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L’UE veut durcir la pression sur les réseaux sociaux face à la radicalisation des jeunes - ZDNET

Face à l’implication croissante de mineurs dans des actes violents, l’Union européenne envisage de renforcer son action auprès des plateformes numériques. Bruxelles privilégie pour l’instant le dialogue avec le secteur, tout en laissant ouverte la voie législative.

La radicalisation des jeunes sur Internet inquiète de plus en plus les autorités européennes.

Alors que les modes opératoires des groupes extrémistes évoluent et que des adolescents peuvent désormais être recrutés ou influencés directement en ligne, l’Union européenne estime que les réseaux sociaux doivent intensifier leurs efforts pour limiter la diffusion de contenus susceptibles de favoriser le passage à l’acte.

Le coordinateur antiterroriste de l’UE, Bartjan Wechter, a ainsi appelé à exercer une pression accrue sur les plateformes, estimant que l’environnement numérique constitue désormais un terrain particulièrement favorable à la propagation de différentes menaces.

  • Pourquoi nous publions tous un peu moins sur les réseaux sociaux ces derniers temps

Une menace terroriste de plus en plus diffuse

Selon Bartjan Wechter, la menace terroriste a profondément changé au cours des dernières années. Aux réseaux organisés opérant depuis l’étranger, notamment ceux associés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, tendent à se substituer des formes de violence plus dispersées et plus difficiles à anticiper.

Cette évolution s’accompagne d’une implication croissante de mineurs et de jeunes adolescents dans des actes violents. Certains peuvent être exposés à des contenus extrémistes, entrer en contact avec des recruteurs ou s’auto-radicaliser sans appartenir formellement à une organisation.

Le responsable européen décrit ainsi une forme de « terrorisme d’auto-assistance », dans laquelle des individus passent progressivement de la consommation de contenus en ligne à l’action, parfois sans encadrement direct d’un groupe terroriste.

Le cadre européen jugé encore insuffisant

Les principales plateformes sociales sont déjà soumises à des obligations strictes dans l’Union européenne, notamment depuis l’entrée en vigueur du règlement sur les services numériques. Elles doivent notamment lutter contre les contenus illégaux et prendre des mesures contre certains mécanismes de conception susceptibles de favoriser des comportements addictifs.

Le cadre européen prévoit également le retrait des contenus terroristes signalés comme tels. Mais une difficulté demeure : certains contenus se situent dans une zone grise, entre discours haineux, glorification de la violence, propagande et véritable contenu terroriste.

C’est précisément sur cette frontière que l’action des plateformes pourrait montrer ses limites. Pour Bartjan Wechter, les dispositifs actuels « ne répondent pas à tous les besoins existants ». Il estime donc que les entreprises du secteur disposent encore de leviers importants pour prévenir la radicalisation.

Certaines ont déjà lancé leurs propres initiatives. Meta, par exemple, propose des ressources pédagogiques à des utilisateurs ayant consulté ou suivi des comptes liés au terrorisme, après leur suppression.

Bruxelles privilégie le dialogue, sans écarter une nouvelle loi

Face à ces limites, l’UE souhaite dans un premier temps renforcer le dialogue avec les entreprises technologiques. Mais cette approche pourrait être accompagnée d’une pression réglementaire plus forte si les engagements volontaires ne produisent pas suffisamment de résultats.

« Il est possible d’agir sur le plan législatif. Je n’exclus pas cette possibilité », a déclaré Bartjan Wechter, tout en estimant que le renforcement du dialogue avec l’ensemble du secteur devait rester privilégié.

L’approche européenne pourrait ainsi s’inspirer, au moins sur certains aspects, des procédures engagées aux États-Unis contre les grandes plateformes pour la diffusion de contenus préjudiciables ou pour des mécanismes de conception jugés addictifs.

Pour le coordinateur antiterroriste de l’UE, l’objectif n’est pas nécessairement de reproduire les procédures américaines en Europe, mais plutôt de trouver un équilibre entre coopération et contrainte. « Combiner pression et dialogue » pourrait ainsi constituer, selon lui, la stratégie la plus efficace pour pousser les plateformes à agir davantage face à la radicalisation des mineurs.