L'oeil de la rédaction. Edito. Moyens humains et en matériel insuffisants : une grève des pompiers pour sonner l’alarme
Les syndicats de pompiers professionnels appellent à une journée de grève nationale, ce jeudi, pour dénoncer le manque d’effectifs et de moyens. Une contestation soutenue par la population note Michel Klekowicki, notre éditorialiste du jour.
Michel Klekowicki -
Aujourd’hui à 19:31
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Durant cet été éprouvant, peu de bonnes nouvelles viennent éclairer un ciel obscurci par les fumées des incendies. En Gironde, dans le Var et partout en France, les flammes consument notre trésor commun : les forêts. Qu’ils soient criminels ou accidentels, ils sont le symptôme du changement climatique, mais aussi le révélateur de nos négligences. La gestion défaillante des forêts, l’absence d’entretien des friches, l’urbanisation anarchique et les comportements inciviques sont autant de combustibles pour ces sinistres. Face à ce danger, les sapeurs-pompiers sont le premier rempart. Avec courage et technicité, ils mettent tout en œuvre pour remporter des batailles souvent inégales face à des mégafeux incontrôlables. Pourtant, leurs moyens sont limités, notamment leur force de frappe aérienne, qui souffre depuis des années d’un sous-investissement chronique.
Des candidatures au plus haut
Une situation qui ne peut plus durer. D’ailleurs, ce sera l’épicentre d’une journée nationale de grève prévue jeudi 13 août dans tout le pays. Les neuf organisations syndicales des sapeurs-pompiers professionnels feront front commun, ce jour-là, pour réclamer des moyens humains et matériels à la hauteur de la menace. Bien entendu, ils ne poseront pas les lances. À l’image des médecins qui continuent de soigner durant les conflits sociaux, ils se tiendront prêts en cas d’intervention. Car leur unique objectif est de demander aux gouvernants de respecter, enfin, leurs promesses de renouvellement des équipements et de renforcement des effectifs. Dans leur combat, les pompiers ont un soutien de poids : la population, qui constate, été après été, l’importance de leur mission. D’ailleurs, et c’est la seule embellie dans un horizon bouché, il semble que les candidatures pour rejoindre les rangs des volontaires soient au plus haut. Un signe patent du décalage entre la rapidité de la prise de conscience collective et l’amnésie sélective des décideurs.