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La famille Ricco transmet ses garages Peugeot-Citroën après 45 ans de succès

C'est en bermuda et sandalettes que l'on rencontre Sylvie Ricco, la charismatique patronne des garages Citroën et Peugeot ! On la surprend passer de bureau en bureau pour venir faire un dernier coucou et convier à son pot de départ. La saga Ricco, l'esprit de famille Peugeot et Citroën, c'est fini ! La belle histoire entamée par le papa François en 1976 s'arrête. C'est le groupe Pierre Joël et RMGA qui augmente son réseau.

"Le feeling est passé"

Ricco, ce sont des débuts à Athus fin des années 50 avec une station BP. Jusqu'il y 15 jours, Ricco, c'étaient 100 personnes et des concessions à Arlon, Marche, Libramont et Rochefort.

"On est sereins, mon frère Bernard et moi. Une entreprise, c'est un peu comme un enfant, il faut savoir le laisser s'envoler du nid. Aujourd'hui, l'automobile est en plein mouvement. Il aurait fallu qu'on grandisse encore si on voulait survivre, et à notre âge. On aimait bien cette dimension familiale, notre marque fabrique. On a rencontré les deux repreneurs, Steve Monfort et Olivier Pierre, le feeling est passé ! Des gens qui avaient l'ambition de faire grandir notre entreprise familiale. Les marques ont tendance à vous imposer un repreneur, et nous, on avait envie de prendre les devants !", estime la patronne de ce qu'on appelait le Grand Garage Français.

On perçoit une pointe d'émotion chez cette commerçante dans l'âme. Avec son frère Bernard, plus centré mécanique, Sylvie Ricco aura dû faire ses armes auprès de la gent masculine dans un monde un rien macho: "Je me souviens d'un jour où un gentil monsieur m'a demandé si on m'avait acheté un bouquet pour la fête des secrétaires ! J'ai parfois eu des clients qui voulaient me coincer techniquement. J'appelais alors mon chef d'atelier", confie celle qui avoue ne rien connaître de plus que la roue de secours ou la courroie. "Moi, je suis restée commerciale, gestion humaine. Mon frère gérait la mécanique."

Quelques anecdotes...

Dans le rétroviseur de l'histoire de sa concession, elle confesse: "Dans une même journée vous rencontriez des gens d'une gentillesse extraordinaire et d'autres, c'étaient de vrais sketchs comme ce Monsieur qui nous écrivait sans cesse pour un mauvais carburant, mais c'était de notre faute !" sourit à présent la Gaumaise. Ou encore cette dame fâchée et en pleurs qui avait reçu l'option gratuite du démarrage sans clef: "Elle n'était pas prête psychologiquement !"

Elle gardera plutôt l'anecdote de "cette petite dame d'Udange" qui lui apportait des œufs et du pain ou encore cette cliente qui lui a peint une aquarelle. "On avait vraiment des gens gentils, fidèles. Le garage, c'est 30 ans de vie professionnelle et c'est toute une histoire familiale. Cela a été signé le 23 juillet et le 24, je suis rentrée dans le garage et j'ai eu cette sensation de dire que je ne n'étais plus chez moi. Par rapport au personnel aussi, je sais que certains comprennent, d'autres nous en veulent de les laisser tomber".

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