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« L’une des plus intenses de l’histoire » : le Canada en proie à une saison d’incendies exceptionnelle, trois millions d’hectares déjà partis en fumée !

Avec près de 1.000 incendies actifs et trois millions d’hectares brûlés, soit l’équivalent de la superficie de la Belgique, le Canada est confronté à une nouvelle saison de feux de forêt, décrite comme « l’une des plus intenses de l’histoire » par le Premier ministre Mark Carney.

A pas même la moitié de l’été, c’est déjà la quasi-totalité des provinces et territoires canadiens qui est touchée par ces feux dont les plus importants, situés en Ontario, ont imposé l’évacuation d’une dizaine de localités et répandu un épais nuage de fumée jusqu’à la côte est américaine.

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via REUTERS
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D’importants moyens mobilisés

Si les précipitations des derniers jours ont permis de réduire légèrement la cadence de propagation des incendies, plus de 200 feux restaient lundi hors de contrôle à travers le pays.

Plus de 5.000 pompiers et 300 camions-citernes sont mobilisés, ainsi que l’armée canadienne.

Samedi, les Etats-Unis et la France ont également envoyé des « ressources » afin de « faire face à la charge de travail importante » dans le nord-ouest de la province, selon les autorités locales.

En dépit de ces importants moyens, il est « irréaliste de penser que l’on aurait assez de pompiers pour éteindre tous ces feux », dont la plupart, situés dans des zones reculées, sont inaccessibles par la route, a déclaré à l’AFP Yves Bergeron, professeur au Centre d’étude de la forêt de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

« L’important » est de « protéger les villages, les infrastructures », précise le professeur, qui craint de nouvelles évacuations de zones habitées.

Une forêt sensible aux incendies

La forêt boréale canadienne, qui avec ses 270 millions d’hectares compose 28 % de la zone boréale mondiale, est naturellement touchée par des feux de foudre qui se répandent rapidement par les cimes, rendant leur contrôle peu aisé.

« Contrairement aux forêts californiennes, où l’on peut intervenir de façon préventive en faisant de l’éclaircie (opération d’entretien et de nettoyage des arbres, ndlr), on ne peut agir sur les forêts boréales, très fermées », affirme Yves Bergeron.

Ces arbres, qui ont « besoin de perturbation naturelle comme les incendies », selon le ministère de l’Environnement canadien sur son site, souffrent néanmoins des feux très intenses à répétition, qui les empêchent de se régénérer. Chaque année, entre 0,5 % et 1 % de la forêt canadienne brûle, précise à l’AFP Yves Bergeron.

Et les vagues de chaleur, les faibles précipitations et les sécheresses contribuent à l’intensification de ces violentes saisons des incendies.

« Il y a une vraie inquiétude que la forêt devienne moins résiliente avec les changements climatiques », souligne-t-il.

Quelles perspectives pour la suite de l’été ?

Si la puissance des incendies n’atteint pas celle de la dévastatrice saison 2023, durant laquelle 18 millions d’hectares étaient partis en fumée, la saison actuelle pourrait néanmoins battre de nouveaux records, notamment à cause des faibles précipitations prévues dans le nord et l’ouest du pays.

En outre, la présence de feux plus au sud, à proximité de localités, pourrait imposer aux autorités d’ordonner de nouvelles évacuations, comme ce lundi en Ontario.

« A l’avenir, il faudra agir sur la prévention, en évitant par exemple que les villages soient entourés de forêts » déclare Yves Bergeron, en préconisant une adaptation humaine à ces incendies qui risquent de s’intensifier d’année en année.