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A mort l'arbitre !

Il fait partie des français déçus de la défaite des Bleus... Lloyd Chéry, rédacteur en chef adjoint de Métal Hurlant, nous recommande un film ce dimanche : "À Mort l’Arbitre" de Jean-Pierre Mocky.

Vous êtes vraiment très très déçu mais où est donc passé votre esprit Coubertin ?

Il a bel et bien disparu ! Déjà, bonjour à vous ! Ce matin, je viens parler d’À Mort L’Arbitre, film culte de Jean-Pierre Mocky. La coupe du monde et ses nombreux problèmes d’arbitrages m’ont fait penser à ce polar, réalisé en 1984. Dans ce long-métrage, un groupe de supporteur, terriblement frustré d’avoir perdu, décide de punir l’arbitre du match. Une chasse à l’homme se déroule toute la nuit pour traquer l’homme en noir incarné par Eddy Mitchell. Cette adaptation du roman The Death Penalty d’Alfred Draper, publié dans la mythique collection de la Série Noire, est absolument glaçante. Cette œuvre, qui jongle entre l’horreur et la satire, est le premier film a dénoncer avant tout le monde le hooliganisme. Jean-Pierre Mocky, qui joue lui-même un flic désabusé, dénonce au vitriol ceux qui utilise le sport comme un prétexte pour assouvir leurs bas instincts.

Alors l’ensemble du casting est formidable mais le film est porté par l’immense Michel Serrault. L’acteur de La Cage aux Folles joue Rico, une véritable ordure. Cet être abject, misogynes et pervers entraine ses petits camarades dans cette épopée sauvage. Les tifosis sombrent progressivement dans une folie meurtrière tel des zombies assoiffés de sang. À Mort l’Arbitre dénonce les phénomènes de foule et s’attache à montrer comment des gens lambdas peuvent basculer dans l’ultra-violence.

Vous nous stressez dès le matin avec À Mort L’arbitre. C’est comme ça pendant tout le film ?

Cela empire et notre pauvre arbitre n’est pas au bout de ses peines. Le final est à la hauteur de cette série B Française de grande qualité. Tourné à Rouen et à Noisy Le Grand, dans les espaces d’Abraxas, À Mort l’Arbitre a un imaginaire urbain cloisonné qui renforce l’angoisse. Ce long-métrage fut un échec au box-office mais s’est imposé comme incontournable quand on aime le football. Un an après sa sortie aura lieu la catastrophe d’Hillsborough qui rendra ce film visionnaire. La bande son d’Alain Chamfort fait même écho à Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Le compositeur a d’ailleurs produit "Backdoor Man", une chanson de Viktor Lazlo sorte de ballade romantique à contre-courant du film. On termine avec un peu de douceur sur France Inter.

Lloyd Chéry, pour ce soir, plutôt argentine ou espagne ???

Aaaah me demander de choisir entre la peste et le choléra je vous reconnais bien là. Je n’ai pas oublié les chants racistes de certains joueurs et supporteurs Argentins en 2022. Ce sera donc ... L’Espagne pour moi.