L'oeil de la rédaction. Edito. Trump fait main basse sur les réserves d’or noir du Venezuela
Michel Klekowicki a découvert un nouvel animal : le Trumposaurus Dollaris Americanum. Un dinosaure effrayant, assoiffé de dollars et de pétrole, qui vient de mettre la main sur les réserves pétrolières du Venezuela. De là à imaginer que le président américain ne s’arrête pas en si « bon chemin » et continue de piétiner la diplomatie mondiale, il y a un pas que notre éditorialiste du jour n’hésite pas à franchir.
Michel Klekowicki -
Aujourd’hui à 20:04 | mis à jour aujourd’hui à 20:17
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Photo/Alex Brandon)/SIPA
C’est le plus grand prédateur de notre époque. Avide, toujours affamé et sans aucune pitié. Son nom scientifique est Trumposaurus Dollaris Americanum et il vient de faire main basse sur les réserves pétrolières du Venezuela. Il a ainsi pu étancher sa soif de pétrole, de dollars et de toute-puissance entre un message en majuscules sur son réseau social et l’annexion fantasmée du lac Ontario. Depuis l’enlèvement du président Maduro par les forces américaines, le pays « conquis » a été placé sous la tutelle de l’Oncle Sam. Sa remplaçante provisoire au pouvoir à Caracas, Delcy Rodríguez, semble avoir autant de marge de manœuvre qu’un condamné avec la corde au cou. Bien pratique pour Washington : tant qu’elle peut bouger la tête de haut en bas pour dire oui, tout se passe bien. Qu’elle s’avise de renâcler pour telle ou telle raison et son intérim se terminera immédiatement. Cagoule et menottes en option.
Du souci pour Cuba
Ainsi va le monde : Donald Trump veut, Donald Trump prend. Sans égard pour les nations, pour les peuples et autres vétilles - environnement, droit international, géographie. Économiquement, c’est une bonne affaire. Politiquement, c’est une victoire : Donald J. Trump peut rassurer ses électeurs. Le sang noir qui coule dans les moteurs V6 restera abondant et probablement peu cher. Un bon point à quelques semaines des élections de mi-mandat. Pourtant, même s’il trône tout en haut de la chaîne alimentaire, le Trumposaurus tombe parfois sur un os. Pas moyen de croquer le Groenland ni de soumettre les Iraniens, en effet. Quant au Canada, le président américain vient de découvrir qu’Ottawa a une bonne droite. Est-ce décourageant pour l’autoproclamé mâle alpha de la planète ? Non : en pragmatique qu’il est, il choisira des proies plus faibles la prochaine fois. Cuba a vraiment du souci à se faire : ça manque de pétrole, mais il y a sans doute moyen d’y installer des golfs, des hôtels et des casinos.