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La guerre au Moyen-Orient dope les résultats des pétrolières…

Les géants pétroliers américains ExxonMobil et Chevron ont annoncé vendredi, sans surprise, des résultats en très forte hausse au deuxième trimestre, la guerre au Moyen-Orient ayant perturbé l’approvisionnement en hydrocarbures et stimulé le prix de l’or noir et marges de raffinage.

Mais, pour ExxonMobil, l’essor du bénéfice net a été moins prononcé qu’attendu par les analystes dans un « marché volatil ». Même s’il a doublé (+105,08 %), à 14,52 milliards $US (20,35 milliards $CA), il est inférieur au consensus des analystes de FactSet (15,02 milliards $US).

Son chiffre d’affaires, lui, a bien dépassé les pronostics, bondissant de 42,41 %, à 116,08 milliards $US (162,72 milliards $CA).

Pour Chevron en revanche, rien n’est venu assombrir ses résultats trimestriels, qui ont surpassé à la fois ceux de l’année précédente et les attentes.

Son bénéfice net a quasiment quintuplé à 12,07 milliards $US (16,92 milliards $CA), contre 2,49 milliards un an plus tôt, et son chiffre d’affaires ressort à 70,05 milliards $US (98,21 milliards $CA), en hausse de 56,29 %.

Le p.-d. g. de Chevron, Mike Wirth, a insisté dans un communiqué sur « les incertitudes géopolitiques et la volatilité des marchés ». Mais « nous restons concentrés sur la discipline en matière de coûts et la création de valeur à long terme », a-t-il ajouté.

Pénurie de raffinage

Les deux groupes américains ont signalé des records de production dans le bassin permien, région américaine riche en pétrole et en gaz de schiste, ainsi que des marges de raffinage bien supérieures.

Le chiffre d’affaires de Chevron dans la branche raffinage et distribution (« Downstream ») a été multiplié par plus de six, atteignant 4,87 milliards $US (6,83 milliards $CA).

Pour le p.-d. g. d’ExxonMobil, Darren Woods, c’est d’ailleurs le manque de capacités de raffinage qui explique l’ampleur de la hausse des prix à la pompe et leur maintien, même lorsque les cours des hydrocarbures baissent.

Selon lui, la guerre en Ukraine et le blocage des exportations par la Chine avaient déjà réduit ces capacités, et le conflit au Moyen-Orient n’a fait qu’aggraver la pénurie.

« Jusqu’à ce que des flux reviennent approvisionner le marché, je pense que nous allons voir les prix rester au niveau que nous constatons depuis quelques temps déjà », a-t-il insisté sur la chaîne américaine CNBC.

Un enjeu électoral aux États-Unis

Le bond du prix des carburants pèse sur le pouvoir d’achat de consommateurs aux États-Unis, où la voiture est souvent le seul moyen de transport.

Le coût de la vie reste l’une des principales inquiétudes des foyers américains après la pandémie et ses conséquences sur l’inflation.

C’est aussi un gros sujet d’inquiétude pour le président Donald Trump à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.

« Les prix des carburants feraient bien de commencer à baisser beaucoup plus rapidement que ce que je vois », avait-il écrit le 24 juin sur les réseaux sociaux, quand un cessez-le-feu au Moyen-Orient avait fait chuter les cours.

Mais différents rebondissements n’ont fait que souffler le chaud et le froid, entraînant un yo-yo imprévisible sur les marchés et dans les stations-service.

Aux États-Unis, l’essence est repassée au-dessus du seuil symbolique des 4 $US le gallon en moyenne (l’équivalent de 1,48 $CA le litre), soit environ 30 % de plus qu’un an plus tôt, selon l’Association automobile américaine (AAA).

Le conflit au Moyen-Orient perturbe, voir bloque complètement, le trafic dans le crucial détroit d’Ormuz, où transite habituellement environ 20 % du pétrole mondial. Mais il affecte aussi la production et a même provoqué des dégâts sur des infrastructures, notamment au Qatar, qui vont prendre pour certaines plusieurs années avant une remise en service.

Dans les documents publiés vendredi, ExxonMobil estime qu’une fermeture totale du détroit d’Ormuz sur l’ensemble du troisième trimestre réduirait d’environ 750 000 barils par jour les volumes de son segment « Upstream » (production), par rapport à l’année précédente.

Pour tenter de résorber les risques géopolitiques sur l’approvisionnement, MM. Woods et Wirth ont insisté par le passé sur la multiplication des forages aux États-Unis, en particulier dans le bassin permien qui regorge de pétrole et de gaz de schiste.

Et Chevron a fait part vendredi d’une augmentation de 20 % de sa production mondiale comparé à l’année précédente, surtout due à l’intégration des actifs du groupe Hess dont il a finalisé en 2025 le rachat pour près de 60 milliards $US.