taraskuzio.com

La DJ Barbara Butch va porter plainte contre La France insoumise après l'interruption de son concert

Publié23. juillet 2026, 13:41

Concert interrompuLa DJ Barbara Butch va porter plainte contre La France insoumise

L'artiste à qui il a été reproché la signature d'une tribune en faveur de la controversée proposition de loi Yadan a vu l'un de ses concerts interrompu par des militants.

Agence France-Presse

Les militants reprochaient à Barbara Butch sa participation,  à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et la signature d’une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à «lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme», contestée et retirée depuis.

Les militants reprochaient à Barbara Butch sa participation,  à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et la signature d’une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à «lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme», contestée et retirée depuis.AFP

Cinq jours après l’interruption de son concert à Grenoble, la DJ Barbara Butch va déposer plusieurs plaintes jeudi, notamment pour provocation à la haine et à la violence, contre La France insoumise, déjà sous le feu des critiques d’une immense majorité de la classe politique. «Le débat est une liberté; la violence est une infraction», a tancé son avocate Audrey Msellati en annonçant à l’AFP le dépôt de plaintes, à Grenoble et Paris, visant «notamment le mouvement de La France insoumise, certains de ses élus et représentants locaux, ainsi que le média d’extrême droite "Omerta" et l’essayiste Alain Soral».

Samedi soir, dans la ville iséroise, le concert de l’artiste juive de 45 ans avait été interrompu au bout d’une vingtaine de minutes, en raison d’une action de militants propalestiniens et LFI. Ils répondaient à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis. Sollicitée par l’AFP, la direction de LFI n’a pas commenté à ce stade. Mais face aux vives critiques visant depuis plusieurs jours son mouvement, Mathilde Panot avait reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants insoumis était «mauvais».

La cheffe de file des députés insoumis a condamné insultes et jets de projectiles. Mais «il n’y a pas d’antisémitisme dans nos rangs», a-t-elle insisté. «Notre média ne saurait être qualifié de média d’extrême droite», a réagi, pour sa part, «Omerta», sur X, affirmant n’avoir «à aucun moment appelé à l’interdiction d’une prestation de Barbara Butch». Le média assure avoir «exclusivement» émis des «critiques» à l’égard de «sa prestation au spectacle d’ouverture des Jeux olympiques». «Nous attendons cette procédure sereinement», poursuit-il.

Déjà cible de cyberharcèlement

Sur Franceinfo, Barbara Butch, figure des nuits parisiennes LGBTQ+, a évoqué «beaucoup de violences verbales» samedi soir et affirmé avoir «reçu des projectiles sur la scène, sur les platines». «C’était d’une violence inouïe», a-t-elle déploré. Les militants reprochaient à Barbara Butch sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et la signature d’une tribune en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à «lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme», contestée et retirée depuis.

«La liberté de critiquer n’emporte pas celle d’empêcher autrui, par la force ou par la peur, de travailler», a tonné l’avocate de la DJ.  Me Msellati a ajouté, sur Franceinfo, que «la haine n’a pas de couleur politique». Sa cliente avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO 2024 à Paris.

Pour l’avocate de Mme Butch, les faits survenus samedi soir sont «susceptibles de constituer, notamment, les délits de provocation publique à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique, cyberharcèlement aggravé, diffamation et injure publiques aggravées». Ces chefs ne s’appliqueront pas à tous les acteurs visés, a-t-elle précisé.

(les/yb)

Agence France-Presse

L’Agence France‑Presse (AFP) est une agence mondiale d’information. C'est l'une des sources d’information internationale que 20 minutes utilise.