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L'oeil de la rédaction. L'édito. Primaire de la gauche : François Hollande, une espèce en voie de réapparition

Tapi dans l’ombre, François Hollande observe ses rivaux s’agiter. Raphaël Glucksmann a, certes, largement gagné la primaire de la gauche, mais son horizon reste encombré. Patient, rusé et increvable, Hollande attend toujours qu’un vide se crée pour ressortir du bois. L'analyse de Sébastien Daucourt, notre éditoraliste.

Sébastien Daucourt -

Hier à 20:30

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François Hollande attend son heure. Photo Alexandre Marchi

François Hollande attend son heure. Photo Alexandre Marchi

Tapi dans la pénombre, il observe d’un regard carnassier ses proies s’entre-déchirer. Attendant le moment opportun où il pourra jaillir, et démontrer fièrement au milieu des carcasses que son ramage et son plumage peuvent toujours faire de lui le phénix des hôtes de ces bois.

Le franciscus hollandis , cette espèce réputée pour son apparition intermittente dans les prairies socialistes et sa capacité à résister aux longs hivers électoraux, est un véritable animal politique. Une bête à sang froid, patiente et rusée. Capable de rester figée des mois durant sous les pluies diluviennes qu’elle apprécie tant, regardant tranquillement l’horizon se dégager.

Pas sûr que les résultats de la primaire de la gauche, dévoilés ce dimanche soir, soient une mauvaise nouvelle pour le franciscus hollandis. Certes, le raphaelus glucksmannicus l’a emporté dès le premier tour avec une confortable avance. Mais peut-on véritablement parler d’un souffle ou d’un élan avec ce corps électoral réduit à 120 000 votants ?

Déficit de charisme

Notre expérimenté prédateur le sait : la légitimité ne se décrète pas. Elle s’acquiert. Tout comme il est conscient que le déficit de charisme de sa proie pourrait, ces prochaines semaines, lui laisser l’occasion de sortir du bois pour combler le vide.

Et si ce n’est pas le cas ? Si le raphaelus glucksmannicus parvient à effectuer sa mue pour se montrer au niveau des plus gros viandards de la forêt ? Eh bien, le franciscus hollandis changera de stratégie. Misera par exemple sur un déplacement à droite de l’ edouardus normandicus, mâle dominant venu de l’Ouest, qui laisserait au centre de la clairière une place pas bien grande, mais suffisante. Oui, le franciscus hollandis a plus d’un tour dans sa tanière. La rumeur assure même qu’il aurait appris une nouvelle ruse : faire croire à tout le monde qu’il est possible pour un éléphant de se glisser dans un trou de souris.

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