La Croix-Bleue "vide ses refuges de Floriffoux, Forest et Wommelgem, cherche des solutions pour replacer ses 116 chiens/chats et payer les salaires"
"Si nous nous retrouvons dans une situation telle que nous ne pouvons pas payer nos employés, nos soigneurs, le mois prochain et qu'il n'y a plus assez de main-d'œuvre pour s'occuper des animaux, nous risquons une saisie pour maltraitance." Une situation qu'Hélène Baltus, chargée de communication pour la société royale La Croix-Bleue de Belgique et les administrateurs de celle-ci veulent absolument éviter.
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À tout prix, la porte-parole indique que l'ASBL veut trouver des solutions pour transférer les animaux encore présents dans ses murs et ses cages dans de bonnes conditions. "Pour les chats, c'est moins compliqué mais pour les chiens plus difficiles (NDLR. provenant souvent de saisies), nous contactons tous les refuges de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles, qui sont déjà surchargés. Peut-être quelqu'un parmi vos lecteurs aura-t-il aussi une idée ? Il n'est en tout cas pas question d'euthanasie. Nous avons trouvé un endroit pour nos chevaux, cochons, chèvres."
Mais comment la Croix-Bleue belge a-t-elle pu en arriver à hurler à la mort ? Le 8 septembre dernier, l'institution annonçait l'arrêt de ses activités sur le site de Floriffoux, après 46 ans de présente. Le 5 octobre, l'ancien charbonnage était effectivement mis en vente, pour 3,4 millions d'euros, alors que les derniers chiens partaient par vagues vers les installations du refuge de Forest.


Les banques ne suivent plus
Du côté de la Croix-Bleue, on nous assurait que ce siège et l'antenne flamande de Wommelgem n'étaient absolument pas menacés. Jusqu'à 22h, ce lundi 20 octobre, quand la Croix-Bleue a annoncé sur les réseaux, sa restructuration. Les bâtiments de Forest, estimés à un million d'euros, seront proposés à l'achat dans les 30 jours.
Hélène Baltus, confessant que des décisions auraient dû être prises bien plus tôt, explique comment le vent a tourné : "Nous avons un souci de liquidité. Il y a trois semaines, nous avions un grand espoir que les banques puissent nous prêter l'argent nécessaire à attendre que la vente de Floriffoux soit actée. Mais nous nous sommes heurtés à plusieurs refus, alors que la Croix-Bleue n'a pas de crédit en cours et possède une situation comptable saine. Mais une ASBL n'est pas rentable, un refuge encore moins, la Croix-Bleue n'est pas du tout destinée à faire du bénéfice, ce qui rend les banques frileuses, même en mettant Floriffoux et Forest en garantie."

Des licenciements seront opérés parmi les 25 salariés
Reste la question de la générosité citoyenne. Ces dernières années, het Blauwe Kruis a pu compter sur un nombre de donateurs stables mais a enregistré une forte diminution du montant moyen des dons, "répartis entre un plus grand nombre d'ASBL." Et si, fin 2025, la Croix-Bleue avait encore plus de 4 millions € d'actifs, ce ne sont pas des liquidités mais les "briques" de ses trois refuges dont elle est propriétaire jusqu'ici. "Nous espérons préserver et réinvestir Wommelgem".
La Croix-Bleue compte, en tout, 25 salariés : dix-huit ouvriers/soigneurs ainsi que six employés administratifs et le directeur. À Floriffoux, trois ouvriers et la responsable du centre ont récemment été licenciés. "D'autres licenciements seront opérés, c'est une certitude."
Le site de Floriffoux avait pourtant été rénové et métamorphosé
Dans le Namurois, l'implantation de la Croix-Bleue sur le site de l'ancien charbonnage de Floriffoux a contribué à la notoriété du village. Beaucoup ont été choqués par l'annonce de cette fermeture, en septembre, d'autant que d'importants travaux de rénovation y avaient été consentis : restaurant stoppé net par le COVID, salles de réunion et de fête dont les locations sont, dit-on, prohibitives et donc rarement utilisées. Un musée, aussi, qui n'aura jamais vu le jour. Mais autant de bâtiments qu'il a fallu entretenir, chauffer. "Avec des dons ?", se scandalisent même certains observateurs.

À la tête de la Croix-Bleue, on défend ces investissements. "Notre slogan, c'est le bien-être animal et la protection de la nature. Une ASBL a un objet social à remplir. Outre les refuges, nous avons dans nos prérogatives l'information du public, la promotion du bien-être animal et la défense de la protection de la nature. Floriffoux visait non seulement l'accueil d'animaux mais à amener d'autres intervenants du milieu."
Puis, Floriffoux ne s'autofinançait pas. "À Floriffoux, tout a été financé par la Croix-Bleue Bruxelles. 70 % des dons et legs viennent de la région bruxelloise, pas de donateurs floreffois ou wallons. Ce fut vraiment un effort de la Croix-Belgique pour promouvoir ce site qui s'y prêtait. Nous ne pouvions pas aller plus loin sans mettre en péril l'équilibre économique de la Croix-Bleue tout entière pour un seul site.", nous disait-on il y a trois semaines, sans imaginer encore la catastrophe qui couvait.

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