L'oeil de la rédaction. L'édito : des départs de feu pourtant prévisibles
Dans son Edito du jour, Alexandre Poplavsky, notre rédacteur en chef-adjoint, pointe du doigt les maires qui ont maintenu, malgré les risques, des feux d’artifice toujours propices aux départs d’incendie. Il les invite tout bonnement à se tourner désormais vers des solutions plus modernes… Et surtout plus compatibles avec la sécheresse.
Alexandre Poplavsky -
Aujourd’hui à 19:45
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Photo Lionel Vadam
Les images tournent en boucle. Des feux d’artifice, des étincelles et parfois des départs de feu. Ce fut ainsi le cas ce lundi 13 juillet à Thionville, sur les bords de la Moselle, ou encore à Belfort où plusieurs débuts d’incendie ont été recensés autour du Lion de Bartholdi. Dans la préfecture du nord Franche-Comté, les images sont d’autant plus étonnantes que la municipalité venait de prendre un arrêté interdisant, entre autres, la possibilité de faire des barbecues dans les espaces naturels. Alors, certes les pompiers étaient présents et ont réagi rapidement. Certes, il y avait une autorisation préfectorale. Pour autant et sans remettre en question la qualité du spectacle pyrotechnique, ces brasiers, même vite maîtrisés, interpellent. Tout comme le choix par exemple d’avoir maintenu le feu d’artifice à Paris alors qu’à 80 km, la forêt de Fontainebleau était en proie aux flammes.
Place aux drones
Dans de nombreux départements, les préfets ont pris des arrêtés pour encadrer, voire interdire, tout feu d’artifice. Les rares autorisés devaient être tirés à distance des massifs forestiers et si possible pas très loin d’une rivière ou d’un fleuve. Toujours est-il que ceux qui sont passés entre les gouttes laissent un sentiment d’inconscience face à la sécheresse exceptionnelle de cette année, dont la férocité est jugée supérieure à celle historique de 1976 par les experts.
On mesure la perte occasionnée cette année par les sociétés spécialisées dans ces spectacles et qui comptent sur les feux du 14-Juillet pour faire vivre leurs entreprises, certaines réalisant jusqu’à 90 % de leur chiffre d’affaires à cette période. Cependant, il existe maintenant des alternatives plus sûres pour que la magie pyrotechnique subsiste. De nombreuses communes font désormais le pari d’un spectacle à partir de drones qui se révèlent beaucoup plus compatibles avec les fortes chaleurs et la sécheresse mais aussi moins onéreux.