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Louise Arbour ne fera pas que « signer des cartes de Noël »

Dans l'une de ses premières entrevues en français depuis son assermentation, la 31e gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, a défendu l'utilité de son poste au sein du système démocratique canadien, tout en faisant part de ses préoccupations pour l'effritement des droits de la personne sur la scène internationale.

Être gouverneure générale, ce n'est pas que signer des cartes de Noël, dit-elle en souriant.

Celle qui a été juge à la Cour suprême du Canada et haute-commissaire des droits de l’homme à l’Organisation des Nations unies (ONU) occupe ses nouvelles fonctions depuis le 8 juin dernier. Installée dans une salle de la Citadelle de Québec, où elle occupe une résidence officielle, la Montréalaise de 79 ans rappelle que l'aspect protocolaire n’est qu’une très petite partie du travail.

Au sein du système politique canadien, on a besoin, pour faire fonctionner la machine du gouvernement, de toutes sortes d'organismes, explique-t-elle.

La gouverneure générale donne l'accord final aux projets de loi pour qu'ils entrent en vigueur. Elle a également l'obligation d'interagir avec les élus, un mode de fonctionnement qui a très bien servi le pays au fil des années, croit-elle.

Une femme parle devant une caméra dans le cadre d'une entrevue.

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En entrevue avec le journaliste Louis-Simon Lapointe, la gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, répond aux critiques adressées contre sa fonction.

Photo : Radio-Canada

En réponse au chef péquiste, Paul St-Pierre-Plamondon, qui avait critiqué l'inutilité du poste de gouverneur général en le qualifiant d’un des pires gaspillages de finances publiques, elle croit que c'est mal représenter la fonction.

Mon rôle, après avoir été bien informée, c’est de mettre en garde et d’encourager, mentionne-t-elle. Je n’ai pas de fonction exécutive, mais j’ai toute cette fonction-là qui n’est pas visible du public.

Si on n'avait pas quelqu'un comme moi, il faut accepter les lettres de créance des diplomates étrangers... Il y a toute une série de fonctions qui, de toute façon, [devraient être accomplies] par quelqu'un.

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Participer à façonner le Canada de demain

La représentante de la Couronne canadienne espère pouvoir influencer l’image du Canada à l'étranger de manière positive durant son mandat de cinq ans.

Je vais jouer le rôle qui m’incombe : je suis la gouverneure générale, je ne suis pas dans l’arène politique, rappelle celle qui agit également à titre de commandante en chef du Canada.

Elle souhaite incarner le consensus canadien dans les grandes discussions sur la scène internationale.

Pour elle, des sujets comme les droits de la personne, l’environnement et les nouvelles technologies seront importants.

Mark Carney et Louise Arbour marchent dans un couloir bordé de drapeaux canadiens.

Louise Arbour a succédé à Mary Simon cet été. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le respect des droits fondamentaux ne va pas super bien à l’échelle internationale, déplore-t-elle.

Je pensais que c'était linéaire, le progrès en matière de droits fondamentaux, mais là, je m'aperçois que c'est plus cyclique. J'espère qu'on n'est pas dans le creux de la vague, mais qu'on va reprendre un élan.

Elle souhaite mettre l’épaule à la roue afin de repositionner le pays sur l’échiquier mondial.

La place du Canada vis-à-vis l’occident et la communauté internationale plus largement, je pense qu’elle est en train de se redéfinir, dit-elle en abordant notamment la relation entre le Canada et les États-Unis.

Réconciliation et francophones

Sans vouloir parler au nom des Premières Nations, Louise Arbour croit que le dossier de la réconciliation est sur la bonne voie.

Le plus grand défi, c’est de ne pas perdre le momentum qui a été créé. C’est un projet à très long terme.

En mettant de l’avant tous les efforts qui ont déjà été faits par les politiciens et la société civile, elle croit que les Canadiens doivent continuer dans cette direction.

Louise Arbour se recueille, aux côtés d'un ancien combattant métis et de l'ancienne gouverneure générale Adrienne Clarkson.

La gouverneure générale, Louise Arbour, a participé à une cérémonie pour souligner le 25e anniversaire du Monument national aux anciens combattants autochtones à Ottawa. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Au sujet de l’importance du français dans son travail, aspect vivement critiqué durant le mandat de Mary Simon, la gouverneure n'a pas voulu commenter le travail de sa prédécesseure.

Elle juge qu’il sera difficile de représenter tous les Canadiens, mais que la langue française fait partie de son histoire personnelle.

C’est évident que l’aspect francophone, ça fait beaucoup partie de mon propre cheminement et à travers l’histoire récente du Canada, plaide-t-elle. Je suis très consciente d’où on vient.

D'après l'entrevue de Louis-Simon Lapointe