailleurs répondu en accusant la Russie de pratiquer une « rhétorique nucléaire irresponsable », et en affirmant que l’organisation atlantique ne la menaçait en rien.

L’objectif est purement psychologique : agiter la menace nucléaire de temps à autres, ça calme les ardeurs des dirigeants Européens, se dit-on à Moscou ; ça peut aussi effrayer les populations et renforcer le camp de ceux qui veulent cesser d’aider l’Ukraine.

C’est un des instruments de la boîte à outils de la « guerre hybride » menée par la Russie et qui a connu ces derniers mois une véritable escalade. Dans cette boite à outils, on trouve des opérations clandestines classiques, comme celles qui ont visé la France avec les tags antisémites sur les murs de Paris après le 7 octobre.

On trouve aussi des actions simples, peu couteuses et qui rapportent gros en termes de couverture médiatique et de stress, comme les survols de drones sur des aéroports, des bases militaires. Le risque est proche de zéro, et l’impact d’autant plus grand qu’il suscite à chaque fois la polémique sur le thème : notre pays est une passoire, incapable de se défendre.

La nouveauté, c’est le passage à l’acte plus lourd : selon les autorités allemandes le drone de Leipzig aurait pu faire des morts s’il avait fonctionné, et en Estonie c’est un véritable incendie qui a été provoqué. Ça interpelle sur la suite.

A chaque étape, la Russie apprend de nos réactions, celles des opinions publiques dans des pays qui n’ont pas vécu de guerre depuis des décennies et n’ont pas envie d’en encourir le risque ; et celle des gouvernements qui ne savent jamais s’il faut dramatiser ou minimiser.

Il faut reconnaître que la Russie est bien plus expérimentée que les pays européens dans cet art de la guerre psychologique, et que le morcellement de l’Europe en 27 États, dont certains sont en campagne électorale, ne facilite pas les réactions les plus cohérentes.

En agitant le risque nucléaire, Moscou réveille les peurs les plus profondes, celle qu’un Dr Folamour a le doigt sur le bouton atomique à Moscou - ce qui n’est certainement pas le cas.

Une manière, aussi, de détourner l’attention de la campagne très destructrice et meurtrière menée actuellement contre l’Ukraine. Le problème n’est pas le sort de Kaliningrad, mais celui des civils ukrainiens pilonnés quotidiennement.