La friperie d'Oxfam Wavre fête ses 10 ans
Loin du cliché un peu désordre des friperies, le magasin de vêtements Oxfam de la chaussée de Bruxelles à Wavre apparaît comme un modèle du genre. Des tringles bien alignées, des vêtements repassés, soigneusement étiquetés et triés: c'est le "5 étoiles" de la seconde main ! Et les clients ne s'y trompent pas. Ce magasin tenu entièrement par une équipe d'une quinzaine de bénévoles fonctionne à merveille à cette adresse depuis 10 ans, et fêtera cet anniversaire ce vendredi 25 septembre en présence des autorités communales.
"La première tringle de vêtements a fait son apparition en 1996, dans le magasin d'épicerie-artisanat Oxfam de la rue de la Source. C'était assez timide comme début, explique Marie-Hélène Wauthier, la plus jeune des bénévoles. Après, la boutique a déménagé chaussée de Louvain en 2000, avant d'arriver finalement ici."
1000 kilos par mois
Les installations sont confortables et le moindre espace a été rentabilisé pour recevoir les dons, trier, repasser, éventuellement repriser, et enfin les mettre à la vente. "On reçoit de plus en plus mais on jette de plus en plus parce que la qualité de fabrication des textiles baisse avec l'ultra fast fashion. Mais il faut les vendre, puisqu'ils ont été fabriqués. Prolonger la durée de vie de ce qui a été produit, c'est le sens de notre mission."
Le tri est cependant extrêmement sévère chez les Wavriennes: "On reçoit environ 1 000 kilos par mois de vêtements, linge de maison, textiles, chaussures et accessoires de maroquinerie. Environ 60% des dons sont écartés pour des raisons diverses: état, propreté, qualité médiocre… Les 40% restants sont mis en vente ici, dans notre boutique de Wavre. On peut se permettre d'être très sélectifs parce qu'on reçoit des quantités énormes. Et puis, on a des super-déposants qui nous donnent des pépites, parfois de très belles choses, vraiment."
Les 60% écartés sont dirigés vers des filières de recyclage, essentiellement. Et les vêtements impeccables mais invendus sont, quant à eux, donnés au CPAS de la ville de Wavre.
La perception de la vente de fripes a énormément changé ces dernières années. Pas encore assez sans doute, mais les enjeux environnementaux et sociaux autour de la fabrication des vêtements sont de plus en plus mis en avant. Et les jeunes générations semblent y être sensibles: "Aujourd'hui, une partie de nos clients achète en friperie par sympathie pour la cause environnementale, et non pas pour des raisons économiques", explique Christiane Dooms, bénévole depuis près de 20 ans.Et certains viennent aussi ici pour avoir du lien social, juste bavarder un peu."
Myriam Dooms, sa sœur, renchérit: "Personnellement, je n'ai jamais été dans un magasin de 2e main lorsque mes enfants étaient jeunes. La seconde main c'était pour les personnes démunies, on voyait les choses comme ça, Maintenant, j'achète tout ici, pour moi et pour toute ma famille."
Sensibilisation dans les écoles secondaires
Cet anniversaire wavrien est aussi l'occasion pour Oxfam de parler de sa campagne de sensibilisation à la seconde main aux dérives de la fast fashion "Second hand September". Depuis quelques années, pour cibler les jeunes générations sur cette problématique, le magasin de Wavre a pris contact avec les écoles secondaires de la ville. Des animations de sensibilisation sur place leur sont proposées, en collaboration avec les professeurs.
"La plupart n'ont jamais acheté de vêtements de seconde main, explique Marie-Hélène Wauthier. Ou alors sur Vinted… Quand ils arrivent ici, ils sont très étonnés: par la qualité, les prix, les marques… Je ne pense pas que beaucoup reviennent ici après cependant, mais on sème des graines. C'est l'essentiel."
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.