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Les États-Unis ne savent toujours pas ce qui cause cette maladie intestinale qui s’étend

International 13/07/2026 13:20 Actualisé le 13/07/2026 14:18

La maladie gastro-intestinale, causée par un parasite, a été détectée dans 31 États américains, sans que les autorités sanitaires n’en trouvent pour l’heure l’origine.

Vendredi 10 juillet, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont indiqué que 843 personnes réparties dans 31 États avaient contracté la cyclosporose.

Kinga Krzeminska / Getty Images

Vendredi 10 juillet, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont indiqué que 843 personnes réparties dans 31 États avaient contracté la cyclosporose.

EN BREF
31 États américains sont touchés par la cyclosporose, avec 843 cas recensés et 86 hospitalisations, sans origine identifiée.
La maladie, causée par le parasite Cyclospora cayetanensis, se transmet par les fruits, les légumes ou l’eau contaminés.
Les autorités recommandent des mesures d’hygiène strictes pour limiter les risques.

L’IA au HuffPost.

Depuis plusieurs semaines, les États-Unis sont en proie à une épidémie de cyclosporose, une maladie gastro-intestinale provoquant des diarrhées « explosives », de la fièvre, des nausées et une extrême fatigue.

Vendredi 10 juillet, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont indiqué que 843 personnes réparties dans 31 États avaient contracté la cyclosporose et que 86 personnes avaient été hospitalisées.

Mais le nombre réel de cas est probablement plus élevé, a indiqué en fin de semaine l’agence sanitaire, qui s’efforce de confirmer les cas signalés au niveau local. Pour l’heure, le Michigan, État situé au nord-est du pays, est le plus touché, avec 1 562 cas et 44 hospitalisations. 500 cas ont été confirmés dans l’État de New York, dont 372 dans la ville du même nom, tandis que l’Ohio, l’Illinois, l’Indiana et le Kentucky ont également signalé des nombres de cas supérieurs à la normale.

Une contamination via les fruits et légumes

Si les autorités sanitaires sont sur le qui-vive, c’est parce qu’elles ignorent pour le moment la source exacte de l’épidémie de cyclosporose. Cette maladie gastro-intestinale est causée par un parasite, la Cyclospora cayetanensis. Ce dernier prolifère en été, sur certains fruits et légumes ou certains aromates frais, lorsqu’ils ont été mal lavés. L’eau contaminée aux matières fécales humaines contenant des oocystes (les œufs du parasite) est aussi source de contamination.

« Ce n’est pas une maladie qui se transmet d’une personne à l’autre. La transmission se fait par voie oro-fécale », explique à la version américaine du HuffPost le Dr Jennifer Horney, professeure et directrice fondatrice du département d’épidémiologie de l’Université du Delaware.

Si aux États-Unis, environ 1 000 à 2 000 cas de cyclosporose sont rapportés chaque année aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, la recrudescence de la maladie est « assurément anormale » et alarmante, a déclaré auprès du New York Times le Dr Thomas Moore, spécialiste des maladies infectieuses et professeur de médecine clinique à la faculté de médecine de l’université du Kansas.

D’autant que les CDC ont indiqué que les foyers épidémiques n’étaient pas liés à une source commune. Aucun malade n’a par ailleurs déclaré de voyage au cours des deux dernières semaines précédant les symptômes.

L’identification de la source de l’épidémie est aussi rendue difficile par le fait que les symptômes de la cyclosporose se déclarent entre deux jours et deux semaines après ingestion du parasite. « L’eau ou les aliments contaminés auront été consommés bien avant que quelqu’un tombe malade », fait remarquer au New York Times Keith R. Schneider, professeur de sécurité alimentaire à l’Université de Floride.

Comment éviter la cyclosporose ?

Les précédentes épidémies de cyclosporose aux États-Unis ont principalement été liées à la consommation de framboise, de basilic, de coriandre, de pois mange-tout, de pois gourmands, de laitues et de salades composées. Ces ingrédients avaient fait l’objet d’une préparation à la maison ou au restaurant, indique Donald Schaffner, directeur du département des sciences alimentaires de l’université Rutgers au New York Times.

Pour éviter toute contamination, il est important de bien observer les mesures d’hygiène : se laver à l’eau et au savon après être allé aux toilettes et avant de cuisiner. Attention, les solutions hydroalcooliques ne tuent pas la Cyclospora, prévient le Dr Moore.

Il est aussi important de rincer à l’eau claire les fruits et les légumes, et de les frotter avec une brosse à légumes s’ils présentent des traces de terre. Le parasite apprécie particulièrement la surface granuleuse des framboises qui, de surcroît, supportent mal d’être lavées à l’eau. Pour diminuer le risque, il est possible de les consommer cuites (en tarte, en confiture) ou de les congeler.

Enfin, les salades en sachet peuvent aussi être contaminées. Les experts préconisent plutôt de consommer des salades entières, dont il faut jeter les feuilles extérieures, plus exposées, avant de laver les feuilles intérieures à l’eau courante.

« Rincer les fruits et légumes à l’eau est toujours une bonne pratique, assure le Dr Moore. Même après rinçage, il est possible que quelques cyclospores persistent sur les produits contaminés, mais cela réduira leur nombre et, par conséquent, le risque de tomber malade ou d’en atténuer la gravité. »

La bonne nouvelle, ajoute-t-il, est que les infections à la Cyclospora entraînent rarement des complications graves et ne sont généralement pas mortelles. « C’est un bon rappel de l’importance de prendre la sécurité alimentaire au sérieux », conclut-il.