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La grande Monique, bistrotière et foraine à ses heures : "Ici à Hannut, c'est cool, on est chez nous" (vidéo)

Oui, la grande Monique est une personnalité quasi incontournable à Hannut. Patronne de la Taverne, un bistrot qui fait le coin de la rue Gustave Detiège, la jeune sexagénaire y est assurément la maîtresse des lieux. Lorsqu'elle officie derrière le bar, il y a intérêt de se tenir à carreau. Et si elle est absente, elle n'est quand même jamais bien loin car souvent postée derrière la caméra qui surveille les lieux.

Jadis foraine avec le père de son fils Michaël, Monique Moreau se consacre désormais pleinement à son débit de boisson, tout en consacrant son peu de temps disponible aux coups de mains à apporter au fiston.

"Chez nous, c'est la quatrième génération de forains. Mon fils a repris l'activité, ça continue donc. Comme d'autres métiers, c'est un travail qui n'est pas toujours facile, parfois le jour et la nuit, avec du bon ou du mauvais temps. Mais tout doit suivre, peu importent les conditions du moment", explique la cheffe de famille.

Des horaires plus relax à Hannut

Nivelles, Libramont, Rixensart… Monique se retrouve régulièrement aux quatre coins du pays pour soutenir son fils Michaël. Comme ce long week-end du 21 juillet 2026 est dédié à la foire de Hannut, elle s'y colle forcément. "Ici, nous sommes chez nous, c'est beaucoup plus facile. D'abord, on est tout près de la maison. Et puis, on n'ouvre pas trop tôt et on ne ferme pas trop tard. C'est cool", souligne l'entreprenante entrepreneuse.

Si la passion demeure intacte, le quotidien des forains a profondément changé. En termes de communication, par exemple, les affiches placardées dans les villages ont laissé place aux publications sur les réseaux sociaux, aux campagnes sponsorisées et aux groupes WhatsApp où les professionnels coordonnent la promotion de chaque événement.

"La foire, c'est comme une grande famille dans laquelle nous sommes tous interconnectés. Chacun relaie les informations des autres, convaincu que la réussite d'une manifestation profite à tous", commente Michaël Francken.

Cette solidarité n'efface pas les défis d'une profession en constante adaptation. Avec la disparition progressive de nombreuses fêtes locales, les kilomètres se sont multipliés. Les tournées couvrent désormais plusieurs provinces, entre montages, démontages et longues heures de route.

"Année après année, ce sont aussi de chouettes retrouvailles avec les habitués. En certains endroits, les mêmes visages nous accueillent depuis quinze ans, autour d'un café ou d'un simple moment de discussion, preuve que la foire reste une belle histoire de rencontres", ajoute Michaël.


Des clients qui n'ont pas la langue en poche

Aujourd'hui âgée de 85 ans, Lucie Capellen vit dans sa maison située le long de la rue de Tirlemont. On peut la croiser régulièrement lors de ses rondes quotidiennes dans le centre-ville hannutois où elle scrute le moindre dérapage de ses concitoyens. Ne jetez pas un papier par terre ou ne traversez pas au feu rouge, elle vous le fera remarquer, parfois avec une certaine virulence…

Son cadet, Luc Cloux, âgé de 70 ans, habite dans la rue de Crehen, où il se dévoue sans compter au bien-être de sa maman nonagénaire qui, alitée, demande énormément d'attention quotidienne. Le point commun de ces deux hannutois ? Lorsqu'ils s'offrent une pause, ils se retrouvent dans leur bistrot préféré, la Taverne de la grande Monique…

"Je ne connais qu'une seule Monique, c'est Monique de la Taverne. Voilà plus de 30 ans que je la côtoie. C'est un véritable personnage à Hannut, avec son café, sa foire, ses carrousels", commente Lucie.

Sur les genoux du vieux Charles

Luc Cloux aime aussi s'octroyer quelques moments de répit sur la terrasse du café hannutois. Il y amuse volontiers la galerie en distillant quelques savoureux souvenirs et diverses anecdotes parfois cocasses.

"Monique, je la connais depuis de très nombreuses années. Elle provient de Boneffe, un petit village de la commune voisine d'Éghezée. Et j'avais un camarade, le vieux Charles qui, quand il allait chez elle, la prenait sur son chou. Il disait souvent que, comme elle est devenue grande, elle ne s'assoirait jamais plus sur ses genoux", sourit l'ancien cheminot.

La patronne ne manquait pas de lui rappeler que le bon temps… c'était avant ! "Charles était un homme de Boneffe, qui travaillait aussi aux chemins de fer. Il n'avait pas de voiture, il circulait toujours à vélo. Il venait régulièrement sur le marché de Hannut. Il passait alors au café où Monique lui rappelait que ses genoux, c'était terminé", conclut Luc Cloux, avec beaucoup d'humour.

La grande Monique, bistrotière et foraine à ses heures...
Lucie et Luc, deux fidèles clients de la Taverne qui se sont liés d'amitié avec la patronne... ©EDA

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