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L’indépendance des juges est menacée, selon la cour du travail de Bruxelles

Des juges au palais de justice de Bruxelles, le 4 juin 2010. © BELGA

La menace pesant sur l'indépendance des juges existe également en Belgique, a déclaré mercredi la première présidente de la Cour du travail de Bruxelles lors de son allocution de rentrée judiciaire.

Kevin Dupont

Source: Belga

2 septembre 2026, 13:21

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D’après la première présidente de la Cour du travail de Bruxelles, Gaby Van den Bossche, l’indépendance des juges est menacée et elle en veut pour preuve quatre exemples récents, survenus en Belgique.

Ingérences, populisme, etc.

Premièrement, un juge d’instruction a été contraint d’être placé dans une maison sécurisée en raison d’une enquête pénale, a-t-elle rappelé.

Ensuite, l’ambassadeur américain a estimé devoir s’immiscer dans des affaires pénales anversoises, a-t-elle ajouté, en référence aux réactions de Bill White en mai après que le parquet d’Anvers a demandé le renvoi de deux hommes juifs devant le tribunal correctionnel dans l’affaire dites des circoncisions illégales.

La première présidente de la Cour du travail de Bruxelles a également relevé, mercredi, que certains responsables politiques ont tenu des propos “populistes et incendiaires” à l’égard des magistrats à la suite d’un jugement du tribunal correctionnel de Namur ayant condamné une personne qui s’était fait justice elle-même laissant son voisin entre la vie et la mort sans la moindre forme de procès.

Enfin, Gaby Van den Bossche s’est arrêtée sur le non-respect par l’État belge de décisions de justice et sur les condamnations ultérieures de la Belgique par des juridictions internationales, qui “ne font même plus réagir”. “Nos décideurs politiques ne semblent plus éprouver la moindre gêne face à des condamnations pour violation des droits de l’homme. Cela paraît même devenir un atout”, a-t-elle constaté dans son allocution de rentrée.

Une belle façade mais des conditions de travail dégradées

Mis sous pression, le pouvoir judiciaire subit également un sous-financement général, a souligné la première présidente de la cour du travail de Bruxelles, attirant l’attention sur le secteur de l’aide à la jeunesse, sur le milieu carcéral et sur le manque structurel de places d’accueil pour les personnes en demande d’asile.

“Une belle façade restaurée pour le Palais de justice de Bruxelles constitue certes un symbole appréciable, mais elle ne suffira pas à redresser la situation de la Justice, ni à garantir aux citoyens le service auquel ils ont droit: une justice de qualité rendue dans des délais raisonnables”, a-t-elle déclaré pour ouvrir l’année judiciaire.

Le dôme du Palais de justice de Bruxelles. © Nicolas Maeterlinck

Les femmes toujours minoritaires

Gaby Van den Bossche est arrivée au terme de son mandat comme présidente de la cour d’appel de Bruxelles. Elle a rappelé mercredi que le Conseil supérieur de la Justice n’avait pas encore présenté de candidat pour la remplacer.

Entrée dans le monde judiciaire comme stagiaire en 1993, elle a rappelé mercredi qu’à cette époque, “les femmes ne constituaient encore qu’une petite minorité au sein de la Justice” et que “dans certains milieux, leur arrivée était accueillie avec beaucoup de réticence”.

Le nombre de femmes entrant dans la magistrature est aujourd’hui supérieur à celui des hommes et de nombreuses juridictions sont dirigées par des femmes, a-t-elle ajouté.

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