taraskuzio.com

L'oeil de la rédaction. Edito. Dérèglement climatique et incendies : l’éco-anxiété gagne du terrain

Une tendance au pessimisme. Les Français auraient le moral dans les chaussettes. Difficultés économiques, guerres en tous genres, l'inquiétude serait d'autant plus de mise cet été avec les conséquences drastiques des canicules à répétition. Au point que d'aucuns se diraient « éco-anxieux ». C'est grâve docteur ?

Michel Klekowicki -

Aujourd’hui à 19:17 | mis à jour aujourd’hui à 19:43

  • Temps de lecture :

Les incendies, la canicule, autant de sujets d'inquiétudes chez les Français. Photo Franck Hackmoun.

Les incendies, la canicule, autant de sujets d'inquiétudes chez les Français. Photo Franck Hackmoun.

La peur fait partie de nous. Qu’on la conjure par des offrandes ou des processions, le mécanisme reste le même : éloigner d’éventuelles calamités. Mais, à la différence des peurs ancestrales, la version contemporaine s’accompagne d’une angoisse liée à un phénomène en cours : la dégradation de notre milieu naturel à force de le polluer. Une chose était de psalmodier pour éviter une famine l’année suivante. Constater les causes d’une catastrophe qui s’annonce, tout en ayant le sentiment de ne rien pouvoir faire, en est une autre. Peu importe, finalement, le nom qu’on donne à ce phénomène. Celui en vogue aujourd’hui est le néologisme « éco-anxiété ». Un terme pour désigner cette inquiétude extrême qui touche les humains de 2026, et particulièrement les plus jeunes. Bien sûr, il se trouvera toujours des sceptiques pour considérer tout cela comme de la foutaise. Les réseaux sociaux regorgent d’arguments contraires, citant l’été 1976 ou d’autres épisodes climatiques exceptionnels pour relativiser la pente vertigineuse sur laquelle nous glissons en sifflotant.

Les seules cartes à jouer

Face à ceux qui refusent de voir, il y a ceux que l’angoisse climatique submerge. Selon eux, la bataille est perdue d’avance. Ils s’enfoncent dans un pessimisme paralysant. Prisonniers d’une bulle d’anxiété, ils voient chaque indice comme une raison supplémentaire de paniquer, jusqu’à ce qu’une prise en charge psychiatrique devienne parfois nécessaire. Autant dire que ces symptômes ne doivent pas être négligés et encore moins tournés en dérision. Et puis il y a la majorité. Celle qui voit bien qu’un truc vraiment pas normal est à l’œuvre. Que le climat se dérègle et que les zones tempérées des livres de géographie ont de moins en moins à voir avec la réalité. Les offrandes et les processions n’y changeront rien. La mobilisation et le vote, même s’ils ont échoué jusqu’à présent, restent les seules cartes à jouer. Les derniers atouts de ceux qui pensent, malgré tout, que le pire n’est jamais sûr.