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L'oeil de la rédaction. L’édito. Au cœur des flammes, les héros, les inconscients et les profiteurs

D’un côté une solidarité qui s’organise spontanément pour aider et épauler les pompiers et les victimes des incendies de Gironde. De l’autre, des pillards sans vergogne qui en profitent pour cambrioler les maisons évacuées à la hâte. C’est ce contraste que met en lumière Michel Klekowicki, notre éditorialiste du jour.

Michel Klekowicki -

Aujourd’hui à 19:30

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Photo SIPA

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Un monstre de feu. Face à lui, des milliers de sapeurs-pompiers épaulés par les agriculteurs du coin et des particuliers solidaires. Les autres habitants sont partis, obligés de laisser leur maison, leur voiture, une vie entière. Croisant les doigts pour que les flammes ne réduisent pas le paysage en cendres. La solidarité s’organise : des hébergements de fortune, des repas livrés en première ligne ou aux réfugiés de l’arrière. La fraternité partout. Ou presque. Dans le même temps que certains luttent contre l’incendie, d’autres tentent d’en profiter. À l’image des naufrageurs d’autrefois, ils abusent du malheur d’autrui pour essayer de remplir leurs poches.
Héros et pillards : dans toutes les catastrophes, les deux visages de l’humanité se côtoient. Alors que tous les efforts sont tournés vers le sauvetage des forêts et la mise en sécurité des personnes, gendarmes et policiers doivent patrouiller pour éviter que la cupidité de quelques-uns n’ajoute encore à la détresse ambiante. Autant de forces gaspillées, autant de ressources dépensées, aussi, pour rappeler à l’ordre les étourdis qui grillent une cigarette dans ces forêts archi-sèches ou les amateurs de barbecue inconscients du danger. Triste réalité d’une inconséquence qui coûte des hectares boisés et menace des vies.

L’heure sera au courage

Neuf foyers d’incendie sur dix seraient d’origine humaine : tous ne sont pas le fait de maladroits. Certains prennent un plaisir criminel à regarder danser les flammes, à jouer avec le feu. Héros, pillards et criminels : quand les braises seront refroidies, il faudra honorer les premiers et punir sévèrement les autres. Mais, pour l’heure, l’urgence est de tenir la ligne. Contenir la furie dévorante avant que la canicule qui vient ne lui donne un nouveau souffle. Aujourd’hui, demain et les prochains jours, l’heure sera au courage. La colère attendra.